Ukraine : Moscou promet « les conséquences les plus graves » si ses demandes sont ignorées

Publié le par Le Point avec AFP

Les chefs de la diplomatie russe et américaine, Sergueï Lavrov et Antony Blinken, se sont retrouvés à Genève pour tenter de désamorcer la crise ukrainienne.

Les chefs de la diplomatie russe et americaine, Serguei Lavrov et Antony Blinken, se retrouvent vendredi a Geneve pour une ultime tentative de desamorcer la crise ukrainienne, apres un intense ballet diplomatique qui avait commence il y a 11 jours, deja a Geneve, entre leurs adjoints. (image d'illustration) Les chefs de la diplomatie russe et américaine, Sergueï Lavrov et Antony Blinken, se retrouvent vendredi à Genève pour une ultime tentative de désamorcer la crise ukrainienne, après un intense ballet diplomatique qui avait commencé il y a 11 jours, déjà à Genève, entre leurs adjoints. (image d'illustration) © JONATHAN NACKSTRAND / POOL / AFP

Les chefs de la diplomatie russe et americaine, Serguei Lavrov et Antony Blinken, se retrouvent vendredi a Geneve pour une ultime tentative de desamorcer la crise ukrainienne, apres un intense ballet diplomatique qui avait commence il y a 11 jours, deja a Geneve, entre leurs adjoints. (image d'illustration) Les chefs de la diplomatie russe et américaine, Sergueï Lavrov et Antony Blinken, se retrouvent vendredi à Genève pour une ultime tentative de désamorcer la crise ukrainienne, après un intense ballet diplomatique qui avait commencé il y a 11 jours, déjà à Genève, entre leurs adjoints. (image d'illustration) © JONATHAN NACKSTRAND / POOL / AFP

Vendredi 21 janvier, les chefs de la diplomatie américaine et russe ont entamé à Genève une rencontre jugée cruciale. Objectif : désamorcer la crise ukrainienne. Sergueï Lavrov et Antony Blinken, qui se connaissent bien, se sont serré la main avant d'entamer le dernier pas de deux d'un intense ballet diplomatique, Washington soupçonnant Moscou de vouloir envahir l'Ukraine, ce que le Kremlin dément.

Cette réunion diplomatique pourrait bien ressembler à celle de la dernière chance. La rencontre entre Sergueï Lavrov et Antony Blinken dans un palace du bord du Léman est l'ultime pas de deux d'un intense ballet diplomatique commencé il y a 11 jours, déjà à Genève, entre leurs adjoints. Ils avaient convenu de continuer à se parler, malgré les fortes divergences de vues et la centaine de milliers de soldats russes massés aux frontières de l'Ukraine.

« Une réponse rapide, sévère et unie des États-Unis »

Si la séquence diplomatique du 10 janvier avait duré près de huit heures, le face-à-face Blinken-Lavrov ne devrait pas excéder deux heures. Antony Blinken a la réputation d'un calme inébranlable, Sergueï Lavrov est plus sanguin et a le verbe mordant. « Nous sommes confrontés à des problèmes complexes et les résoudre prendra du temps. Je ne m'attends pas à ce que nous les réglions à Genève », a dit jeudi à Berlin Antony Blinken, qui table sur une « compréhension mutuelle » et une désescalade côté russe pour apaiser les tensions.

Le chef de la diplomatie américaine s'est montré offensif en déclarant notamment que les États-Unis répondront « à une agression de la Russie même non militaire ». Antony Blinken affirme également avoir demandé à son homologue russe des preuves que le pays ne compte pas envahir l'Ukraine ainsi que le retrait des troupes à la frontière.

