Condamnation d'Omar Raddad : la justice rouvre le dossier

Publié le par France Bleu par Anne Jocteur Monrozier, France Bleu, France Bleu Azur, France Bleu Provence

La justice décide ce jeudi de rouvrir le dossier Omar Raddad, condamné en 1994 pour le meurtre de Ghislaine Marchal, une riche veuve, à Mougins (Alpes-Maritimes). L'ex-jardinier marocain avait déposé une requête en révision, la commission d'instruction a ordonné un complément d'information.

Omar Raddad en 2002 © Maxppp - Jean-Eric Ely

Omar Raddad en 2002 © Maxppp - Jean-Eric Ely

Vingt-sept ans après la condamnation d'Omar Raddad pour le meurtre de Ghislaine Marchal dans l'une des affaires criminelles les plus énigmatiques et controversées de France, la justice a ordonné ce jeudi un complément d'information, première étape vers une éventuelle révision du procès. L'ancien jardinier marocain, qui a toujours nié toute implication dans ce crime, souhaite faire annuler sa condamnation de 1994.

"La bataille n'est pas terminée. Nous allons vers la vérité judiciaire", a déclaré son avocate, Sylvie Noachovitch. "Omar Raddad est très heureux, il reprend confiance en la justice. C'est un vrai espoir. Le dossier est rouvert pour (son) plus grand bonheur car il a toujours, depuis le premier jour, clamé son innocence", a-t-elle poursuivi.

    "Il s'agit vraiment d'une des plus grandes erreurs judiciaire du XXe siècle, qui va être rectifiée." Me Noachovitch

De son côté, la famille de Ghislaine Marchal dit "prendre acte de la décision", dans un communiqué précisant qu'elle "souhaite que ces investigations permettent de mettre un terme définitif à une affaire vécue douloureusement" et qu'elle "espère que ce nouveau volet judiciaire se déroulera dans un climat médiatique apaisé".

"Omar m'a tuer"

Désigné par l'inscription "Omar m'a tuer", tracée avec le sang de la victime sur la scène de crime, Omar Raddad avait essuyé un premier rejet de demande de révision en 2002. Sa nouvelle requête, déposée en juin 2021 et examinée ce jeudi par la Cour de cassation, s'appuie sur les progrès de la science en matière d'ADN et sur une loi votée en juin 2014 qui assouplit les critères permettant d'obtenir la révision d'un procès. Ce sont "des éléments probants mettant en doute la culpabilité d'Omar Raddad", avait assuré Me Noachovitch avant le rendu de la décision.

Condamné en 1994 à 18 ans de réclusion, sans possibilité de faire appel à l'époque, Omar Raddad avait bénéficié d'une grâce partielle du président Jacques Chirac, puis d'une libération conditionnelle en 1998. Une grâce qui ne vaut pas annulation de la condamnation et ne l'innocente pas.

Les révisions de condamnations pénales restent rares en France dans les affaires criminelles : depuis 1945, une dizaine d'accusés seulement ont bénéficié de leur vivant d'une révision et d'un acquittement.

Publié dans Articles de Presse

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