Spéculations autour d'une mobilisation militaire russe aux portes de l'Ukraine

Publié le par RFI par Stéphane Siohan

Depuis plusieurs semaines, les spéculations enflent, sur une nouvelle mobilisation militaire russe, et sur d'éventuels risques d'offensive armée sur l'Ukraine, sur fonds de tensions grandissantes entre le Kremlin, les Européens et les Américains, sur la question de la Biélorussie entre autres. 

 Parachutistes russes lors d'un exercice militaire conjoint près de la frontière avec la Pologne et la Biélorussie, le 12 novembre 2021. © AP

Parachutistes russes lors d'un exercice militaire conjoint près de la frontière avec la Pologne et la Biélorussie, le 12 novembre 2021. © AP

La vie suit son cours à Kiev. Mais une petite musique insidieuse, s'est introduite dans le quotidien des gens, notamment ce week-end, lorsque les radios et les télévisions, ont commencé à rapporter les propos du chef du renseignement militaire ukrainien, Kyrylo Budanov, qui a annoncé que la Russie allait envahir l'Ukraine, à la fin du mois de janvier. Ce haut-gradé a déclaré que le Kremlin préparait une offensive, venue de l'est, mais également une attaque amphibie, dans la Mer noire, ainsi que des incursions au nord, via la frontière biélorusse.

Une guerre par médias interposés

En tout cas, à l'est, rien de nouveau : les combats quotidiens se poursuivent dans le Donbass, avec des victimes. Ils ne se sont en fait jamais arrêtés. Mais, en ce qui concerne une invasion massive du territoire ukrainien, pas d'alerte majeure, pas de mobilisation de masse, ni rappel des réservistes. À vrai dire, on a l'impression que la guerre à outrance se déroule plutôt, dans les médias et sur les réseaux sociaux. Pourtant, les services occidentaux et ukrainiens signalent un renforcement des troupes russes aux frontières de l'Ukraine

On sait que depuis le printemps dernier, l'armée russe a mobilisé de nombreuses unités et des équipements à proximité de l'Ukraine. Mais la question est plutôt de savoir si le Kremlin utilise ces mouvements de troupe comme un moyen de pression et un levier de négociations dans un cadre global afin d'affermir sa position sur la scène internationale, ou bien s'il y a de réelles intentions de lancer une offensive militaire sur l'Ukraine. Ce serait, dans ce cas, une véritable catastrophe. Les forces ukrainiennes se sont notoirement renforcées sept ans après le début de la guerre du Donbass, et les pertes de part et d'autres, seraient bien plus importantes qu'en 2014 et en 2015.

L'Ukraine est en guerre, depuis plus de sept ans. C'est une réalité quotidienne qu'on a tendance à oublier en Europe. Il y a des morts, toutes les semaines, et la réalité, c'est aussi cette dimension de la guerre hybride : les coups de pression, les menaces, la guerre psychologique, et cette impression quand on se lève le matin, en Ukraine, que du jour au lendemain, tout peut se passer, notamment le pire, et ça, c'est un élément de déstabilisation majeur. 

Période de turbulence

Ces derniers temps, l'Ukraine a accentué sa coopération militaire avec les Américains, les Britanniques et la Turquie, notamment avec l'arrivée en Ukraine de ces fameux drones d'attaque, Bayraktar TB2, qu'on a vu à l'œuvre entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Cette évolution ne plaît absolument pas à la Russie. La chancelière allemande Angela Merkel quittera bientôt le pouvoir, le président français Emmanuel Macron rentrera en campagne électorale et l'année 2022, pourrait être une année extrêmement dangereuse. 

Publié dans Articles de Presse

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