Vidéos. Il y a 60 ans, la disparition de l’acteur Gérard Philipe

Publié le par Sud Ouest par Cathy Lafon

Idole de la génération des années 50, le comédien français Gérard Philipe est mort brutalement le 26 novembre 1959, à 36 ans. En 2019, cet éternel jeune premier est toujours un acteur culte.

L'acteur Gérard Philipe. Photo Studio Harcourt. © Crédit photo : AFP

L'acteur Gérard Philipe. Photo Studio Harcourt. © Crédit photo : AFP

Le 25 novembre 1959, Gérard Philipe était emporté brutalement par un foudroyant cancer du foie. Adulé sur les planches comme dans les salles obscures, le jeune premier aux yeux bleus, romantique et rieur, était alors au zénith de sa gloire et de sa popularité.

Marié depuis 1951 à Anne Philippe, une ethnologue, l'acteur laissait deux enfants : Anne-Marie Philipe, née le 21 décembre 1954, devenue écrivain et comédienne elle aussi, et Olivier Philipe, né le 10 février 1956.

La mort de cette vedette internationale, à seulement 36 ans, a choqué et bouleversé le monde entier.

La une de Sud Ouest du 26 novembre 1959. ARCHIVES "SUD OUEST"

La une de Sud Ouest du 26 novembre 1959. ARCHIVES "SUD OUEST"

Un jeune Cannois découvert par Marc Allégret

Fils d'un avocat qui deviendra gérant du Parc Palace Hôtel de la ville de Grasse , Gérard Philipe est né à Cannes, en 1922 , dans une famille aisée. Durant la Seconde guerre mondiale, de nombreux artistes de l’époque vont venir se réfugier sur la côte d’Azur, en zone libre. Parmi eux, le réalisateur Marc Allégret. En 1941, le réalisateur se laisse entraîner chez la mère de Gérard, Marie Elisa Philip qui pratique des séances de voyance et de spiritisme. Sachant que son fils veut faire du théâtre, « Minou » persuade Allégret de l'auditionner.

Immense acteur et artiste engagé

En 1942, Gérard a vingt ans. Il débute sur les planches à Nice, dans la pièce "Une grande fille toute simple". Par superstition, un "e" est ajouté à la fin de son nom de famille, afin que son nom de scène entier contienne treize lettres.

Allégret lui obtient un tout petit rôle dans le film "La boîte aux rêves". Mais la zone libre est bientôt occupée par les Allemands. En 1943, l'acteur "monte à Paris" avec ses parents. Gérard Philipe intègre le Conservatoire et enchaîne très vite les films et les pièces de théâtre. Acteur surdoué, il connaît un succès immédiat dans le "Sodome et Gomorrhe" de Jean Giraudoux, avant de jouer dans le "Caligula" d’Albert Camus, puis "Le Diable au corps", de Claude Autan-Lara, en 1947, avec Micheline Presle.

Parallèlement, artiste engagé, il adhère au Parti communiste et n'aura de cesse de défendre les intérêts du métier d'acteur en tant que dirigeant syndical.

Fanfan la Tulipe et Le Cid

Représentation du "Cid" avec Gérard Philipe et Françoise Spira en 1951. Archives AFP

Représentation du "Cid" avec Gérard Philipe et Françoise Spira en 1951. Archives AFP

En 1951, il rejoint le TNP de Jean Vilar, le théâtre national populaire, l'une des plus grandes aventures théâtrales du XXe siècle, et fait son entrée au cinquième festival d'Avignon. Cet été-là, à 28 ans, Gérard Philipe jouera "Le Prince de Hombourg" et aussi "Le Cid".

Il accède véritablement à la gloire au cinéma en 1952, avec le film de cape et d'épée signé Christian-Jaque, "Fanfan la tulipe", avec Gina Lollobrigida, qui lui vaut de devenir une « idole des jeunes » partout à travers le monde.

Mais c'est son rôle dans "Le Cid" de Corneille qui reste le plus emblématique. "A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire..." Son interprétation des stances de Rodrigue est entrée dans l'Histoire.

C'est d’ailleurs dans le costume de Rodrigue qu'il repose à Ramatuelle, près de Saint-Tropez.

Avignon ne l'a jamais oublié

Fauché en pleine gloire, Gérard Philippe, le symbole de la jeunesse et du romantisme, emporte avec lui Rodrigue, Ruy Blas, le prince de Hombourg, Lorenzaccio, Octave, Perdican... Avignon ne l'a jamais oublié. Comme James Dean, cet acteur culte, icône de sa génération, brille au firmament des stars immortelles.

Soixante ans après sa mort, l'acteur éblouit encore dans sa lecture du "Petit Prince" de Saint-Exupéry, sur un disque enregistré en 1954, et toujours dans les bacs. Ou encore lorsqu'il conte "Pierre et le loup", l'oeuvre musicale de Prokofiev, qui a fasciné des générations d’enfants... et d'adultes.

► A LIRE

Dans les années qui suivent le décès de son mari, Anne Philipe publie deux biographies : "Souvenirs et témoignage" (1960) et "Le Temps d’un soupir" (1964).

Soixante ans après sa mort, son gendre, Jérôme Garcin, publie "Le dernier hiver du Cid" , récit des dernières semaines d'une vie brève et intense(Gallimard, 2019)

Publié dans Articles de Presse

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