Gabriel Boric élu président du Chili: «on entre dans une période qui va être politiquement très clivée»

Publié le par RFI par Marion Cazanove

Le nouveau président chilien Gabriel Boric prendra ses fonctions en mars prochain. Il a remporté hier l’élection en battant le candidat de l’extrême-droite, José-Antonio Kast. Une élection historique : à 35 ans, le député de gauche sera le plus jeune président de l’histoire du pays, le taux de participation a aussi battu des records.

Le nouveau président chilien Gabriel Boric salue ses partisans après avoir prononcé son discours de victoire, à Santiago, le 19 décembre 2021. © MARTIN BERNETTI / AFP

Le nouveau président chilien Gabriel Boric salue ses partisans après avoir prononcé son discours de victoire, à Santiago, le 19 décembre 2021. © MARTIN BERNETTI / AFP

Pourtant en tête lors du premier tour, José-Antonio Kast, défenseur historique du dictateur Pinochet, n’aura pas su convaincre les indécis. Son adversaire Gabriel Boric a remporté le scrutin avec près de 56 % des suffrages. « Le phénomène qui a fait pencher la balance, sans aucun doute, c’est cette participation extrêmement élevée », explique Olivier Compagnon, professeur d’histoire contemporaine à l’Institut des Hautes études d’Amérique latine, invité de RFI. Plus de 8 millions de Chiliens se sont déplacés lors du second tour pour élire leur président, un record. Cela représente un million de personnes en plus par rapport au premier tour, où 53 % des électeurs s’étaient abstenus. « Boric a eu la capacité de faire sortir des classes populaires, et aussi des jeunes ». Pour l’historien, les propositions anti-migrants et anti-avortement de José-Antonio Kast ont également participé à la victoire du candidat de la gauche.

La victoire de Gabriel Boric a donné lieu le dimache 19 décembre 2021 à des scènes de liesse dans le pays, notamment dans la capitale, Santiago. Pour Olivier Compagnon, malgré la joie des sympathisants de Boric, les Chiliens sont loin d’être unis. « Je crois qu’on entre dans une période qui va être politiquement très clivée », affirme l’historien. Le président rencontrera de nombreux obstacles, dans les milieux industriels et financiers, avec ses projets de réforme fiscale et des retraites, mais aussi au sein du Parlement, très fragmenté. « La coalition progressiste dont Boric était le candidat n’a pas de majorité, donc il va falloir négocier », analyse Olivier Compagnon. Autre difficulté que rencontrera le président Boric : le contexte économique. Les prévisions de croissance pour 2022-2023 sont très faibles.

Publié dans Articles de Presse

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