Disparition de Delphine Jubillar : un an après, où en est l’enquête ?

Publié le par Ouest-France par Solène Agnès

Un an après la disparition, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines (Tarn), de Delphine Jubillar, l’enquête piétine. Le corps de la jeune infirmière n’a toujours pas été retrouvé et son mari, Cédric Jubillar, mis en examen en juin, continue de nier le meurtre.

La maison de Delphine et Cédric Jubillar, ici photographiée le 22 décembre 2020, à Cagnac-les-Mines (Tarn), a été perquisitionnée plusieurs fois en un an. | AFP

La maison de Delphine et Cédric Jubillar, ici photographiée le 22 décembre 2020, à Cagnac-les-Mines (Tarn), a été perquisitionnée plusieurs fois en un an. | AFP

Delphine Jubillar, jeune infirmière de 33 ans et mère de deux enfants, a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Elle « serait partie seule à pied dans la nuit », avait indiqué le procureur d’Albi après quelques jours de recherches dans le cadre d’une enquête pour « disparition inquiétante », ajoutant qu’au « petit matin » son mari « se serait aperçu que sa femme n’était plus au domicile », signalant alors la disparition.

Le 23 décembre, une enquête contre X pour « arrestation, enlèvement, détention ou séquestration arbitraire » est ouverte, la piste criminelle étant privilégiée. Une cellule d’enquête composée de dix gendarmes est alors créée. Six mois plus tard, le 16 juin, le mari, Cédric Jubillar, est placé en garde à vue avant d’être mis en examen pour « homicide volontaire par conjoint », le 18 juin, mais l’homme nie toute implication.

Un an après la disparition, où en est l’enquête ?

Le corps de Delphine Jubillar toujours recherché

Un an après sa disparition, Delphine Jubillar n’a toujours pas été retrouvée. Des recherches ont pourtant été menées à 10 kilomètres à la ronde dès les premiers jours de la disparition, impliquant des dizaines de gendarmes, un hélicoptère et un drone.

Le 24 décembre 2020, une perquisition au domicile du couple n’avait permis « aucune découverte intéressante », selon la procureure adjointe du parquet de Toulouse. La maison de 100 m2 a également été passée au Bluestar, un produit permettant de révéler des taches de sang invisibles à l’œil nu.

Les lacs et rivières des environs, dont le Tarn, ont été sondés par des plongeurs de la gendarmerie. Les battues citoyennes, rassemblant des centaines de personnes, n’ont pas non plus permis de faire avancer l’enquête.

Tout au long de l’année, les recherches se sont poursuivies dans le village. Une équipe cynophile s’est notamment rendue sur place en mai, d’autres battues ont été organisées, ainsi que plusieurs perquisitions au domicile du couple.

Début octobre, des gendarmes du Groupe des spéléologues de la gendarmerie nationale ont réalisé des fouilles souterraines autour de la maison, qui n’auraient, à leur tour, rien donné.

Cédric Jubillar reste le suspect numéro un

Cédric Jubillar, le mari de Delphine Jubillar, peintre plaquiste de 34 ans, a été mis en examen et incarcéré en juin sur la base de plusieurs éléments. La thèse de l’accident a été écartée par les enquêteurs, à l’issue des recherches poussées dans les environs. De même que celle selon laquelle Delphine Jubillar serait partie d’elle-même. L’hypothèse d’une dispute au sein du couple est privilégiée. Plusieurs témoins disent avoir entendu des cris ce soir-là.

Plusieurs autres éléments sont pris en considération : le fait que Cédric Jubillar ait lancé une machine à laver, contenant une couette, à l’arrivée des gendarmes, alors que l’état d’entretien de l’habitation était « extrêmement négligé », selon le procureur. Mais aussi le véhicule du couple, qui aurait été déplacé dans la nuit, car il n’était pas garé comme Delphine Jubillar le faisait habituellement et présentait une trace de condensation malgré une vitre ouverte. Ou encore le podomètre du téléphone de Cédric Jubillar, qui n’affichait que 40 pas, faisant douter les enquêteurs des recherches qu’il aurait effectuées pour trouver sa femme.

Mais Cédric Jubillar clame son innocence. Il a d’ailleurs plusieurs fois demandé à être remis en liberté, mais ces demandes ont toutes été rejetées. Le dernier rejet date du 22 novembre 2021. Une nouvelle demande de remise en liberté a été formulée par ses avocats le 7 décembre.

À l’issue de la dernière audition de Cédric Jubillar, le 3 décembre, sa troisième avocate, Emmanuelle Franck, a estimé que la « piste de Cédric Jubillar » était « épuisée ». « Je crois qu’il est maintenant grand temps que la justice s’intéresse à d’autres pistes », a-t-elle dit.

Publié dans Articles de Presse

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