Présidentielle : Marine Le Pen sur les traces du général de Gaulle

Publié le par Le Point source AFP

La candidate du Rassemblement national se rendra à Bayeux mardi 9 novembre, à l’occasion du 51e anniversaire de la mort du libérateur de la France.

La candidate du Rassemblement national se rendra a Bayeux, mardi 9 novembre, a l'occasion du 51e anniversaire de la mort du liberateur de la France. La candidate du Rassemblement national se rendra à Bayeux, mardi 9 novembre, à l'occasion du 51e anniversaire de la mort du libérateur de la France. © Darek SZUSTER / MAXPPP / PHOTOPQR/L'ALSACE/MAXPPP

La candidate du Rassemblement national se rendra a Bayeux, mardi 9 novembre, a l'occasion du 51e anniversaire de la mort du liberateur de la France. La candidate du Rassemblement national se rendra à Bayeux, mardi 9 novembre, à l'occasion du 51e anniversaire de la mort du libérateur de la France. © Darek SZUSTER / MAXPPP / PHOTOPQR/L'ALSACE/MAXPPP

Pèlerinage gaulliste au programme pour Marine Le Pen, mardi 9 novembre. L’ex-présidente du Rassemblement national, qui a laissé sa place en septembre à Jordan Bardella, se rendra à Bayeux (Calvados) à l’occasion du 51e anniversaire de la mort du général de Gaulle. Le déplacement sera, pour Marine Le Pen, l’occasion de poursuivre la conversion gaulliste de son mouvement longtemps, le Front national de Jean-Marie Le Pen a combattu le fondateur de la Ve République.

Pendant que Marine Le Pen se déplacera à Bayeux, l’essentiel de la classe politique devrait faire le déplacement à Colombey-les-Deux-Églises (Haute-Marne), où est enterré le général de Gaulle. À Bayeux, la candidate du Rassemblement national doit d’abord déposer une gerbe devant la Croix de Lorraine, symbole de la résistance, à Courseulles-sur-Mer (Calvados), avant de prononcer un discours sur les institutions place de Gaulle à Bayeux, là même où le général s’est exprimé en juin 1944 après le débarquement et en juin 1946 sur la future Constitution.

Depuis son accession à la tête du FN en 2011, Marine Le Pen assume une « continuité » avec le général, dont elle juge même « urgent » de « s’inspirer ». À Bayeux, elle soulignera « l’acte de souveraineté » posé par Charles de Gaulle en 1944 vis-à-vis notamment des États-Unis, et sa volonté en 1946 d’un « président fort » quand il dessine les contours de la Ve République. « Aujourd’hui cet équilibre est rompu avec le quinquennat et un président devenu chef de parti », estime Philippe Olivier, proche conseiller de Mme Le Pen.

« Réécrire l’histoire »

Alors que Mme Le Pen entend réviser en profondeur la Constitution pour y inscrire la primauté du droit national, M. Olivier affirme qu’il s’agit de la « ressourcer » sur « l’idée de souveraineté » et rappelle la proposition du RN d’un mandat présidentiel de 7 ans non renouvelable. Sur le scrutin proportionnel, défendu par Mme Le Pen alors que de Gaulle a instauré un scrutin majoritaire, la candidate affirme que « la situation politique de l’époque était très différente » et assure qu’aujourd’hui le général serait favorable à la proportionnelle.

Le RN (ex-FN) compte pourtant parmi ses fondateurs en 1972 d’anciens collaborateurs du régime de Vichy ainsi que l’ancien SS Pierre Bousquet, qui en fut le premier trésorier, d’anciens partisans de l’Algérie française ou combattants de l’OAS. « Dire de Gaulle, c’est dire qu’on n’a rien à voir ni avec Vichy ni avec l’OAS » et « ça permet de réécrire l’histoire », explique l’historien Nicolas Lebourg.

La référence à de Gaulle permet en tout cas à Marine Le Pen de poursuivre son travail de « dédiabolisation », sur lequel elle mise pour élargir son électorat. Elle rompt également avec son père Jean-Marie Le Pen, qui écrit dans ses Mémoires que le maréchal Pétain « n’a pas failli à l’honneur en signant l’armistice » en 1940 et que le général de Gaulle « reste une horrible source de souffrance pour la France ».

En 2018, le cofondateur du FN a même raconté comment il avait tenté en 1963 de faire évader Jean Bastien-Thiry, un des auteurs de l’attentat du Petit-Clamart contre de Gaulle.

Pétain

D’une pierre deux coups, Marine Le Pen entend à Bayeux se démarquer autant d’Éric Zemmour, qui lui prend des voix, que d’Emmanuel Macron, en plaidant pour une présidence soucieuse de la « cohésion nationale », loin d’une « vision clivante et partisane », selon son entourage. Mais la mue peut s’avérer douloureuse. Marine Le Pen avait tenté de célébrer en 2020 le 80e anniversaire de l’appel du 18 juin sur l’île de Sein, où son déplacement avait suscité l’hostilité des habitants et tourné court.

« Ma droite, c’est le général de Gaulle », un « grand réconciliateur », écrit lui aussi Éric Zemmour, qui accuse Les Républicains de l’avoir « trahi », mais n’ira pas à Colombey. Mais ses contempteurs soulignent que le polémiste d’extrême droite fait mentir l’histoire en se réclamant du gaullisme tout en affirmant que le maréchal Pétain a sauvé des juifs ou que la « guerre civile », disait-il en 2018, « c’est des communistes qui l’ont commencée en exécutant […] des collaborateurs ».

« Tout le discours de Zemmour, c’est de faire l’union de la droite et l’extrême droite » et donc « de casser le présupposé que de Gaulle et Pétain sont deux choses différentes », analyse l’eurodéputé proche du PS Raphaël Glucksmann.

Publié dans Articles de Presse

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