Afrique du Sud : il y a 30 ans, la fin de l'apartheid

Publié le par Deutsche Welle par Valérie Hirsch

Il y a 30 ans, les lois ségrégationnistes qui organisaient la domination de la minorité blanche étaient abolies en Afrique du Sud.

Mangosuthu Buthelezi (g), du Parti de la liberté Inkatha (IFP), serre la main du leader de l'ANC, Nelson Mandela (d), tandis que Frederik de Klerk (M), du Parti national (NP).

Mangosuthu Buthelezi (g), du Parti de la liberté Inkatha (IFP), serre la main du leader de l'ANC, Nelson Mandela (d), tandis que Frederik de Klerk (M), du Parti national (NP).

30 ans après la fin du régime d’apartheid , l’Afrique du Sud reste la société la plus inégalitaire au monde, selon la Banque mondiale.

Même si ces trois décennies ont vu l’émergence d’une bourgeoisie noire, les inégalités raciales restent bien présentes. Plus de deux tiers des noirs continuent à vivre dans la pauvreté, contre seulement 1 % des blancs.

"Depuis que ces lois raciales ont été abolies, les noirs ont accès à des ressources et à des équipements que nous n'avions pas auparavant, comme dans l'éducation. On peut maintenant aller dans les parcs, les centres commerciaux et tous les beaux endroits du pays. Des noirs ont été nommés à des postes de direction dans de grandes entreprises. Cependant, il y a encore beaucoup de défis à relever en matière de chômage, d'éducation, de logement et de santé. Le rapport de la commission sur l'égalité en matière d'emploi, qui vient d'être publié, montre que les postes de direction sont toujours aux mains des blancs. Bien qu'ils ne constituent que 9 % de la population économiquement active, les blancs occupent 64 % des postes de direction", explique  Mmapula Mnisi, une coach en bien-être qui estime qu'il y a eu des progrès mais beaucoup reste à faire. 

La fin de l'apartheid - une Sud-Africaine danse au stade Miki Yili.

La fin de l'apartheid - une Sud-Africaine danse au stade Miki Yili.

Pour Trevor Ncube, un analyste financier, trois facteurs expliquent la trop lente réduction des inégalités raciales.

"Le premier est l'éducation publique, dont le niveau reste très bas. Le deuxième est la capacité du gouvernement à gérer les institutions, qui est  lamentable, c’est le moins qu’on puisse dire. L'argent a été pillé par les agents de l’Etat. Et le dernier est la forte dépendance des citoyens à l'égard de l'assistance du gouvernement."

L'ANC avait promis à tous une vie meilleure. Mais, selon une récente étude d’Oxfam, la plupart des femmes noires continuent à être sous payées. Elles gagnent 460 fois moins que les haut cadres, qui restent en majorité  des hommes blancs.

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article