« Conséquences les plus graves »

De son côté, la Russie a promis vendredi aux Occidentaux « les conséquences les plus graves » s'ils continuent d'ignorer ses « préoccupations légitimes » quant au renforcement militaire des États-Unis et de l'Otan en Ukraine et aux frontières russes. « Cela peut être évité si Washington réagit positivement à nos projets d'accords sur les garanties de sécurité, auxquels nous espérons recevoir une réponse écrite de la part des États-Unis article par article la semaine prochaine », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

« Antony Blinken a été clairement informé qu'ignorer davantage les préoccupations légitimes de la Russie, liées principalement à l'exploitation militaire en cours par les États-Unis et leurs alliés de l'Otan du territoire de l'Ukraine, dans le contexte d'un déploiement à grande échelle de forces et de moyens de l'Alliance près de nos frontières, aura des conséquences les plus graves », a indiqué Moscou. La Russie a également insisté, lors de cette rencontre, sur « l'établissement d'un dialogue direct » entre Kiev et les séparatistes pro-russes de l'est de l'Ukraine, où une guerre commencée en 2014 a fait plus de 13 000 morts.

Selon le ministère, cette position a été signifiée au chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, qui a rencontré vendredi à Genève son homologue russe Sergueï Lavrov.

Mercredi, le président Joe Biden a jugé que son homologue Vladimir Poutine « va entrer » en Ukraine et il lui a promis « une réponse rapide, sévère et unie des États-Unis et de nos alliés » si l'armée russe franchit la frontière. Le lendemain, le Kremlin a dénoncé des remarques « déstabilisatrices », qui pourraient donner des idées « aux têtes brûlées parmi les représentants ukrainiens ».

La Russie, qui soutient déjà la rébellion dans l'est du pays qui a fait plus de 13 000 morts depuis 2014, et a annexé la Crimée, nie tout projet d'invasion. Mais le Kremlin insiste sur des garanties écrites pour sa sécurité, y compris sur la promesse que Kiev n'intégrera pas l'Otan et que l'Alliance ne cherche pas à s'étendre dans ce qu'elle considère comme son pré carré. Les États-Unis ont déjà opposé une fin de non-recevoir à ces demandes, jugées déraisonnables.

Washington prêt à discuter des craintes des Russes pour leur sécurité

Antony Blinken arrive à Genève après une tournée express qui l'a mené de Kiev à Berlin, la ville symbole de la réunification de l'Europe après la guerre froide, pour y discuter avec les alliés allemands, français et britanniques. « Laisser la Russie violer ces principes en toute impunité nous ramènerait tous vers des temps plus dangereux et plus instables, lorsque ce continent – et cette ville – était coupé en deux, séparé par un no man's land quadrillé par des patrouilles de militaires, et lorsque la menace d'une guerre totale pesait lourdement sur la vie de chacun », a rappelé Antony Blinken dans un discours prononcé avant son départ pour la Suisse.

« Cela enverrait également le message, à d'autres à travers le monde, que ces principes peuvent être sacrifiés », a-t-il mis en garde. Mais la porte n'est pas tout à fait fermée pour autant, l'administration Biden ayant répété à plusieurs reprises qu'elle était prête à discuter des craintes des Russes pour leur sécurité. Lors des premiers entretiens la semaine dernière en Suisse, la secrétaire d'État adjointe américaine Wendy Sherman a proposé de s'inspirer du défunt traité de désarmement sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF), signé pendant la Guerre froide avec Moscou.

Un nouveau sommet Biden-Poutine à venir ?

En 2019, l'ancien président américain Donald Trump s'était retiré du traité, accusant la Russie de violations. Mercredi, le président Biden s'est dit prêt à un nouveau sommet avec Vladimir Poutine, après celui du 16 juin 2021 à Genève. La Russie n'a pas dit non aux propositions sur les missiles et les manœuvres mais rappelé que là n'était pas l'essentiel. Pour faire bonne mesure, elle a annoncé jeudi des manœuvres navales d'envergure en janvier et février dans l'Atlantique, l'Arctique, le Pacifique ou encore la Méditerranée.

Le chef de la diplomatie américaine a exhorté mercredi Vladimir Poutine à choisir la « voie pacifique » et il a aussi fait clairement savoir qu'il ne proposerait pas de réponses écrites aux demandes très détaillées faites il y a quelques semaines par les Russes sur les points de contentieux. Pour Washington, l'heure tourne, et la semaine dernière les États-Unis ont accusé la Russie d'avoir « prépositionné » des agents en Ukraine pour mener une opération qui puisse servir de « prétexte pour une invasion ». Sergueï Lavrov et Antony Blinken s'adresseront séparément à la presse à l'issue de la rencontre.

Publié dans Articles de Presse

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