Omar Raddad : les dates clés d'une affaire controversée

Publié le par Le Progrès par la rédaction avec AFP

La justice se prononce jeudi sur la requête en révision d'Omar Raddad, ancien jardinier marocain condamné pour le meurtre en 1991 d'une riche veuve, Ghislaine Marchal. Retour sur les grandes dates d'une affaire judiciaire à rebondissements.

Omar Raddad en 2008. Photo Mehdi FEDOUACH/AFP1 /1

Omar Raddad en 2008. Photo Mehdi FEDOUACH/AFP1 /1

Omar Raddad s'approche-t-il d'un nouveau procès ? La justice se prononce ce jeudi sur la requête en révision de l'ancien jardinier marocain condamné pour le meurtre en 1991 d'une riche veuve, Ghislaine Marchal, qu'il nie farouchement depuis trente ans.

La commission d'instruction de la Cour de révision, qui a examiné à huis clos cette demande le 25 novembre, doit rendre sa décision à 14 heures, lors d'un prononcé là aussi non public. Désigné par l'inscription « Omar m'a tuer », tracée avec le sang de la victime sur la scène de crime, l'ex-jardinier avait essuyé un premier rejet d'une demande de révision en 2002. On fait le point sur les grandes dates de l'une des affaires criminelles les plus célèbres et les plus controversées de France.

23 juin 1991 : le meurtre d'une riche veuve

Le 23 juin 1991, la veuve d'un industriel en équipements pour l'automobile, Ghislaine Marchal, 65 ans, est tuée à coups de chevron de bois et de couteau. Une importante somme d'argent est dérobée dans son sac.

Son corps est découvert le lendemain dans une pièce en sous-sol de sa villa de Mougins (dans les Alpes-Maritimes) dont la porte a été barricadée et où l'on trouve deux inscriptions en lettres de sang : « Omar m'a tuer » et « Omar m'a T. ». 

27 juin 1991 : Omar Raddad inculpé

Omar Raddad, jeune jardinier marocain employé depuis 1987 par Ghislaine Marchal, est inculpé d'homicide volontaire le 27 juin et écroué à Grasse. Il conteste les faits qui lui sont reprochés.

Le 23 août 1991, les résultats d'une première expertise graphologique sur les inscriptions tendent à prouver qu'elles sont bien de la main de la victime.

2 février 1994 : 18 ans de réclusion criminelle

Le 2 février 1994, la cour d'assises des Alpes-Maritimes déclare Omar Raddad coupable du meurtre. Le jardinier défendu par Me Jacques Vergès continue de clamer son innocence. Il est condamné à 18 ans de réclusion criminelle.

Le 9 mars 1995, le pourvoi en cassation est rejeté.

23 mai 1996 : une grâce partielle

Le 23 mai 1996, le président Jacques Chirac signe un décret pour accorder une grâce partielle à Omar Raddad : sa peine est réduite de quatre ans et huit mois.

Omar Raddad est libéré le 4 septembre 1998 de la centrale de Muret (en Haute-Garonne) après avoir purgé plus de sept ans de prison.

27 janvier 1999 : une première demande de révision

Le 27 janvier 1999, Me Vergès dépose une requête en révision portant notamment sur l'absence de recherches d'empreintes sur le chevron de bois, sur la destruction de photos et sur les expertises graphologiques.

Octobre 2000 à février 2001 : de nouvelles expertises

Le 31 octobre 2000, deux graphologues désignés par la commission de révision de la Cour de cassation mettent en doute l'identité de l'auteur de l'inscription. « Il n'est pas sûr que ce soit Mme Marchal qui ait écrit 'Omar m'a tuer' », estiment-ils.

Le 27 décembre, une nouvelle expertise de police scientifique conclut que la trace de main ensanglantée accompagnant l'inscription « Omar m'a tuer » est faite du sang de Ghislaine Marchal mêlé à un sang masculin.

Une analyse détermine le 20 février 2001 que cet ADN masculin n'est pas celui d'Omar Raddad.

20 novembre 2002 : un refus de rejuger

Le 20 novembre 2002, la Cour de révision rejette la demande d'un nouveau procès, estimant que la défense d'Omar Raddad n'a pas apporté d'élément nouveau suffisant pour un procès en révision.

5 octobre 2015 : de nouvelles traces d'ADN découvertes

Des traces d'ADN exploitables sont mises en évidence sur de nouveaux prélèvements effectués à la demande de la nouvelle avocate d'Omar Raddad, Me Sylvie Noachovitch, annonce le 5 novembre 2015 le parquet de Nice. Ces investigations s'appuient sur la loi du 20 juin 2014 assouplissant les critères de révision d'un procès.

Le 10 octobre 2016, les analyses concluent que ces nouvelles traces d'ADN ne sont pas celles d'Omar Raddad. Ces nouvelles empreintes génétiques correspondent à quatre hommes non-identifiés, deux empreintes parfaitement exploitables et deux autres partiellement, trouvées sur deux portes et un chevron de la scène du crime.

24 juin 2021 : une nouvelle requête en révision

Le 24 juin 2021, trente ans après le meurtre, Me Noachovitch dépose une nouvelle requête en révision sur la base de nouvelles analyses de ces traces d'ADN. Selon un rapport d'expert de 2019, ces dernières renforcent l'hypothèse d'un dépôt des empreintes au moment des faits, et non d'une « pollution » ultérieure, notamment par les enquêteurs.

La recevabilité de cette requête est examinée à huis clos le 25 novembre par la commission d'instruction de la Cour de révision. La décision est attendue ce jeudi.

Publié dans Articles de Presse

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