Qui a trahi et dénoncé Anne Frank en 1944 ? Un livre-enquête désigne un coupable

Publié le par Paris-Normandie

Anne Frank est morte en déportation en 1945 - AFP

Anne Frank est morte en déportation en 1945 - AFP

Le notaire, Arnold Van den Bergh, pourrait avoir révélé où se cachait la famille Frank à Amsterdam, affirme l’auteur d’une enquête de six ans sur cette affaire non élucidée, dont les résultats ont été publiés dans le livre Qui a trahi Anne Frank ? de l’auteure canadienne Rosemary Sullivan, qui paraît mardi 18 janvier en français aux éditions HarperCollins (420 pages, 19 euros).

Les preuves contre M. Van den Bergh ont été étayées par des techniques modernes ainsi qu’une lettre anonyme envoyée au père d’Anne Frank après la Seconde Guerre mondiale identifiant le notaire comme un traître.

Enquête pour résoudre ce « cold case »

L’adolescente, connue dans le monde entier depuis la publication de son journal intime rédigé entre 1942 et 1944 alors qu’elle et sa famille se cachaient dans un appartement clandestin à Amsterdam, a été arrêtée en 1944 et est morte l’année suivante, à l’âge de 15 ans, dans le camp de concentration de Bergen-Belsen. Différentes théories ont circulé sur ce qui avait mené au raid qui a révélé l’annexe où se cachait la famille.

En 2016, Vince Pankoke, détective à la retraite du FBI, a été enrôlé par un réalisateur de documentaires néerlandais pour diriger une équipe chargée de résoudre ce « cold case ». Le nom de Van den Bergh, décédé en 1950, avait jusqu’ici reçu peu d’attention. Le notaire était un membre fondateur du Conseil juif, organe administratif que les nazis ont utilisé afin d’organiser les déportations.

Selon les enquêteurs, sa famille bénéficiait d’une exemption de déportation, et celle-ci avait été révoquée au moment de la trahison des Frank, mais la déportation n’avait finalement pas eu lieu. Le notaire disparut des radars à la fin de la guerre, à laquelle il a survécu ainsi que le reste de sa famille.

La maison où la famille d’Anne Frank était cachée est devenue un musée à Amsterdam - Photo Pixabay

La maison où la famille d’Anne Frank était cachée est devenue un musée à Amsterdam - Photo Pixabay

Lettre reçue par le père d’Anne Franck

Mais l’élément le plus convaincant a été le sérieux avec lequel Otto Frank a traité l’allégation, ont indiqué les médias néerlandais. Le père d’Anne a déclaré aux enquêteurs en 1964 qu’il avait reçu une lettre peu après la guerre nommant Van den Bergh comme celui qui avait trahi les Frank et plusieurs autres familles juives.

Une copie faite par M. Frank de la lettre a été retrouvée par les enquêteurs dans les archives d’un policier. « Nous n’avons pas de pistolet fumant, mais nous avons une arme chaude avec des douilles vides à côté », a déclaré M. Pankoke, cité par la chaîne publique néerlandaise NOS.

Le musée de la Maison d’Anne Frank s’est dit « impressionné » par l’enquête menée par le détective à la retraite du Bureau fédéral d’enquête Vince Pankoke, mais a souligné qu’une enquête plus approfondie était nécessaire. « Vous devez être très prudent avant d’inscrire quelqu’un dans l’histoire comme celui qui a trahi Anne Frank si vous n’êtes pas sûr à 100 ou 200 % de cela », a souligné Ronald Leopold, directeur exécutif de la Maison d’Anne Frank, auprès de l’AFP.

D’autres experts se sont montrés plus critiques. « Un non-sens diffamatoire », a même réagi avec virulence Bart van der Boom, professeur à l’université de Leiden, auprès de la télévision publique NOS. « Ils (les enquêteurs) disent qu’il ne se cachait pas, donc il a dû acheter sa sécurité d’une autre manière. Mais ils ne savent tout simplement pas où il était », a-t-il souligné.

La petite-fille de M. Van den Bergh, qui a parlé aux chercheurs de son histoire familiale, a été informée de leurs découvertes le week-end dernier. Elle a refusé de commenter l’affaire à la NOS.

Publié dans Articles de Presse

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