Il avait 7 ans en 1944 : Jean Devaux raconte la guerre, le parcage, et la Libération de Blangy-sur-Bresle

Publié le par L'Éclaireur du Vimeu par Blandine Thoreux

Né en 1937 à Blangy-sur-Bresle, Jean Devaux y a vécu jusqu'à ses 11 ans. À l'occasion de l'anniversaire de la Libération, il partage ses souvenirs de la Seconde Guerre mondiale.

L’église de Blangy-sur-Bresle (Seine-Maritime) suite aux bombardements de juin 1940. (©DR)

L’église de Blangy-sur-Bresle (Seine-Maritime) suite aux bombardements de juin 1940. (©DR)

Les premiers souvenirs de son enfance remontent à la période de la Seconde Guerre mondiale. Une année l’a particulièrement marqué : 1944. L’année du parcage, l’année de la Libération aussi.

Aujourd’hui, soixante-dix-sept ans plus tard, il se souvient encore de ces faits avec précision, anecdotes à l’appui.

Un regard d’enfant

L’octogénaire, aujourd’hui habitant de l’agglomération de Rouen (Seine-Maritime), évoque notamment le parcage.

Cette fameuse journée du 17 août 1944. Il raconte : « En fait, les habitants n’ont pas été emprisonnés. La population a reçu l’ordre de se rendre dans une pâture, à la sortie de Bouttencourt (Somme) ».

À l’époque, Jean Devaux avait 7 ans. il vivait avec ses parents et sa grand-mère en haut de la rue Saint-Denis, dans une propriété également accessible par la rue de Morgan.

    Ce jour-là, tôt le matin, mes parents ont été réveillés par des gens du hameau de Fontaine. En ce temps-là, les rues étaient encore en pavés, cela faisait du bruit. On n'était pas vraiment inquiets, on ignorait les événements d'Oradour-sur-Glane. Jean Devaux

Jean Devaux poursuit : « On n’avait pas conscience de la gravité à l’époque. Quand je suis arrivé dans la pâture, je jouais avec des copains ».

Dans le même pourtant, deux habitants, Yves Ternisien et Maurice Delatte, Résistants membres des Francs-Tireurs Partisans Français (FTPF), sont faits prisonniers et torturés. Leurs corps n’ont jamais été retrouvés.

« Je me souviens avoir eu une discussion avec Odette Cléré [N.D.L.R. : maire de Blangy-sur-Bresle de 1965 à 1971]. Je ne sais pas si elle était dans l’affirmative, mais elle m’avait dit qu’ils avaient perdu la trace de ces deux Résistants après qu’ils ont été transportés à Rouen ».

Une petite division de chars

Finalement, après plusieurs heures, les populations de Blangy-sur-Bresle et Bouttencourt sont quant à elles relâchées en trois vagues.

Jean et sa grand-mère font partie de la première. « Ils ont d’abord libéré les personnes âgées et les enfants » se rappelle-t-il.

Et de préciser : « Ce jour-là, il y avait de la brume, du brouillard en hauteur. Les avions alliés commençaient à mitrailler. Mon père a eu peur, c’est pour cela qu’il m’a demandé de déguerpir rapidement, pour que les Alliés ne nous prennent pas pour des Allemands ».

Jean rentre chez lui avec sa grand-mère.

    Ne sachant pas quoi faire, je suis allé faire l'andouille sur un poteau téléphonique en faisant des bulles de savon. J'ai vu arriver un premier char, puis un deuxième, un troisième, et ainsi de suite, par le bas de la rue Saint-Denis en direction de Neufchâtel-en-Bray. Une petite division qui partait sans doute vers le front de Normandie. Jean Devaux

Quelques jours plus tard, avant de se diriger vers Abbeville (Somme), la division blindée Polonaise du général Maczek libère les communes de Blangy-sur-Bresle et Bouttencourt. Nous sommes le 1er septembre 1944.

Quatre ans plus tard, alors âgé de 11 ans, Jean Devaux et ses parents quittent la cité verrière. « Quand nous sommes partis, Blangy-sur-Bresle était sévèrement sinistrée » conclut l’octogénaire, « les conséquences de 1940, lorsque la commune a été bombardée et brûlée ».

Une cérémonie anniversaire le mercredi 1er septembre 2021

Mercredi 1er septembre 2021, les communes de Blangy-sur-Bresle et Bouttencourt organisent conjointement leur fête de la Libération. Le rassemblement est fixé à 18 h au terrain de longue paume de Bouttencourt, puis aux stèles Lecoz et Chekroun, place Jean Moulin à Blangy-sur-Bresle, et enfin au Monument aux Morts de Blangy-sur-Bresle, place Georges Durand.

Publié dans Articles de Presse

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