3 juillet 1940 : les Britanniques coulent les navires de leurs alliés français à Mers el-Kébir

Publié le par Le Progrès par N.S.

Quelques jours plus tôt, la France signe l'Armistice avec l'Allemagne. Elle s'engage à faire rentrer sa flotte dans l'Hexagone pour la désarmer. En échange, Hitler promet de ne pas l'utiliser dans la guerre contre la Grande-Bretagne. Mais les Britanniques n'ont pas confiance. Ils décident de se débarrasser des navires de son ancien allié, d'une manière ou d'une autre, même si cela doit coûter la vie à près de 1 300 soldats français.

La flotte française à Mers el-Kébir, avant l'attaque. D.R.

La flotte française à Mers el-Kébir, avant l'attaque. D.R.

Le 3 juillet 1940, les Anglais détruisent une partie de la flotte française à Mers el-Kébir.

11 jours plus tôt, la France signe l’armistice avec l’Allemagne. Vaincue, son armée de terre n’existe quasiment plus.

Mais sa flotte, elle, est intacte. C’est l’une des plus puissantes du monde et elle représenterait un danger mortel pour l’Angleterre si Hitler s’en emparait.

Le Führer assure toutefois qu’il en laisserait le commandement aux Français et qu’il ne s’en servirait pas pour attaquer les Britanniques. Les navires doivent juste rentrer dans leurs ports d’attache pour y être désarmés.

Le Premier ministre Churchill ne croit pas un seul mot d’Hitler. Il décide d’empêcher les bâtiments français de regagner la métropole.

Fin juin, il ordonne à l’amiral Sommerville de quitter Gibraltar à la tête d’une flotte baptisée « force H » et de se rendre à Mers el-Kébir, près d’Oran, là où se trouve une partie importante de la marine de guerre française.

Le 1er juillet, Sommerville a pour ordre de proposer plusieurs solutions à l’amiral Gensoul, qui dirige la flotte française.

Cette dernière peut : soit se joindre à la flotte Britannique et combattre l’Allemagne, soit désarmer la flotte dans des ports alliés, soit saborder ses navires.

Dans le cas où l’amiral Gensoul refuserait les trois propositions, les Britanniques attaqueraient les Français.

Gensoul ne peut pas répondre favorablement aux exigences de Churchill. Ce serait rompre l’armistice et trahir le gouvernement français.

Il contacte sa hiérarchie et essaye de gagner du temps. Il reçoit alors un télégramme de ses supérieurs lui indiquant qu’une flotte a été envoyée pour lui porter secours. Mais les Britanniques interceptent le message, ce qui les force à agir.

Le 3 juillet, leur flotte attaque les navires français. Ces derniers mouillent dans le port et ne sont pas en position de répondre par le feu.

En 15 minutes seulement, quatre bâtiments de guerre sont coulés, faisant 1 295 victimes françaises.

Quelques navires arrivent à s’échapper malgré le barrage de mines navales mis en place par les Britanniques.

En France, la nouvelle fait l’effet d’un choc. La propagande allemande et vichyste utilise ce drame pour convaincre les Français de lutter contre la Grande-Bretagne.

Un grand nombre de citoyens britanniques sont eux aussi choqués par cet événement. Ils ne comprennent pas pourquoi leurs soldats ont dû combattre leurs alliés de la veille.

À la Libération, de Gaulle parlera peu de l’attaque de Mers el-Kébir. Il veut ménager les Britanniques, redevenus alliés de la France.

Publié dans Articles de Presse

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