À 100 ans, un ancien gardien de camp nazi jugé pour avoir contribué à la mort de 3 518 déportés

Publié le par Ouest-France avec AFP

L’ancien caporal-chef d’une division des Waffen-SS employé au camp de concentration de Sachsenhausen, âgé de 100 ans, est jugé en Allemagne. Son avocat a indiqué jeudi 7 octobre qu’il ne s’exprimerait pas, alors qu’il est accusé d’avoir participé à la mort de milliers de déportés.

Un ancien agent de sécurité du camp de concentration de Sachsenhausen, âgé de 100 ans, apparaît dans la salle d’audience avant son procès au tribunal Landgericht Neuruppin de Brandebourg, en Allemagne, le 7 octobre 2021. | ANNEGRET HILSE/REUTERS

Un ancien agent de sécurité du camp de concentration de Sachsenhausen, âgé de 100 ans, apparaît dans la salle d’audience avant son procès au tribunal Landgericht Neuruppin de Brandebourg, en Allemagne, le 7 octobre 2021. | ANNEGRET HILSE/REUTERS

Le plus vieil accusé de crimes nazis "ne s’exprimera pas" ​sur les faits présumés lors de son procès qui s’est ouvert jeudi 7 octobre en Allemagne, a indiqué son avocat lors de l’audience.

L’accusé, âgé de 100 ans et arrivé en déambulateur à l’audience dans la ville de Brandenburg an der Havel (Est), "ne s’exprimera pas" ​sur les faits qui lui sont reprochés "mais donnera seulement des informations sur sa situation personnelle"​, a déclaré Stefan Waterkamp, l’avocat de l’ancien caporal-chef d’une division des Waffen-SS employé au camp de concentration de Sachsenhausen. Selon le parquet, il y a été gardien de 1942 à 1945.

Accusé de « complicité de meurtre »

L’ancien gardien de camp de concentration nazi est accusé d’avoir contribué à envoyer à la mort 3 518 déportés pendant la Seconde Guerre mondiale. Il est accusé de « complicité de meurtres ».

Le centenaire, plus vieil accusé de crimes nazis traduit en justice, a été examiné par les médecins. Ils ont demandé que son interrogatoire dans le tribunal de Neuruppin, près de Berlin, soit limité à deux heures et demie par jour.

« Je n’ai pas de mots »

Ouvert en 1936, le camp de Sachsenhausen était destiné à l’origine aux prisonniers politiques venant de toute l’Europe. Il a aussi reçu des prisonniers de guerre soviétiques et des Juifs, qui sont, pour beaucoup, morts dans les chambres à gaz.

« C’est beaucoup d’émotion… Je n’ai pas de mots », a confié les larmes aux yeux Antoine Grumbach, 79 ans, dont le père engagé dans la résistance en France est mort à Sachsenhausen, à l’ouverture du procès.

La justice allemande autorise, depuis 2011, la tenue de procès contre d’anciens nazis qui n’ont contribué qu’indirectement aux crimes qui leur sont reprochés, sans avoir jamais pressé une gâchette ou donné un ordre.

Publié dans Articles de Presse

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