Sergueï Lavrov et Antony Blinken, un tête-à-tête sur fond de tensions en Ukraine

Publié le par France 24 avec AFP

Les ministres américain et russe des Affaires étrangères ont eu, jeudi, un face-à-face tendu en Suède, en marge d'une conférence sur la sécurité européenne. Ils ont échangé avertissements et menaces au sujet de l'Ukraine tout en assurant vouloir résoudre la crise par la diplomatie. 

Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, lors d'une rencontre à Reykjavik, le 19 mai 2021. Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, lors d'une rencontre à Reykjavik, le 19 mai 2021. © AP (Archives)

Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, lors d'une rencontre à Reykjavik, le 19 mai 2021. Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, lors d'une rencontre à Reykjavik, le 19 mai 2021. © AP (Archives)

En pleine escalade sur l'Ukraine, le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, et son homologue russe, Sergueï Lavrov, se sont retrouvés , jeudi 2 décembre, en Suède, en marge d'une réunion de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). 

"Nous sommes profondément préoccupés par les plans de la Russie en vue d'une nouvelle agression contre l'Ukraine", a lancé Antony Blinken à côté de son homologue russe, Sergueï Lavrov, reprenant ses accusations de la veille, lorsqu'il avait évoqué pour la première fois des "preuves" de tels préparatifs d'invasion. "Si la Russie décide de continuer sur la voie de la confrontation, elle subira de graves conséquences", a-t-il prévenu, après avoir menacé, mercredi, de sanctions douloureuses.

Antony Blinken a toutefois aussi fait mine de tendre la main, se disant prêt à "faciliter" la mise en œuvre des accords de Minsk, conclus après l'annexion russe de la Crimée en 2014 pour régler le conflit dans l'est de l'Ukraine, entre les forces de Kiev et les séparatistes prorusses, mais qui n'ont jamais vraiment été appliqués.

Après avoir énuméré les clauses de ces accords que Moscou n'a, à ses yeux, pas respectées, l'Américain a ajouté : "la meilleure manière de prévenir une crise, c'est la diplomatie". 

Lavrov évoque un "scénario cauchemar"

À la tribune de la rencontre ministérielle de l'Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OCSE) qui, hasard du calendrier, réunit, jeudi, les deux puissances rivales ainsi que l'Ukraine, en banlieue de Stockholm, Antony Blinken avait appelé la Russie à la "désescalade" et à retirer les troupes récemment amassés, selon les Occidentaux, à la frontière ukrainienne.

"Le scénario cauchemar de la confrontation militaire" est en train de faire son retour en Europe, a mis en garde Sergueï Lavrov, qui a accusé l'Otan de "rapprocher son infrastructure militaire des frontières russes".

Le ministre russe s'est de nouveau opposé à tout nouvel élargissement de l'Alliance atlantique vers l'Est européen - et donc à l'Ukraine -, mais il a aussi assuré vouloir donner une chance au dialogue.

"Nous sommes intéressés dans des efforts communs en vue de la résolution de la crise ukrainienne", a-t-il plaidé. "Nous y sommes prêts." Malgré un ton cordial, la rencontre s'est tenue dans un climat explosif.

 Lors d'une réunion de l'Otan à Riga mercredi, Antony Blinken avait accusé le président russe, Vladimir Poutine, de "mettre en place la capacité" pour envahir "rapidement" l'Ukraine s'il décidait de passer à l'acte. Et avait menacé de riposter par "une série de mesures économiques à impact élevé" que Washington s'est "retenu d'utiliser par le passé" contre la Russie.

Une éventuelle invasion hivernale

Jeudi, le secrétaire d'État a aussi rencontré, dans la capitale suédoise, son homologue ukrainien, Dmytro Kouleba, qui a réitéré sa demande d'un "train de mesures dissuasives" pour que le président Poutine "réfléchisse à deux fois avant de recourir à la force militaire".

Kiev et ses alliés occidentaux tirent, depuis novembre, la sonnette d'alarme concernant un nouveau renforcement des troupes russes aux frontières de l'Ukraine et une éventuelle invasion hivernale.

Moscou, qui s'est emparé de la Crimée et est accusé de soutenir les séparatistes, a nié préparer une attaque. Le Kremlin a encore affirmé, jeudi, que la volonté affichée par les autorités ukrainiennes de récupérer la Crimée était "une menace directe adressée à la Russie".

Ces tensions se sont poursuivies sur le terrain pendant les réunions diplomatiques.

Un soldat ukrainien a été tué sur la ligne de front, mercredi 1er décembre, dans des échauffourées avec les séparatistes prorusses, selon l'armée, tandis que Moscou a affirmé avoir arrêté trois espions ukrainiens, dont l'un est accusé d'avoir préparé une "attaque" à l'explosif.

Prévue de longue date, la réunion de l'OSCE "arrive à un moment crucial", a constaté l'ambassadeur américain auprès de l'organisation Michael Carpenter, avec la multiplication des tensions aux marches de l'Europe.

Outre l'Ukraine, ces dernières semaines ont été marquées par la crise des migrants aux frontières du Bélarus et de l'Union européenne et par une brève résurgence des affrontements entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan - tous des membres de l'OSCE.

Publié dans Articles de Presse

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