Pourquoi Emmanuel Macron fait entrer Joséphine Baker au Panthéon

Publié le par La Dépêche par Christelle Bertrand

Ce mardi après-midi, Emmanuel Macron présidera la cérémonie de panthéonisation de Joséphine Baker, actrice noire et star de l'entre-deux-guerres, mais également Résistante durant le conflit mondial. Le chef de l'Etat entend faire passer plusieurs messages à l'approche de l'élection présidentielle. 

Joséphine Baker, une grande femme au Panthéon. @ keystone pictures (USA/ZUMA PRESS/MAXPPP

Joséphine Baker, une grande femme au Panthéon. @ keystone pictures (USA/ZUMA PRESS/MAXPPP

Rue Soufflot, entrée solennelle dans le Panthéon... La cérémonie respectera tous les codes. Ce mardi après-midi, à partir de 17h30, Emmanuel Macron consacrera Joséphine Baker, morte en 1975, après avoir vécu mille vies. Le corps de l'artiste, qui occupa également un rôle actif dans la Résistance, sera symbolisé par quatre poignées de terre qui lui sont chères, l'une provenant de Saint-Louis aux Etats-Unis où elle est née, une autre de Paris, une troisième des Milandes où elle avait son château, et une dernière de Monaco. Sa famille a, en effet, souhaité que le corps de Joséphine Baker reste à Monaco avec son mari et l'un de ses enfants. Elle n’est pas la seule dans ce cas mais cette caractéristique confère, en soi, à la cérémonie, qui aura lieu mardi, un caractère particulier.

"Si on veut on peut"

Mais c'est pour sa portée symbolique, que l’Élysée a souhaité faire de cette panthéonisation un événement majeur de cette fin de quinquennat. À l'heure où le "wokisme" se répand dans la société, le chef de l’État espère ainsi lancer un signal fort. "Le Président de la République a choisi de faire entrer Joséphine Baker au Panthéon parce que c'est une femme qui est née noire et américaine dans une société fermée d'assignation à résidence et qui est devenue tout au long de sa vie et jusqu'au bout de celle-ci, l'incarnation des valeurs des Lumières de la République française", explique l’Élysée.

Dans cette formulation, se trouvent résumées les intentions présidentielles : dénoncer le racisme, bien sûr, mais montrer aussi qu'il ne constitue pas un mur infranchissable, qu'à force de "volonté et de détermination pour construire sa propre émancipation", il est possible d'en sortir. Voici illustré le principe très macronien de : "Si on veut on peut".

L’Élysée a aussi vu en Josephine Baker un éloge utile de la France. Emmanuel Macron aura ainsi à cœur de rappeler la présence de la chanteuse aux côtés de Martin Luther King en 1963, lors de la marche pour les droits civiques. Ce jour-là, elle prend la parole en public. En uniforme français de l'armée de l'air, elle explique "pourquoi elle a choisi la France, pourquoi elle y est restée, et pourquoi de son point de vue, ce que porte la France avec elle, l'idée française d'une certaine façon, est quelque chose d'universel et qu'il faut s'y référer et qu'elle y est très attachée", assure l'Elysée.

Publié dans Articles de Presse

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