Tours : le dossier des " Mariages chinois " définitivement clos

Publié le par La Nouvelle République par Vanina Le Gall, Journaliste, rédaction de Loir-et-Cher

En octobre dernier, une décision de non admission a été rendue dans l’affaire dite des « Mariages chinois » par la Cour de cassation.

Lors du procès en première instance, à Tours, en octobre 2015. © (Dessin d’audience, Philippe Delord)

Lors du procès en première instance, à Tours, en octobre 2015. © (Dessin d’audience, Philippe Delord)

Epilogue judiciaire pour une affaire qui, des années durant, aura considérablement ébranlé la vie politique tourangelle. La Cour de cassation, chambre criminelle, a rendu un arrêt de non-admission le 23 octobre dernier. Ce dernier stipule que la cour a constaté « qu’il n’existe, en l’espèce, aucun moyen de nature à permettre l’admission du pourvoi ». Sans davantage de motivations.

Fin du feuilleton donc. Cette décision fait suite à l’audience publique qui s’est tenue le 11 septembre dernier, pendant laquelle les mémoires des avocats de la Cour de cassation intervenant pour Lise Han, François Lagière et Jean-François Lemarchand et la Ville de Tours (*), partie civile, ont été remis. Seul le mari de Lise Han, Vien Loc Huynh ne s’est pas pourvu en cassation.

La Cour de cassation ayant acté qu’il n’y a pas de moyens sérieux pour faire casser l’arrêt rendu par la cour d’appel d’Orléans le 30 janvier 2018. Si cela avait été le cas, seules les questions de droit auraient été étudiées. Pas les faits.

Les faits ? Ils étaient révélés en août 2011 par le Canard enchaîné et dans la NR, évoquant le double rôle joué par Lise Han, chargée des relations avec l’Asie en mairie de Tours et gérante de la société Time Lotus bleu.

Grâce à un courrier anonyme, nous apprenions que cette Taïwanaise à l’influence certaine agissait depuis 2008 en amont et en aval de ces Noces romantiques de Touraine, vitrine d’un certain art de vivre à la française, proposées à des couples venus de Chine.

Il y aura des mises en examen, une instruction de trois années, un renvoi devant le tribunal correctionnel de Tours pour cinq des protagonistes, un premier procès le 7 avril 2015, interrompu par le suicide de Jean Germain, un procès en première instance, un procès en appel… et ces pourvois en cassation.

Lise Han, principale protagoniste, était poursuivie pour prise illégale d’intérêts, escroquerie, détournement de fonds publics et abus de biens sociaux ; François Lagière, ancien directeur de cabinet du maire Jean Germain, pour complicité de prise illégale d’intérêts et complicité d’escroquerie ; Jean-François Lemarchand, ancien directeur de Tours Val de Loire Tourisme pour détournement de fonds publics. Du fait, l’arrêt rendu par la cour d’appel d’Orléans devient définitif.

Que disait-il ? En février 2018, la cour d’appel d’Orléans condamnait Lise Han, alors âgée de 56 ans, à quatre ans de prison dont un avec sursis, 20.000 € et une interdiction définitive de gérer. François Lagière, lui, avait écopé de vingt-quatre mois de prison avec sursis, 10.000 € et une interdiction professionnelle de trois ans et Jean-François Lemarchand, une peine de douze mois avec sursis et 5.000 € d’amende. S’ajoutaient des dispositions civiles.

Quid de la situation de Lise Han ? En septembre 2018, elle était interpellée sur la Côte d’Azur. Et incarcérée car un mandat d’arrêt avait été décerné par la cour d’appel.

La quinquagénaire avait, à plusieurs reprises, mis à mal ses obligations (contrôles judiciaires, bracelet électronique), souvent de manière rocambolesque.

D’après nos informations, elle serait toujours en détention.

(*) Me Cebron de Lisle n’a pas répondu à nos sollicitations. 

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article