Allemagne - Jugée pour complicité de crimes nazis, une femme de 96 ans prend la poudre d'escampette

Publié le par L'Independant

Une Allemande âgée de 96 ans, accusée de "complicité de meurtre" pour avoir travaillé dans un camp de concentration nazi pendant la Seconde Guerre mondiale, a fui jeudi juste avant l'ouverture de son procès, a annoncé un porte-parole du tribunal où elle devait être jugée.

La nonagénaire est accusée de "complicité de meurtres". / Independant - Michel Clementz

La nonagénaire est accusée de "complicité de meurtres". / Independant - Michel Clementz

Irmgard Furchner avait rejoint à l'âge de 18 ans le camp de concentration de Stutthof en tant que dactylographe entre 1943 et 1945 pour retranscrire des ordres d'exécution dictés par le commandant du camp, et aurait ainsi participé à l'assassinat de 11.412 personnes.

"L'accusée est en cavale. Elle a quitté son domicile tôt ce matin et a pris un taxi pour rejoindre une station de métro", a précisé Frederike Milhoffer, porte-parole du tribunal du district d'Itzehoe avant d'annoncer qu'un mandat d'arrêt venait d'être émis contre elle.

Irmgard Furchner reste pour le moment introuvable par les autorités d'Itzehoe, une ville qui se situe dans l'extrême nord de l'Allemagne, à environ 100 km de la frontière danoise.

L'affaire jugée par un tribunal pour adolescent

Selon le magazine Der Spiegel, elle aurait écrit au juge pour demander que son dossier soit examiné par contumace, une impossibilité légale en Allemagne. L'affaire est jugée par un tribunal pour adolescents en raison du jeune âge d'Irmgard Furchner au moment des faits.

Irmgard Furchner est la dernière d'une longue série de nonagénaires à être accusés de crimes dans le cadre de l'Holocauste perpétré par le régime nazi. Selon son avocat Wolf Molkentin, l'accusée ignorait le massacre de masse orchestré dans le camp de concentration où elle travaillait. 

"Ma cliente aurait travaillé au milieu de SS expérimentés dans la violence. Mais devait-elle partager leur niveau de connaissance ? (...) À mon avis, ce n'est pas forcément évident", a-t-il déclaré lors d'une interview accordée au Spiegel.

Environ 65.000 personnes, parmi lesquelles des Juifs et des prisonniers de guerre, sont mortes de faim, de maladie ou d'asphyxie dans les chambres à gaz du camp de concentration de Stutthof, près de Gdansk dans l'actuelle Pologne, entre 1939 et 1945.

Publié dans Articles de Presse

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