Procès de Nordahl Lelandais : comment la découverte d'une "minuscule" tache de sang a fait basculer l'enquête

Publié le par franceinfo avec AFP France Télévisions

Un expert en empreintes génétiques a expliqué jeudi devant la cour d'assises de l'Isère comment la gendarmerie et la juge d'instruction avaient travaillé sur la voiture de l'ancien maître-chien, pour finalement découvrir, après plusieurs mois, un élément de preuve décisif.

Des gendarmes inspectent la voiture de Nordahl Lelandais, lors d'une reconstitution menée dans le cadre de l'enquête sur le meurtre d'Arthur Noyer, à Chambery, le 21 mars 2019.  (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

Des gendarmes inspectent la voiture de Nordahl Lelandais, lors d'une reconstitution menée dans le cadre de l'enquête sur le meurtre d'Arthur Noyer, à Chambery, le 21 mars 2019. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

C'est l'élément de preuve qui a poussé Nordahl Lelandais a avoué le meurtre de Maëlys De Araujo. Au neuvième jour du procès de l'ancien maître-chien, jeudi 10 février, un expert de la gendarmerie est revenu sur la découverte d'une "minuscule" tache de sang appartenant à la fillette dans le coffre de sa voiture. Un élément qui a fait basculer l'enquête.

Devant la cour d'assises de l'Isère, un officier de gendarmerie, expert en empreintes génétiques quand démarre l'enquête sur la disparition de Maëlys, a raconté les différentes phases de l'analyse de la voiture du suspect, rapidement saisie après les faits.

Une voiture "étonnamment propre"

La première phase, "très rapide", visait à parer "au plus pressé pour avoir des résultats en 24 heures", alors que le suspect nie en bloc et que les enquêteurs ont encore l'espoir de retrouver l'enfant vivante, raconte-t-il. La voiture, nettoyée avec un soin extrême par Lelandais à une station de lavage, "est étonnamment propre", note le gendarme.

L'examen permettra néanmoins de trouver une trace d'un mélange des profils génétiques de Maëlys et de Nordahl Lelandais sur un bouton d'allumage des feux. Mais la deuxième phase, plus poussée, ne donne rien de décisif : "On est un peu bloqués", relève le gendarme.

C'est finalement le visionnage des images de vidéosurveillance de la station de lavage qui conduit la juge d'instruction à requérir, en décembre 2017, soit quatre mois après la disparition de l'enfant, un examen plus poussé des zones nettoyées avec un zèle tout particulier par Nordahl Lelandais : le coffre et la portière avant côté passager.

La goutte de sang, "minuscule", est retrouvée sous un tapis dans la zone arrière gauche du coffre. Elle comprend juste assez de matière pour établir qu'il s'agit bien de sang et que c'est bien celui de la victime, a détaillé l'expert. "Une fois qu'on a retrouvé la goutte de sang, il se déroule quelques semaines avant que le corps de l'enfant soit retrouvé. Le corps a séjourné dans la nature très longtemps : on est en février. L'UV, la température et l'humidité, l'ont fortement dégradé", a-t-il poursuivi.

Aussi, l'examen des vêtements que portaient Maëlys, restés exposés de longs mois dans la nature, n'ont pas permis d'en apprendre davantage sur les circonstances du drame. 

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article