Disparition de Delphine Jubillar : un an après, Cagnac-les-Mines entre pression médiatique et inquiétudes

Publié le par France Bleu par Pascale Danyel, France Bleu Occitanie, France Bleu

L'infirmière tarnaise Delphine Jubillar est portée disparue depuis la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Ses amis organisent une marche ce dimanche à Cagnac-les-Mines. Dans cette petite commune de 2500 âmes située sur les hauteurs d'Albi, les habitants vivent au rythme de la médiatisation de l'affaire.

Devant le domicile des Jubillar le 14 décembre 2021. © Radio France - Pascale Danyel

Devant le domicile des Jubillar le 14 décembre 2021. © Radio France - Pascale Danyel

Delphine Jubillar est portée disparue depuis la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Son mari Cédric Jubillar est mis en examen pour meurtre aggravé et écroué à la maison d'arrêt de Seysses depuis le 18 juin 2020. Le corps de la mère de famille n'a pas été retrouvé. Ses amis restent mobilisés et organisent une marche dimanche prochain à Cagnac-les-Mines. Dans cette petite commune de 2500 âmes située sur les hauteurs d'Albi, les habitants ne comptent plus les visites des journalistes.

Pression médiatique

Caméras plantées devant le domicile des Jubillar, appareils photos sortis pour capter l'avis de disparition placardé devant la mairie, micros brandis devant la Poste, le distributeur de billets, le bureau de tabac, depuis un an les médias font partie intégrante du paysage cagnacois. Sissi habite la rue principale de la commune, entre attirance et répulsion, elle aime être informée du moindre déroulé de l'affaire Jubillar mais les sollicitations des médias l'agacent aussi  :  "les médias on les voit trop, il y en a une la semaine dernière c'est presque comme si elle me galopait derrière, il faut arrêter un peu !"

Micros sortis pour recueillir les témoignages, coups de fil également comme ceux passés à Gwen, la boulangère de Cagnac : "de Paris ! Une personne essaye de me contacter pour les un an, l'anniversaire, c'est pour avoir le ressenti de la population, sauf que moi je n'ai pas de retour".

Cagnac sous les feux des projecteurs, Cagnac devenue bien malgré elle destination pour curieux raconte Sissi : "il y a un monsieur la semaine dernière qui venait de Toulouse et qui cherchait à aller vers la maison de Delphine Jubillar". 

    Des curieux y'en a beaucoup, partout. Y'en a ras-le-bol - Sissi, Cagnacoise

Ce mardi en mairie, consigné était donnée aux élus comme au personnel de n'accepter aucune interview.

Devant le bureau de tabac de Cagnac-les-Mines. © Radio France - Pascale Danyel

Devant le bureau de tabac de Cagnac-les-Mines. © Radio France - Pascale Danyel

Tout le contraire d'une ambiance de fêtes

La photo de Delphine Jubillar est placardée partout dans le centre bourg : devant le bureau de tabac, la pharmacie, la mairie...  On y voit le doux visage de l'infirmière et ces quelques mots : "1 an que tu as disparu". Les habitants comme Charles trouvent le temps long : 

    C'est pénible, on voudrait savoir ce qu'il s'est passé, ça fatigue tout le monde dans le village - Charles

D'après Sissi l'ambiance à Cagnac s'en ressent : "les gens sont plus froids, plus réservés". Charles surenchérit : "les gens voudraient que ce soit comme avant, plus calme."

La boulangère s'étonne du silence des clients sur le sujet :

    Les clients n'ont pas envie d'en parler. Pour le moral en pleine période de fêtes c'est pas forcément bon - Gwen, la boulangère

Une nouvelle marche pour Delphine Jubillar est organisée ce dimanche 19 décembre au départ du lac. La précédente marche six mois après la disparition de l'infirmière avait recueilli un peu moins de 100 personnes.

Devant la mairie de Cagnac. © Radio France - Pascale Danyel

Devant la mairie de Cagnac. © Radio France - Pascale Danyel

Publié dans Articles de Presse

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