La comédienne Marthe Mercadier est morte à l’âge de 92 ans

Publié le par France Inter par Julien Baldacchino

 Elle était l’une des figures du théâtre de boulevard populaire, rendue célèbre par "Au théâtre ce soir" : Marthe Mercadier, comédienne de théâtre mais aussi de cinéma et de télévision, s’est éteinte ce mercredi à l’âge de 92 ans. Elle était atteinte de la maladie d’Alzheimer. 

Marthe Mercadier, ici en 2005 au Théâtre de Paris © AFP / JEAN-PIERRE MULLER

Marthe Mercadier, ici en 2005 au Théâtre de Paris © AFP / JEAN-PIERRE MULLER

Elle avait commencé sa carrière comme souffleuse au théâtre, avant de se lancer elle-même sur les planches : Marthe Mercadier, monument du théâtre populaire et de la comédie de boulevard, est morte, ce mercredi à l’âge de 92 ans, a annoncé sa fille. Elle était hospitalisée depuis une semaine à Puteaux, dans les Hauts-de-Seine. 

    "Ma maman s’est éteinte ce matin vers 5 heures. Elle souffrait de la maladie d’Alzeihmer depuis plusieurs années. Je l’ai accompagnée jusqu’au bout."

Au théâtre (presque) tous les soirs

C’est dans les années 40 que Marthe Mercadié, qui avait transformé son nom en Mercadier pour la scène, avait commencé le théâtre. Mais c’est la télévision qui la révèle au grand public : elle joue dans la série Les Saintes Chéries de Jean Becker, où elle a un rôle récurrent aux côtés de Micheline Presle et Daniel Gélin

Si les planches sont son domaine de prédilection, sa carrière est indissociable de la télévision : elle fait partie des "sociétaires" de "Au théâtre ce soir", le rendez-vous théâtral de l’ORTF (puis de TF1). Dès les débuts du programme en 1966 elle joue dans Chérie noire et dans Interdit au public, et par la suite elle est presque chaque année devant les caméras de Pierre Sabbagh et d'autres réalisateurs de télé. 

Populaire et engagée

Marthe Mercadier avait plus de 40 pièces à son actif - et essentiellement des comédies de boulevard - et presque autant de films, principalement dans les années 50 et 60. Au tournant des années 80, elle devient aussi productrice pour le cinéma et le théâtre. Jamais complètement en haut de l’affiche, elle disait en 1999 : "Je n’ai jamais recherché les rôles valorisants. J’ai joué les ridicules, les paumées, les femmes rejetées, les idiotes. J’ai été plus vigilante pour ma vie de femme que pour ma carrière". 

Vigilante, elle l’était aussi pour des causes au sein desquelles elle était engagée : après avoir aidé son père dans la Résistance, elle avait créé sa première association caritative à la fin des années 40, et s’était particulièrement investie dans des missions humanitaires en Afrique via une autre association créée en 1979. Concernée par les droits des femmes, mais aussi par le bégaiement (dont elle était atteinte enfant) et la mucoviscidose, elle s’est vue nommée chargée de mission sur l’audiovisuel au milieu des années 80 auprès de la ministre des droits des femmes de l’époque, Yvette Roudy.

Une fin de carrière télévisuelle

Dans les années 90, elle continue à jouer au théâtre - notamment dans La poule aux œufs d'or avec Michel Galabru, et plus de 600 fois dans Tout bascule de et avec Olivier Lejeune - mais ajoute une corde télévisée à son arc : elle incarne la voix d’un personnage de fiction, la mère de l’extraterrestre Bill dans le Bigdil. 

Mais les plus jeunes l’ont découverte en 2011, dans la première saison de l’émission Danse avec les Stars sur TF1, dans laquelle des célébrités s'associent à des danseurs professionnels. Aux côtés du danseur Grégoire Lyonnet, elle est la doyenne de l’émission. Elle joue également dans la série R.I.S. de la première chaîne en 2012, qui sera sa toute dernière apparition télévisée. La même année, elle monte sur scène avec le petit-fils de Louis de Funès, Laurent, pour un spectacle intitulé "Mercadier et de Funès en vadrouille". 

Elle disparaît ensuite de la scène - théâtrale et médiatique : en 2014, sa fille Véronique annonce que Marthe Mercadier est atteinte de la maladie d’Alzheimer. La même année, menacée d’expulsion en raison de difficultés financières, elle avait bénéficié d’un élan de soutien de son public. 

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