Mort du comédien André Wilms

Publié le par BFMTV par Magali Rangin avec AFP

André Wilms, grand acteur de théâtre et de cinéma, vu chez Etienne Chatilliez ou Aki Kaurismaki, vient de mourir à l'âge de 74 ans.

Le comédie André Wilms en 2011 au festival de Toronto. - Matt Carr - Getty Images Nort America - AFP

Le comédie André Wilms en 2011 au festival de Toronto. - Matt Carr - Getty Images Nort America - AFP

André Wilms, figure familière du grand et du petit écran, et comédien de théâtre, vient de mourir à l'âge de 74 ans, selon une information du journaliste de Libération Didier Péron, confirmée à l'AFP par son agent.

L'acteur strasbourgeois était un habitué des films d'Etienne Chatilliez, de La Vie est un long fleuve tranquille (1988), à La Confiance règne (2004), en passant par Tatie Danielle (1990), et Tanguy (2001).

André Wilms a également tourné pour Claude Chabrol (L'Enfer en 1994), François Ozon (Ricky en 2009), Jean-Jacques Beineix (Roselyne et les lions en 1989) ou Philippe Garrel (Le Sel des larmes).

"Tout le monde court dans les films aujourd'hui"

Il était surtout un acteur fétiche du réalisateur finlandais Aki Kaurismäki, pour qui il a joué dans La Vie de Bohème (1992), Les Leningrad Cowboys rencontrent Moïse (1994), Juha (1999) et Le Havre (2011).

Des films marqués par des personnages lunaires et des dialogues poétiques, avec une tendresse certaine pour les personnages. Dans Le Havre, André Wilms était un cireur de chaussures, qui tendait la main à un jeune Africain sans-papiers. Le film avait été récompensé par le prix Louis-Delluc 2011, considéré comme le Goncourt du cinéma.

André Wilms s'esclaffait quand on l'interrogeait sur le fonctionnement d'un plateau dont le patron ne parle pas la langue: "Les grands metteurs en scène n'ont pas besoin de parler! il me disait: 'Play like an old gentleman. Ne cours pas. Ne renverse rien'... Tout le monde court dans les films aujourd'hui".

"Aki est l'un des rares metteurs en scène qui ne prend pas les acteurs pour des analphabètes, quoiqu'il y en ait beaucoup", disait-il encore.

André Wilms s'est toujours méfié des aléas de la célébrité. Natif en 1947 de Strasbourg, où il obtient un CAP de plâtrier, il quitte sa ville natale pour Toulouse. Devenu machiniste dans un théâtre, il est alors tenté de monter sur les planches. Il y parvient comme figurant.

"C'est l'époque qui impose les acteurs"

"On m'a toujours mis dans les rôles de nazis, parce que je parlais bien allemand", se souvenait-il. Cette maîtrise de la langue de Goethe lui servira quand il montera à Paris et décrochera un rôle dans un "Faust" mis en scène par Klaus Michael Grüber.

"C'est l'époque qui impose les acteurs (...) Belmondo, tout le monde le trouvait laid. Depardieu, on disait que c'était un jeune premier agricole. Et donc je crois que les gueules évoluent avec l'époque", constatait-il. "J'aimerais dire que je ne suis pas responsable de ma gueule".

Dans sa jeunesse, il s'était engagé au sein de la Gauche prolétarienne, organisation maoïste du début des années 1970. "On cherchait cette utopie, désespérément (...) donc on a espéré en la Révolution chinoise (...) Tout ça s'est effondré. J'ai quelques camarades, il y en a qui se sont suicidés, d'autres qui sont devenus muets. J'y ai cru, vraiment. Je croyais même que le théâtre pouvait changer", expliquait-il.

Grand comédien de théâtre, André Wilms a beaucoup joué sur les planches du Théâtre national de Strasbourg, des pièces du répertoire classique ou contemporain, de Tartuffe de Molière à La Maison de poupées d'Henrik Ibsen, en passant par Roberto Zucco de Bernard-Marie Koltès.

Une dernière apparition dans Maigret

On l'a par ailleurs vu à la télévision dans plusieurs épisodes de David Lansky, la série avec Johnny Hallyday, dans le téléfilm d'Antoine de Caunes, Yann Piat, chronique d'un assassinat en 2012.

Il avait tourné dans Monsieur Hire, de Patrice Leconte. C'est d'ailleurs devant la caméra du réalisateur qu'il fera une dernière apparition, dans Maigret, en salles le 23 février prochain.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article