Estelle Mouzin: la bonne volonté de Monique Olivier en question

Publié le par France Soir par Dominique Charton - Issancourt-et-Rumel (France) (AFP)

Monique Olivier "coopère"-t-elle, ou garde-t-elle des "secrets" ? Après trois jours d'une nouvelle série de fouilles à Issancourt-et-Rumel (Ardennes) pour tenter de retrouver le corps d'Estelle Mouzin, victime présumée de Michel Fourniret en 2003, l'attitude de l'ex-épouse du tueur en série, présente sur les lieux, interroge toujours.

 Estelle Mouzin: la bonne volonté de Monique Olivier en question

Monique Olivier "parle mais se refuse à donner des précisions nouvelles, des détails, on a l’impression malgré tout qu’elle reste une manipulatrice", a déclaré à la presse Me Didier Seban, l'un des avocats de la famille d'Estelle Mouzin. "Elle est la co-auteure avec Michel Fourniret des crimes qu’on connaît et donc, tout en promettant qu’elle fait tout, qu’elle veut nous aider, il y a des secrets qu’elle ne veut pas livrer".

"Je crois qu’elle ne veut pas tout dire parce qu’elle (...) craint les questions sur sa participation (...) Tant qu'il s’agit de mettre en cause Michel Fourniret, il n’y a pas de problèmes, dès que sa participation est en cause, c’est beaucoup plus difficile", a-t-il encore dit.

Aujourd'hui âgée de 72 ans, elle était garde-malade, installée à Nîmes, quand l"Ogre des Ardennes" est entré dans sa vie il y a près de 35 ans. Elle en a divorcé en 2010, depuis la prison, après avoir été condamnée comme complice de ses assassinats.

Le 1er avril, elle avait pour la première fois reconnu un rôle dans la séquestration d'Estelle, enlevée à neuf ans, le 9 janvier 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne). Elle avait précisé avoir accompagné Michel Fourniret au bord du bois d'Issancourt-et-Rumel pour le laisser aller enfouir le corps de la fillette, à quelques kilomètres de Ville-sur-Lume, où, toujours selon elle, Michel Fourniret a séquestré, violé et tué Estelle, dans une maison appartenant à sa sœur.

- "Crédit" -

"Monique Olivier coopère", a au contraire assuré son avocat Me Richard Delgenes, devant la presse présente dans le petit village près de la frontière belge, mais tenue à l'écart du bois que l'ex-épouse du tueur a arpenté entourée de la juge d'instruction, des avocats et de gendarmes.

"Elle a donné un endroit où il aurait pu l'enterrer", où elle l'avait laissé s'enfoncer dans le bois, mais "est-ce qu’il a marché cinq minutes, dix minutes ? C’est ce genre de choses que Monique Olivier essaye de donner à la juge", remontant "dix-sept ou dix-huit ans en arrière", a-t-il poursuivi. "Dire (...) +il a enterré le corps un peu plus loin+, ça peut représenter 200 mètres".

Pour Me Delgenes, "c’est difficile de savoir ce qu’a fait Michel Fourniret", car "il n’a jamais procédé de la même façon" avec ses victimes, creusant parfois, déposant d'autres fois le corps au sol, ou dans un trou "déjà existant".

Alors que Mme Olivier "s’implique, s’auto-incrimine (...) je pense qu’on peut apporter du crédit à ses propos", a-t-il conclu.

Cette septième campagne de fouilles, débutée lundi, est pour l'heure restée infructueuse, comme les fois précédentes. Les recherches sont menées sur une parcelle jouxtant une zone déjà fouillée en juin, sur un terrain de quatre ou cinq hectares.

Selon Me Seban, c’est tout un "faisceau de raisons qui nous donne l’espoir de retrouver Estelle ici": "on a une indication sur le fait que Michel Fourniret est parti avec le corps et qu’il est revenu et qu’il avait au préalable creusé une tombe (...), on cherche à partir d’éléments concrets du dossier".

Condamné à la perpétuité incompressible pour les meurtres de sept jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, Michel Fourniret avait fini par avouer en mars 2020 sa responsabilité dans la disparition d'Estelle Mouzin. Il est mort à 79 ans à Paris le 10 mai.

Publié dans Articles de Presse

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