André Wilms, "immense comédien" du théâtre français, est mort

Publié le par Le HuffPost avec AFP

Découvert par le grand public au cinéma dans "La vie est un long fleuve tranquille", André Wilms était ensuite devenu l'acteur fétiche du réalisateur Aki Kaurismäki.

Francois Durand via Getty Images André Wilms, ici en 2017 à Angoulême.

Francois Durand via Getty Images André Wilms, ici en 2017 à Angoulême.

DÉCÈS - Le rideau tombe. Le comédien de théâtre André Wilms, connu pour ses nombreuses collaborations au cinéma avec le réalisateur finlandais Aki Kaurismäki et dont il était l’acteur fétiche, est décédé ce mercredi 9 février à 74 ans, apprend-on ce jeudi.

La raison de son décès, survenu dans un hôpital parisien, n’a pas été communiquée par sa famille, a précisé son agent Sébastien Perrolat à l’AFP. André Wilms avait donné son accord pour plusieurs engagements à venir, a-t-il ensuite indiqué.

Acteur de théâtre et de cinéma, metteur en scène sur les planches, André Wilms, s’est fait connaitre du grand public en jouant Mr. Le Quesnoy dans La Vie est un long fleuve tranquille (1988), premier film et succès en salles d’Étienne Chatiliez, puis des cinéphiles grâce aux films tragicomiques d’Aki Kaurismäki.

Ensemble ils ont tourné La Vie de bohème (1992), Les Leningrad Cowboys rencontrent Moïse (1994), Juha (1999), Le Havre (2011), L’Autre Côté de l’espoir (2017). Des films marqués par des personnages lunaires et des dialogues poétiques, avec une tendresse certaine pour les personnages. Dans Le Havre, André Wilms était un cireur de chaussures, qui tendait la main à un jeune Africain sans-papiers. Le film avait été récompensé par le prix Louis-Delluc 2011, considéré comme le Goncourt du cinéma.

Comédien un peu par hasard

L’Autre Côté de l’espoir orchestrait la rencontre entre un migrant syrien échoué contre son gré dans la grisaille finlandaise et un restaurateur séparé de sa femme alcoolique.

Il est arrivé ici un peu par hasard. “Ce n’était pas une vocation, expliquait-t-il dans une interview accordée à Télérama, qui le considère comme un ‘immense comédien’. Ce qui a primé, c’est le plaisir d’être dans des groupes, dans une troupe, une communauté. J’ai toujours pensé que le véritable luxe de ce métier c’était de rencontrer des gens qu’on ne pouvait pas rencontrer ailleurs.”

André Wilms s’esclaffait quand on l’interrogeait sur le fonctionnement d’un plateau dont le patron ne parle pas la langue: “Les grands metteurs en scène n’ont pas besoin de parler. Il me disait: ‘Play like an old gentleman. Ne cours pas. Ne renverse rien’. Tout le monde court dans les films aujourd’hui.” Il ajoutait: “Aki est l’un des rares metteurs en scène qui ne prend pas les acteurs pour des analphabètes, quoiqu’il y en ait beaucoup.”

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