Birmanie : l'ex-cheffe du gouvernement Aung San Suu Kyi condamnée à quatre ans de prison par la junte

Publié le par franceinfo avec AFP France Télévisions

Ce verdict intervient après un procès fleuve intenté contre la prix Nobel de la paix assignée à résidence depuis le coup d'Etat du 1er février qui a mis un terme brutal à la transition démocratique en cours depuis 2010.

Aung San Suu Kyi en Birmanie, le 22 septembre 2012.  (STAN HONDA / AFP)

Aung San Suu Kyi en Birmanie, le 22 septembre 2012. (STAN HONDA / AFP)

Un tribunal birman a condamné, lundi 6 décembre, l'ex-cheffe du gouvernement civil Aung San Suu Kyi à quatre ans de prison pour incitation aux troubles publics et violation des règles sanitaires liées au Covid-19. C'est la première peine prononcée contre l'ex-icône de la démocratie poursuivie par la junte pour de nombreux autres chefs d'accusations et qui risque de finir ses jours en prison.

La prix Nobel de la paix, 76 ans, est assignée à résidence depuis le coup d'Etat du 1er février qui a mis un terme brutal à la transition démocratique en cours en Birmanie depuis 2010.

Jugée depuis juin, elle est inculpée pour une multitude d'infractions : importation illégale de talkies-walkies, sédition, corruption, fraude électorale... De nombreux observateurs dénoncent un procès politique dans le but de neutraliser la gagnante des élections de 2015 et de 2020.

D'autres chefs d'accusations pèsent sur elle 

Aung San Suu Kyi est détenue depuis que les généraux ont renversé son gouvernement aux premières heures du 1er février, mettant ainsi fin à une brève parenthèse démocratique en Birmanie.

La junte a régulièrement accumulé les chefs d'accusation contre elle, dont la violation de la loi sur les secrets officiels, la corruption et la fraude électorale. Elle risque des dizaines d'années de prison si elle est reconnue coupable de tous les chefs d'accusation.

Les journalistes n'ont pas le droit d'assister aux débats du tribunal spécial dans la capitale construite par les militaires, et les avocats d'Aung Suu Kyi se sont récemment vu interdire de parler aux médias. 

"Asphixier les libertés" 

Selon une ONG locale de défense des droits, plus de 1 300 personnes ont été tuées et plus de 10 000 arrêtées dans le cadre de la répression de la dissidence depuis le coup d'État. La junte birmane cherche à "asphyxier les libertés", a estimé Amnesty International dans un communiqué. 

    "Les lourdes peines infligées à Aung San Suu Kyi sur la base de ces accusations bidon sont le dernier exemple en date de la détermination de l'armée à éliminer toute opposition et à asphyxier les libertés en Birmanie." Ming Yu Hah, directeur adjoint d'Amnesty International dans un communiqué

Ces condamnations "relèvent de la vengeance et d'une démonstration de pouvoir de la part des militaires", a déclaré Richard Horsey, expert sur la Birmanie à l'International Crisis Group. "Il serait toutefois surprenant qu'elle soit envoyée en prison. Il est plus probable qu'elle purge cette peine et les suivantes à son domicile ou dans une 'maison d'hôtes' fournie par le régime", a-t-il ajouté.

Publié dans Articles de Presse

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