Mort de Patricia Hitchcock, fille du réalisateur Alfred Hitchcock

Publié le par Le Monde avec AFP

La fille unique du cinéaste, qui avait joué dans « L’Inconnu du Nord-Express », était une fervente défenseuse du travail de son père durant la décennie qui a suivi sa mort. Elle s’est éteinte à 93 ans.

Mort de Patricia Hitchcock, fille du réalisateur Alfred Hitchcock

Patricia Hitchcock est morte à l’âge de 93 ans dans la nuit de dimanche à lundi, dans son sommeil, chez elle à Thousand Oaks en Californie, a annoncé l’une de ses trois filles, Tere Carrubba, mercredi 11 août. « Elle a toujours su protéger l’héritage de mes grands-parents, elle s’est assurée qu’il ne soit pas oublié » a-t-elle confié. « C’est comme la fin d’une ère maintenant qu’ils sont tous partis. »

Patricia Hitchcock, souvent surnommée « Pat », est née à Londres en 1928. Fille d’Alfred Hitchcock et d’Alma Reville-Hitchcock, elle a passé une bonne partie de sa vie à gérer les affaires familiales. Alors qu’elle était encore enfant, Afred Hitchcock a réalisé plusieurs films aujourd’hui considérés comme des classiques, tels que Les 39 Marches, Une femme disparaît ou encore L’Ombre d’un doute. Alma, ancienne réalisatrice, était sa conseillère avec laquelle il développait ses idées d’histoire. « Ma mère a bien plus contribué aux films de mon père qu’on ne le pense. Il dépendait d’elle sur absolument tout » , expliquait ainsi Patricia Hitchcock en 1999 dans une interview au Guardian.

Des rôles dans « L’Inconnu du Nord-Express » et « Psychose »

Patricia Hitchcock a passé beaucoup de temps avec son père sur le tournage de ses films, avant d’entrer dans une école d’acteurs. Admise à l’Académie royale d’arts dramatiques de Londres en 1947, elle était sur le point d’être diplômée lorsque son père lui a proposé de jouer dans son nouveau film, L’Inconnu du Nord-Express, adapté de la nouvelle de Patricia Highsmith.

Outre ses rôles dans les sitcoms My Little Margie, The Life of Riley et plusieurs autres rôles dans la série Alfred Hitchcock présente, elle a également joué dans Le Grand Alibi, réalisé par son père, ainsi que dans le chef-d’œuvre Psychose. Pat Hitchock y incarne une collègue de bureau de Janet Leigh, désormais connue pour la célèbre scène où elle se fait poignarder à mort sous la douche d’un hôtel.

Plus récemment, elle a travaillé sur l’Alfred Hitchcock magazine, une revue de nouvelles policières diffusée dans plusieurs festivals et documentaires. Elle a également contribué à la rédaction du livre Footsteps in the Fog : Alfred Hitchcock’s San Francisco, de Jeff Kraft et Aaron Levental, en partageant des photos de son père et en rédigeant la préface. Pat Hitchcock a, par ailleurs, été la coautrice de l’ouvrage sur sa mère morte en 1982, Alma Hitchcock : la femme derrière l’homme, deux ans après la disparition d’Alfred Hitchcock.

« J’aurais espéré qu’il fasse acte de népotisme »

Mariée pendant plus de quarante ans à Joseph O’Connell, mort en 1994, avec qui elle a eu trois enfants, elle décrivait son enfance comme heureuse et qualifiait ses parents de « normaux ». Elle a tout de même ressenti une certaine distance avec son père. Petite fille, elle a souvent mangé seule et a plusieurs fois été envoyée en internat. Pat Hitchcock a dû faire une croix sur son parcours universitaire quand son père a décidé qu’elle devait rentrer en Angleterre. Elle regrettait, par ailleurs, qu’il ne l’ait pas davantage sollicitée pour jouer dans ses films. « J’aurais espéré qu’il fasse acte de népotisme », disait-elle.

A la maison, le réalisateur était parfois cruellement taquin à son égard. Pendant le tournage de L’Inconnu du Nord-Express par exemple, connaissant le vertige de sa fille, il a parié 100 dollars avec cette dernière qu’elle ne monterait pas dans une grande roue. La jeune actrice s’était alors retrouvée coincée et terrorisée pendant une heure, a-t-elle confié dans la biographie rédigée en 1983 par Donald Spoto, Le Côté obscur du génie. « Ils ont éteint les lumières et ont feint de s’en aller », racontait-elle ainsi en 1993 au Chicago Tribune, concluant : « Le plus sadique dans cette histoire, c’est que je n’ai jamais eu les 100 dollars. »

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