Mexique : Vicente Fernandez, le "Sinatra des mariachis" aux 70 millions d'albums vendus, est mort à 81 ans

Publié le par franceinfo Culture avec agences France Télévisions Rédaction Culture

Le Mexique est en deuil : son roi de la chanson populaire et star des orchestres "mariachi", Vicente Fernandez, est mort dimanche, jour du pèlerinage à la vierge de Guadalupe, la sainte patronne du pays.

Le chanteur Vicente Fernandez en concert au Gibson Amphitheater d'Universal City (en Californie) le 12 décembre 2012. (LEOPOLDO PENA / MAXPPP)

Le chanteur Vicente Fernandez en concert au Gibson Amphitheater d'Universal City (en Californie) le 12 décembre 2012. (LEOPOLDO PENA / MAXPPP)

Vicente Fernandez, le crooner aux sombreros et aux romances qui ont bercé des soirées de fête et des générations de coeurs brisés du Mexique à l'Argentine s'est éteint ce dimanche 12 décembre à 81 ans dans un hôpital de Guadalajara, la deuxième ville du pays, a indiqué sa famille sur Instagram. 

70 millions de disques en cinquante ans 

Le maître absolu des "rancheras", chansons sur les tourments de l'amour à plusieurs guitares et inévitables trompettes, était hospitalisé depuis une chute début août dans son ranch près de Guadalajara, capitale de l'état du Jalisco, berceau de la tequila et fief du plus dangereux cartel de la drogue en activité.

L'interprète sentimental et macho assumé de Por tu maldito amor (Pour ton amour maudit) et de la très aigre-douce Que te vaya bonito (Je te souhaite le meilleur) a vendu 70 millions de disques en cinquante ans d'une carrière couronnée par trois Grammys et neuf "Latin Grammys".

Icône d'un Mexique tout en ombres et lumières, raffiné et violent, "Chente" avait connu le drame de sa vie pendant une tournée en 1998 quand son fils Vicente Fernandez Jr avait été enlevé pendant 121 jours contre une demande de rançon de 10 millions de dollars par une bande criminelle qui lui a coupé deux doigts. Un de ses autres fils aurait été l'ami d'un capo du cartel de Sinaloa, selon la journaliste argentine Olga Wornat qui vient de publier une biographie non-autorisée par la famille, El ultimo rey (le dernier roi).

Icône macho "d'une autre époque"

Avec ses bottes, ses favoris, ses sourcils épais et sa moustache, le "Sinatra de la musique ranchera" -comme l'a surnommé le journal américain The Houston Chronicle en 1991- vouait une haine féroce à l'un de ses rivaux décédés en 2016, Juan Gabriel, "parce qu'il était gay et Chente était un homme d'une autre époque", ajoute Olga Wornat.

Très symboliquement, Fernandez tire sa révérence le jour où des dizaines de milliers de pèlerins convergent vers le sanctuaire de la vierge de Guadalupe à Mexico, source d'inspiration des orchestres mariachis. Et le jour où un club de football de Guadalajara, Atlas, va tenter de gagner son premier titre depuis des décennies dimanche soir.

Entre autres multiples premières réactions, le président Andres Manuel Lopez Obrador a salué un "symbole de la musique ranchera de notre temps, connu et reconnu au Mexique et à l'étranger".

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