Disparition de Delphine Jubillar : l'arrestation de Séverine, un an après, est une "coïncidence"

Publié le par France Bleu par Jeanne-Marie Marco, France Bleu Occitanie

Christine Khaznadar, ancienne juge d'instruction, a réagi à l'arrestation de Séverine Longhini la nouvelle compagne de Cédric Jubillar pile un an après la disparition de Delphine dans le Tarn. Le calendrier n'est qu'une "coïncidence" selon la déléguée régionale de l'USM.

La perquisition du domicile de Séverine, compagne actuelle de Cédric Jubillar © Maxppp - Marie-Pierre Volle

La perquisition du domicile de Séverine, compagne actuelle de Cédric Jubillar © Maxppp - Marie-Pierre Volle

L'arrestation de Séverine Longhini ce mercredi 15 décembre, précisément un an après la disparition de Delphine Jubillar de Cagnac-les-Mines, est-elle une pure coïncidence ? Oui répond l'ancienne juge d'instruction Christine Khaznadar, par ailleurs déléguée régionale de l'Union Syndicale des Magistrats (USM). Elle était l'invitée de la matinale de France Bleu Occitanie ce jeudi. Interview.

L'arrestation de cette femme, précisément un an après la disparition de Delphine Jubillar, est un pur hasard selon vous ?

Les services d'enquête et les juges d'instruction ne travaillent pas en fonction de dates anniversaires. Il s'agit là je pense d'une coïncidence. De toute façon, dans l'enquête, des actes sont faits nécessairement de façon très régulière et je ne pense pas que les enquêteurs se soient dit "tiens précisément nous sommes à date anniversaire on va faire une garde à vue". Ce n'est pas du tout le système de fonctionnement.

Vous estimez que l'ampleur de cette affaire est inédite ? 

De toute façon s'agissant d'un meurtre présumé avec un corps qui n'a pas été retrouvé, c'est forcément une enquête qui est très difficile. Donc le fait qu'il faille un an d'enquête et que le mystère ne soit pas résolu, c'est comparable à d'autres enquêtes, la durée n'est pas anormale compte tenu de la difficulté.

On vous a invitée parce que les magistrats que vous représentez ont manifesté hier à Toulouse et partout en France pour réclamer des moyens "dignes". Nous sommes pourtant bien lotis à Toulouse, non ?

Effectivement, à Toulouse, il y a eu une augmentation des effectifs assez importante cette année. La difficulté c'est que la circulaire qui fixe les effectifs de magistrats et de fonctionnaires ne tient absolument pas compte de l'explosion de la population de Toulouse. Donc de toute façon, nous sommes toujours en retard et l'écart est absolument énorme par rapport aux normes européennes, il est encore plus creusé que dans d'autres juridictions.

Vous estimez qu'il manque combien de juges et greffiers à Toulouse ? 

Par rapport aux normes européennes, je pense qu'on peut multiplier par deux. Même par trois ou par quatre, selon qu'il s'agisse de magistrats du siège ou du parquet.

Hasard du calendrier, Éric Dupond-Moretti le ministre de la Justice inaugure ce jeudi la nouvelle cour administrative d'appel à Toulouse. Vous allez l'interpeller sur ce manque de moyens ?

Écoutez, j'ai demandé à être invitée. J'ai mentionné que j'étais déléguée régionale de l'USM et il semblerait que le fait d'être syndiquée fait que je n'ai pas été invitée donc je ne pourrai pas l'interpeller directement. J'aurais souhaité lui demander quelque chose demandé de longue date à savoir l'alignement du statut des magistrats du parquet sur celui du siège.

Publié dans Articles de Presse

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