Olaf Scholz, héritier en trompe-l'oeil d'Angela Merkel

Publié le par Les Echos par Ninon Renaud (Correspondante à Berlin)

Cultivant son profil sobre et expérimenté, le candidat des sociodémocrates creuse l'écart avec l'Union CDU-CSU. Son succès dépendra de sa capacité à calmer les aspirations radicales de sa base électorale.

Selon le dernier sondage de l'institut Insa pour le tabloïd Bild am Sonntag, le SPD a gagné un point à 25 %, creusant l'écart avec l'Union CDU-CSU qui perd un point, à 20 % (imago images/Jan Huebner via Reu)

Selon le dernier sondage de l'institut Insa pour le tabloïd Bild am Sonntag, le SPD a gagné un point à 25 %, creusant l'écart avec l'Union CDU-CSU qui perd un point, à 20 % (imago images/Jan Huebner via Reu)

Les partenaires politiques d'Angela Merkel lui ont beaucoup reproché de les avoir empêchés d'exister, voire de s'être arrogé leurs propres réalisations. A 63 ans, son vice-chancelier, Olaf Scholz, sera-t-il le premier à faire de sa cohabitation avec la chancelière un tremplin vers le pouvoir suprême ? A mesure que se rapproche le scrutin du 26 septembre, le scénario de sa victoire gagne en crédibilité .

Selon le dernier sondage de l'institut Insa pour le tabloïd « Bild am Sonntag », le SPD a gagné un point à 25 %, creusant l'écart avec l'Union CDU-CSU qui perd un point, à 20 %. Quant aux Verts, ils stagnent à 16 %, talonnés par les libéraux (13 %).

« Voleur d'héritage »

Au sein de l'Union CDU-CSU, la fébrilité est palpable. La stratégie d'Olaf Scholz de s'instituer en héritier tout en retenue de la chancelière fait grincer des dents. L'ancien maire de Hambourg n'a, comme Angela Merkel, pas d'enfant et il connaît bien la ville hanséatique où elle est née. Mais le président de la CSU, le bavarois Markus Söder, l'a récemment accusé d'être un « voleur d'héritage ».

Non sans humour, Olaf Scholz avait posé en couverture du magazine du « Süddeutsche Zeitung » avec les mains en forme de losange, comme la chancelière. Au sein du SPD, il incarne l'aile droite du parti : celui qui fut ministre du Travail durant la crise financière défend encore le paquet de réformes du marché du travail baptisé « Hartz IV ». Mis en place par l'ancien chancelier sociodémocrate Gerhard Schröder au début des années 2000, il est pourtant honni par la base de son parti.

Il rassure la droite

Longtemps accusé d'être froid et technocrate, l'expérimenté vice-chancelier milite pour une hausse d'impôt des plus fortunés. Mais il rassure une partie de l'électorat de la CDU, affolé par l'impopularité croissante de son candidat, Armin Laschet. Au sein du SPD, la perspective d'une victoire, inespérée il y a quelques mois, a par ailleurs fait taire toute critique contre Olaf Scholz, au point de ne plus voir d'autre visage sur les affiches de campagne que la sienne.

Les aspirations de la base du parti représentent son talon d'Achille. « Il y a une énorme différence entre Olaf Scholz et moi, a souligné Angela Merkel la semaine dernière. Avec moi comme Chancelière, il n'y aura jamais de coalition dans laquelle la gauche radicale est impliquée. la question reste ouverte avec Scholz », a-t-elle prévenu.

Le candidat social-démocrate a implicitement exclu un tel scénario en soulignant qu'une coalition serait impossible avec un parti ne reconnaissant pas la légitimité de l'Otan . Il a dit son souhait de s'associer aux Verts mais il faudrait, pour former une majorité, rallier aussi les libéraux, voire la CDU. Une perspective peu engageante pour les tenants d'un virage à gauche. La partie n'est pas acquise pour Olaf Scholz.

Publié dans Articles de Presse

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