Robert Badinter : "La peine de mort est l'apanage des dictatures"

Publié le par Europe 1

40 ans après l'abolition de la peine de mort en France, Robert Badinter va participer à une cérémonie au Panthéon en présence d'Emmanuel Macron. L'ex-ministre de la Justice était l'invité ce samedi matin de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1 et CNEWS. L'occasion de faire un état des lieux de la grande cause qu'il a servie toute sa vie.

Robert Badinter : "La peine de mort est l'apanage des dictatures"

INTERVIEW

Robert Badinter était l'invité exceptionnel ce samedi matin de Jean-Pierre Elkabbach sur CNEWS et Europe 1. L'ancien ministre de la Justice, à l'origine de l'abolition de la peine de mort en France, a fait un état des lieux du progrès des droits fondamentaux en France et a fustigé la progression des idées pro-peine de mort en France. Robert Badinter participera cet après-midi à une cérémonie de commémoration des 40 ans de l'abolition de la peine de mort au Panthéon en présence d'Emmanuel Macron.

La peine de mort, "apanage des dictatures"

Est-on sûr de ne jamais voir revenir la peine de mort en France ? "Absolument. Sauf un cas : la peine de mort a toujours été l'apanage ou l'expression des dictatures. Il est évident que si nous avions à nouveau une dictature en France la peine de mort serait rétablie en même temps que la liberté serait supprimée et les droits de l'homme balayés. C'est une constante de l'histoire de la peine de mort que d'être structurellement liée aux régimes totalitaires", a-t-il expliqué. 

Robert Badinter a également rappelé que la France était signataire de plusieurs traités internationaux qui l'empêchent de revenir en arrière sur l'abolition de la peine de mort. "Je me refuse à l'idée que la France puisse devenir, au sein de l'Union européenne, une dictature totalitaire. Je rappelle que la France est liée par des accords internationaux. Vous imaginez un instant le ou la présidente de la République déchirer la Convention européenne des droits de l'homme ? Pour la France, ce serait une aberration. Je n'y crois pas du tout. C'est la seule hypothèse, et je la refuse", a affirmé l'ex-garde des sceaux de François Mitterrand

Un seul objectif : "l'abolition universelle"

Figure de proue de l'abolition en France mais aussi sur la scène internationale, Robert Badinter s'est également félicité des progrès en la matière. "Rappelez vous une chose. Après l'abolition voulue et votée par le Parlement à l'initiative de François Mitterrand, vous avez eu la constitutionnalisation de l'abolition par Jacques Chirac. Par conséquent, c'est un principe constitutionnel. Je ne cesse de le répéter : le seul objectif, c'est l'abolition universelle. Et les progrès en ce sens sont immenses. Quand je suis monté à la tribune de l'Assemblée nationale, nous étions le 35e état dans le monde [à abolir la peine de mort, NDLR]. Aujourd'hui, il y a 120 Etats sur 180 qui sont abolitionnistes en droit dans leur loi". 

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