Delphine Jubillar : toujours des zones d’ombre un an après sa disparition

Publié le par Le Progrès La rédaction avec AFP

Le 15 décembre 2020 Delphine Jubillar disparaissait à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Son mari Cédric, mis en examen pour "meurtre" dans cette affaire, et incarcéré depuis le 18 juin, fait aujourd’hui figure de principal suspect. Mais faute de corps, d’aveux, et de preuves irréfutables, l’enquête semble loin d’aboutir.

Delphine Jubillar, 33 ans, infirmière, est recherchée depuis le 15 décembre 2020. Photo DR

Delphine Jubillar, 33 ans, infirmière, est recherchée depuis le 15 décembre 2020. Photo DR

Douze mois et pas mal de zones d’ombre : un an après la disparition de Delphine Jubillar dans le pays minier du Tarn et six mois après la mise en examen pour meurtre de son mari Cédric, 34 ans, l’enquête peine à lever le mystère.

Pourtant, les pistes ne manquent pas et les fouilles se poursuivent dans le périmètre entourant le domicile familial, une maison en chantier perpétuel dans un lotissement de Cagnac-les-Mines posé au milieu de la campagne.

La maison des Jubillar

Photo Xavier FRERE 1 /2
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L‘étrange comportement de Cédric Jubillar

Pour le moment, les explications de Cédric Jubillar sur le soir de la disparition n’ont pas convaincu pas les juges, qui lui ont refusé plusieurs demandes de remise en liberté. Selon la version du mari, le 15 décembre vers 23 heures, en plein couvre-feu, Delphine Jubillar est sortie de la maison pour promener leurs deux chiens qui sont revenus sans elle. « Pourtant, elle ne promenait jamais les chiens », observe une source proche de l’enquête. Le lendemain, après avoir signalé la disparition de sa femme, Cédric Jubillar aurait accueilli les enquêteurs en « combinaison-pyjama-panda » selon Paris Match, avant de jouer au jeu vidéo Games Of Thrones, alors même que les gendarmes se trouvaient dans la maison.

Plus récemment, une troublante conversation entre Cédric Jubillar, et sa jeune sœur Enola, 16 ans, a été révélée. L’homme lui prodigue des conseils pour se défendre au lycée et ajoute : « Enola, de toi à moi, je suis le meurtrier parfait pour l’instant, n’oublie pas que j’ai commis le crime parfait. Si tu as besoin de conseils… » Interrogée par les enquêteurs, sa jeune sœur a évoqué « une rigolade, un délire ».

Les déclarations du fils

La nuit de la disparition, le père de famille dit avoir été réveillé vers 4 heures par les pleurs de leur fille de 18 mois. Inquiet de l’absence de Delphine, il aurait appelé d’abord des amies de sa femme avant d’alerter la police. Fin novembre, les juges ont entendu le fils aîné du couple, aujourd’hui âgé de 7 ans, qui aurait relaté une dispute entre ses parents le soir de la disparition. « Si l’accusation veut à tout prix faire reposer sur l’enfant des éléments d’accusation, c’est que vraiment le dossier ne tient pas », affirme Me Alexandre Martin, avocat de Cédric Jubillar.

L’amant de Delphine Jubillar auditionné

Delphine Jubillar entretenait une liaison avec un homme habitant à Montauban. Elle projetait de s’installer avec lui après avoir quitté son mari. L’amant a été auditionné à trois reprises depuis le début de l’enquête. Pour lui aussi, il est impossible que Delphine Jubillar soit sortie promener les chiens en pleine nuit. Il confirme également que la victime et lui avaient pour projet de vivre ensemble en février 2021. Il a été mis hors de cause par les enquêteurs. Les témoignages des proches et des voisins du couple convergent tous sur le fait que le couple battait de l’aile depuis longtemps et que la séparation était proche.

Les mystérieux appels de la compagne de l’amant

Autre piste, la compagne de l’amant de Delphine Jubillar a échangé avec elle une vingtaine de messages le 15 décembre. Pour Me  Alary, avocat de la défense, « c’est une femme piquée au vif. Il y a des incohérences dans le dossier qui n’ont pas été vérifiées ». Selon La Dépêche du Midi, la conjointe aurait également passé 145 appels téléphoniques entre le 14 et le 16 décembre, vers un numéro inconnu qui n’a pas encore été identifié. Celle-ci, qui aurait découvert la liaison extraconjugale, aurait contacté l’infirmière pour lui demander de ne pas officialiser leur relation tant qu’elle ne se serait pas séparée de son compagnon. Mais la compagne a un alibi, confirmé par l’amant de Delphine Jubillar : le soir de la disparition, ils étaient tous les deux, ont dîné et regardé la télé avant de se coucher vers 22h-22h30.

Dans le Tarn, le mystère insoluble

Delphine Jubillar, infirmière de nuit et mère de deux enfants, n'a plus donné de signe de vide puis près d'un an. Depuis, le mystère demeure, même si son mari fait désormais figure de principal suspect. Peu de temps après la disparition de la jeune femme, notre journaliste Xavier Frère s'était rendu sur place. Retrouvez ici son reportage en Haute-Garonne.

Une zone de recherches compliquée

Les enquêteurs, toujours à la recherche du corps de Delphine Jubillar, ont établi un périmètre de près de 10 kilomètres depuis l’épicentre de la maison familiale. Mais la zone rend les recherches délicates : des plongeurs ont sondé les lacs des alentours, unité spéciale de spéléologie a été dépêchée pour fouiller des cavités près du domicile, ainsi que l’ancien lavoir à charbon de Blaye-les-Mines. Mais ce pays minier du Tarn est perclus de cavités et les bois environnants, où des battues ont été organisées, s’étagent sur gros dénivelés ce qui rend les fouilles encore plus laborieuses.

Publié dans Articles de Presse

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