Affaire Jubillar, un an après : pour Lolita, la cousine de Delphine, "on ne peut pas faire de deuil, on n'a plus d’espoir"

Publié le par La Dépêche propos recueillis par Alexandre Ferrer

Un an après la disparition de sa cousine, et pour la première fois dans la presse, Lolita Escobedo, évoque l’enquête et le comportement de Cédric Jubillar. Très proche de Delphine et de son groupe d’amies, elle est désormais partie civile dans le dossier, pour espérer un jour connaître la vérité.

Lolita (au centre avec l’écharpe rose) était présente lors du rassemblement pour l’anniversaire de Delphine. / DDM - DDM - Marie Pierre Vole

Lolita (au centre avec l’écharpe rose) était présente lors du rassemblement pour l’anniversaire de Delphine. / DDM - DDM - Marie Pierre Vole

Lolita Escobedo est la cousine de Delphine Jubillar, l'infirmière tranaise disparue depuis un an jour pour jour à Cagnac-les-Mines. Il lui aura fallu attendre près d’une année pour voir sa demande de partie civile acceptée, après des mois de bataille juridique.

Quel est votre état d’esprit, un an après la disparition de Delphine ?

Je suis mal, ça fait un an qu’on attend toujours la vérité, de connaître l’endroit où elle peut se trouver. En attendant, on ne peut pas faire de deuil. On n'a plus d’espoir, il y a trop de temps de passé. Je voudrais surtout savoir qui lui a fait du mal.

Vous avez une idée…

Bien évidemment, j’ai un premier suspect, comme beaucoup de monde… Cédric Jubillar. Mais je garde aussi quelques doutes par rapport aux derniers éléments qui sont sortis concernant la femme de l’amant. De toute façon, je n’ai plus d’espoir. Trop de choses se sont dites… Aujourd’hui, j’éprouve de la haine. Parce que la vérité n’est pas là et qu’on a beau chercher, retourner ciel et terre, il n’y a toujours rien. Oui c’est de la haine, de la haine envers la personne qui lui a fait mal, de la haine de ne pas savoir la vérité, de la haine de ne pas savoir où elle se trouve.

Vous décrivez Cédric comme quelqu’un de violent, de manipulateur…

Cédric, c’est quelqu’un qui peut être parfois violent mais qui ne s’en rend pas compte. Ça peut être aussi verbal que physique. Par exemple, il ne sait pas tenir sa violence quand il gronde ses enfants. Il y a une violence chez lui que je ne peux pas expliquer. Il avait aussi une violence verbale envers ma cousine, à toujours la rabaisser. Je l’ai toujours vu faire ça avec elle.

Lui avez-vous parlé depuis la disparition de Delphine ?

Bien sûr. La première fois c’était lors de la première grande battue (le 23 décembre 2020, NDLR). Et je lui ai demandé directement : "Qu’est-ce que tu as fait de ma cousine ?" Parce que pour moi, c’était le premier suspect, la dernière personne à l’avoir vu. Il m’a répondu : "Ta cousine, je l’aime plus que tout, je ne lui aurai jamais fait de mal". Je lui ai aussi demandé s’il était au courant que Delphine voyait quelqu’un d’autre. Il m’a dit que ça faisait quinze jours qu’il le savait. Mais quand il me parlait, il ne me regardait jamais en face, il baissait tout le temps les yeux. Une personne honnête, elle ne baisse pas les yeux.

Vous avez des nouvelles des enfants ?

C’est dur pour eux. Pour l’anniversaire de leur maman, ils n’ont pas pu souffler les bougies avec elle. C’est quelque chose qui a du leur faire très mal. Il y a aussi le fait que Louis ait été auditionné plusieurs fois. Ça l’a travaillé, ce n’était pas évident pour lui. Ça fait un an qu’ils ne savent rien de leur maman. C’est triste pour eux. Ils ne méritent pas ça.

Vous avez enfin été reconnue partie civile…

C’est une très bonne nouvelle. Honnêtement, je ne m’y attendais plus après les premiers rejets. Je vais désormais en savoir plus, avoir accès au dossier. Il y a peut-être des choses qui vont me revenir. On se confiait énormément avec Delphine. Dans le dossier, il y a peut-être des choses que Cédric ou des amis ont pu évoquer et qui vont me revenir comme des images, me sauter aux yeux. Je vais pouvoir aider les enquêteurs.

Vous comprenez l’engouement que suscite cette affaire ?

C’est assez énorme… Mais surtout, ce que je ne comprends pas, c’est que depuis le début de cette affaire, il y a des clans qui s’affrontent. La famille de Cédric, les amis d’un autre côté, la famille de Delphine et les collègues de la clinique. Je ne trouve pas ça normal. Delphine ne souhaiterait pas ça, elle souhaiterait qu’on soit tous ensemble, qu’on soit solidaire, que tout le monde se soutienne.

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article