Affaire Delphine Jubillar - Indices, délit de sale gueule, affaire Daval : un an après, pourquoi son mari Cédric Jubillar est toujours le coupable idéal

Publié le par L'Indépendant par Matthieu Terrats

Delphine Jubillar a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines. Pas de corps, pas de mode opératoire, pas d'aveux mais un "faisceau d'indices graves concordants" selon la justice, avec Cédric Jubillar dans le costume du "coupable idéal". Le mari de l'infirmière a été mis en examen le 18 juin dernier pour le meurtre de sa femme. Depuis, il est incarcéré à la prison de Seysses (près de Toulouse). 

Cédric Jubillar incarcéré à la maison d'arrêt de Seysses depuis le 18 juin dernier.

Cédric Jubillar incarcéré à la maison d'arrêt de Seysses depuis le 18 juin dernier.

Depuis le début de cette affaire, il y a un an jour pour jour, tout semble accabler Cédric Jubillar

Si des preuves évidentes (le corps, une scène de crime...) font pourtant défaut, la justice n'en démord pas. Des cris entendus par une voisine la nuit de la fameuse disparition, son téléphone coupé entre 23 heures et 4 heures du matin, une couette retrouvée dans la machine à laver le lendemain, la voiture de Delphine garée dans le mauvais sens : autant d'éléments à première vue un peu légers pour inculper Cédric Jubillar du meurtre de sa femme, selon son avocat Me Jean-Baptise Alary. "Il a été immédiatement géolocalisé, une puce a été placée sous sa voiture, il a été mis sur écoute…Jusque-là, on ne criait pas à l’acharnement de l’accusation, car c'était normal qu’ils se posent des questions. Mais voyant qu’ils n’arrivaient pas à trouver de preuves, pourquoi n'ont-ils rien cherché d’autre ?" regrette-t-il dans les colonnes d'Actu Toulouse le 23 juillet dernier. "La justice n’aimant pas le vide, cela devenait humiliant tant pour la section de recherches que pour le parquet, de ne pas arriver à offrir un coupable au public qui n’attendait que ça. Alors ils se sont dit : on n'a qu'à annoncer que c'est lui, fabriquer quelques preuves, tordre des vérités, et ça passera… Il sera condamné par le public !"

Un profil peu flatteur

Des "indices" imprégnés d'un contexte défavorable pour le mari de Delphine

À commencer par la relation du couple qui touchait à sa fin. Delphine avait un amant et comptait refaire sa vie avec ce dernier. "Il s’est senti délaissé par Delphine que j’ai connue. Quand je vois l’état de leur maison, à moitié finie, elle reflète ce sentiment d’abandon ressenti par Cédric, quelques mois avant la disparition de Delphine. Il ne se rasait plus, se laissait aller… Il n’était pas bien dans sa peau. Je l’ai vu amaigri, il n’avait plus envie de faire des efforts. Cédric se sentait seul", raconte un proche dans les colonnes de La Dépêche. Une théorie de la vengeance généralement privilégiée par les enquêteurs dans ces cas de figure, doublée d'un profil peu flatteur pour Cédric Jubillar

Lui qui fume une dizaine de joints par jour. Parfois agressif avec les copines de Delphine qui organisent régulièrement des battues et des marches symboliques depuis la disparition de leur amie. Pris par la patrouille en train de jouer à un jeu vidéo le matin de la disparition de sa femme. Volontiers provocateur avec les journalistes. Rapidement affiché avec sa nouvelle compagne sur les réseaux sociaux. Très à l'aise en prison, limite arrogant. Et souvent ambigu, comme lors de cette conversation avec sa sœur, alors victime de brimades au collège au mois de mai : "Si tu es embêtée, tu n'as qu'à leur dire que tu es la sœur de Jubillar, celui qui a commis le crime parfait". 

Une affaire Jubillar qui a éclaté quelques jours seulement après la fin du procès de Jonathan Daval, condamné le 21 novembre 2020 à 25 ans de prison pour le meurtre de sa femme Alexia. Un timing qui a également joué contre Cédric Jubillar, plus que jamais coupable idéal, dont toutes les demandes de remise en liberté ont été retoquées par la justice. 

Publié dans Articles de Presse

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