Marthe Mercadier : Une rage de vivre malgré la maladie d'Alzheimer !

Publié le par France Dimanche par Andréa Meyer

Marthe Mercadier s'est éteinte aujourd'hui à l'âge de 92 ans. Atteinte de la maladie d’Alzheimer depuis presque 10 ans, elle s’était confiée avec beaucoup de pudeur sur ce mal terrifiant. 

© BESTIMAGE

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Une grande figure du théâtre français a disparu aujourd’hui. Marthe Mercadier est décédée ce 15 septembre, à l'âge de 92 ans. En dépit d’une vie incroyablement riche, cette femme fantastique a connu sur la fin, des heures difficiles.

Éprouvée par la maladie d’Alzheimer depuis près de dix ans, elle avait fait part à plusieurs reprises de son rapport à ce mal qui la rongait. En 2015, elle avait notamment déclaré sur Europe 1 : “C’est très important, on va en parler tranquillement. On ne va pas commencer à pleurer […] Peut-être que je ne verrai plus, je ne pourrai plus marcher… Mais c’est important pour les autres.

Effectivement, Marthe avait raison. Prévenir, anticiper les symptômes, les appréhender était tout aussi crucial pour elle que pour son entourage. C’est d’ailleurs sa fille, Véronique, qui a la première compris que sa mère perdait la mémoire. C’était en 2013, à la suite un terrible choc : “ll y a eu une période pendant six mois où son caractère a changé, elle était devenue agressive", avait raconté Véronique au micro d’Europe 1 avant de poursuivre : “Maman a perdu la mémoire immédiate. C'est-à-dire qu'on fait quelque chose et cinq minutes après elle ne s'en souvient plus. C'est cette mémoire qui disparaît. C'est pour ça qu'elle ne peut plus exercer son métier.”

Construire une toute nouvelle vie, voilà quel était le nouveau défi de cette grande artiste, une fois le diagnostic posé. Quelques années plus tard, en 2011, elle était venue témoigner de son rapport à la maladie et surtout, de la manière dont elle se bat au quotidien, loin de s’apitoyer sur son sort : “Il faut avoir été très malade, très désespéré comme je l’ai été, et apprécier à quel point c’est formidable de continuer à vivre avec les handicaps.

Il est vrai que cette rage de vivre, Marthe l’avait depuis sa plus tendre enfance. D’abord devenue bègue puis muette pendant près d’une année alors qu'elle n'avait que 5 ans, elle avait ensuite subi un terrible accident de danse acrobatique qui l’avait paralysée pendant plusieurs années. Déterminée, courageuse et obstinée, elle avait réussi à guérir totalement avant de s’engager dans la résistance durant la Seconde Guerre mondiale.

Marthe était donc un modèle de vitalité et de bravoure, en témoignait sa dernière volonté : “Je veux mourir chez moi, dans mon lit, avec ce qui reste de ma famille […] Je veux absolument être… Je jubilerai jusqu’à 100 ans.

Quelle grande dame !  

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