Le criminel nazi présumé Laszlo Csatary, est mort en Hongrie

Publié le par franceinfo Radio France

Son nom était en tête de la liste des criminels de guerre nazis présumés les plus recherchés au monde du Centre Simon-Wiesenthal : Laszlo Csatary est mort dans un hôpital de Budapest à l'âge de 98 ans. Son procès pour crime contre l'humanité n'aura jamais lieu.

Franceinfo (Franceinfo)

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Un vieil homme à casquette. Un grand-père tout ce qu'il y a de respectable. C'est comme ça qu'est apparu Laszlo Csatary aux yeux du monde il y a un an. Débusqué par le journal The Sun et le Centre Simon-Wiesenthal, il coulait des jours tranquilles en Hongrie, jamais inquiété par les autorités pour les crimes nazis qui lui étaient attribués : la déportation de 15.700 personnes pendant la 2ème guerre mondiale.

Au mois de juillet, son procès pour crimes contre l'humanité avait été reporté sine die car il ne s'était pas présenté devant le juge. Assigné à résidence à Budapest, il finit ses jours là où il s'est caché pendant 15 ans après avoir fuit au Canada à la fin de la guerre.

"Je n'ai rien fait, partez d'ici !"

En juillet 2012, quand les journalistes du Sun frappent à la porte de son appartement, il leur claque la porte au nez : "Je n'ai rien fait, partez d'ici ! " Pourtant, les informations des enquêteurs britanniques sont fiables. Le Centre Simon-Wiesenthal a identifié Laszlo Csatary comme l'ancien chef de la police dans le ghetto de Kosice, aujourd'hui situé en Slovaquie. Efraïm Zuroff, le directeur de l'antenne israélienne du centre Simon Wiesenthal, lui-même spécialiste de la traque des nazis, raconte que Laszlo Csatary traitait les juifs du ghetto avec cruauté , fouettant les femmes et les forçant à creuser des tranchées à mains nues. Dans ce ghetto, 15.700 juifs ont été assassinés ou déportés vers le camp d'extermination d'Auschwitz.

En 1948, Laslo Csatary avait été condamné à mort par contumace par un tribunal tchécoslovaque, verdict commué en détention à perpétuité après la suppression de la peine de mort. Une semaine après avoir été débusqué par les journalistes du Sun , les autorités hongroises avaient fini par l'arréter le 18 juillet 2012.

Selon Serge Klarsfled, l'historien, "chasseur" de nazis, ce décès illustre bien la difficulté de juger les criminels nazis aujourd'hui, soit par l'âge avancé des personnes recherchées, soit par la difficulté de prouver les crimes dont ils sont accusés.

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