Colin Powell, secrétaire d’Etat sous George W. Bush, est mort des suites du Covid-19

Publié le par Le Parisien avec AFP

Premier afro-américain à occuper le poste de chef d’Etat-major des armées, Colin Powell était une figure de la diplomatie américaine.

La famille de Colin Powell, ancien secrétaire d'Etat américain, a annoncé qu'il était décédé de complications liées au Covid-19, ce lundi. Reuters/Jonathan Ernst

La famille de Colin Powell, ancien secrétaire d'Etat américain, a annoncé qu'il était décédé de complications liées au Covid-19, ce lundi. Reuters/Jonathan Ernst

Colin Powell, l’ancien secrétaire d’État américain sous George W. Bush, est décédé à l’âge de 84 ans de « complications liées au Covid-19 », à l’hôpital Walter Reed, dans la banlieue de Washington. « Nous avons perdu un mari, un père, et un grand-père remarquable et aimant, il était un grand Américain », a annoncé sa famille dans un communiqué.

L’ancien président Bush a salué la mémoire de Colin Powell, qu’il a qualifié de « grand serviteur de l’État ». « De nombreux présidents se sont fiés au jugement et à l’expérience du général Powell », a-t-il noté dans un communiqué. « Il était très respecté dans le pays et à l’étranger », a-t-il ajouté. « Le monde a perdu l’un de ses plus grands hommes », a quant à lui regretté le ministre américain de la Défense, Lloyd Austin, en déplacement en Géorgie.

Né le 5 avril 1937 à Harlem, New York, Colin Powell a été le premier Afro-Américain à occuper le poste de chef d’état-major des armées, avant de devenir chef de la diplomatie américaine sous la présidence républicaine de George W. Bush. Son leadership dans plusieurs administrations américaines a largement contribué à façonner la politique étrangère américaine des années 1990 et 2000.

Un secrétaire d’État extrêmement populaire

Soldat distingué au Viêt Nam, où il avait opéré comme conseiller militaire de John F. Kennedy, Colin Powell voit sa popularité nationale grimper en flèche à la suite de la victoire de la coalition dirigée par les États-Unis pendant la guerre du Golfe. Pendant un certain temps au milieu des années 1990, il est même considéré comme un candidat de premier choix pour devenir le premier président noir des États-Unis.

Mais sa réputation sera entachée à jamais lorsque, en tant que premier secrétaire d’État de George W. Bush, il plaidera en faveur de la guerre en Irak sur la base de renseignements erronés sur les armes de destruction massives prétendument détenues par le pays devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le 5 février 2003. Un déboire qu’il qualifiera plus tard de véritable « tache » sur son dossier : « Je suis celui qui a fait cette présentation au nom des États-Unis devant le monde, et cela fera toujours partie de mon bilan. »

Faisant partie des modérés au sein des républicains, Colin Powell n’a pas hésité à prendre ses distances avec son parti, soutenant par exemple en 2008 la candidature du démocrate Barack Obama. En 2020, il avait également annoncé qu’il voterait pour Joe Biden, en dénonçant les « mensonges » de Donald Trump, après avoir déjà voté pour Hillary Clinton lors de l’élection précédente. « Je n’aurais jamais utilisé ce mot pour aucun des quatre présidents pour lesquels j’ai travaillé : il ment », avait-il affirmé.

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