Procès de Nordahl Lelandais : une "décision attendue", un "soulagement" pour les parties civiles

Publié le par franceinfo Avec France Bleu Isère - franceinfo Radio France

"Il ne fera plus jamais de mal à personne", a déclaré la mère de Maëlys, Jennifer De Araujo, après l'annonce du verdict.

Jennifer Cleyet-Marrel, la mère de Maelys, et son avocat Fabien Rajon sont photographiés au palais de justice de Grenoble, le 17 février 2022. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

Jennifer Cleyet-Marrel, la mère de Maelys, et son avocat Fabien Rajon sont photographiés au palais de justice de Grenoble, le 17 février 2022. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

La cour d'assises de l'Isère a condamné Nordahl Lelandais à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 22 ans pour le meurtre et l'enlèvement de la petite Maëlys en août 2017. Un verdict qui satisfait les avocats des parties civiles.

"Il ne fera plus jamais de mal à personne", s'est satisfait la mère de Maëlys, Jennifer De Araujo. "Je suis contente du verdict car la perpétuité, c'est ce qu'on a pris en n'ayant plus Maëlys", a-t-elle ajouté.

"Maëlys a mis un dangereux criminel en prison. Je suis fière d'être la maman de ma fille." Jennifer De Araujo, la mère de Maëlys à franceinfo

La mère de Maëlys se dit "soulagée que ce soit terminé" car pour elle "ces trois semaines de procès étaient une épreuve." Elle termine en expliquant qu'on "ne saura toujours pas de quoi est réellement décédé Maeylis. Il n'y a que lui qui le sait."

Ce verdict "honore notre justice"

"La justice est passée de manière sereine, de manière implacable, de manière intransigeante, de manière impartiale", a réagi de son côté Me Fabien Rajon, l'avocat de Jennifer De Araujo. L'avocat dit sa "satisfaction" du verdict des jurés. Ce verdict "honore notre justice, notre institution judiciaire."

"Dans un Etat de droit, face à des crimes d'une telle abjection, notre justice ne doit pas être faible. Et je pense que notre justice française n'a pas été faible. Elle a fait preuve de force. Elle a fait en sorte que ce qui est juste soit fort, et ce qui est fort soit juste." Me Fabien Rajon, avocat de Jennifer De Araujo à franceinfo

Me Fabien Rajon assure avoir été "particulièrement fier de défendre" la famille de Maëlys, saluant Colleen, 16 ans, la sœur de la fillette, "une ado exemplaire qui a soutenu le regard de Nordahl Lelandais qui lui a dit ses vérités". Il rend hommage à Jennifer De Araujo, "une maman digne, combattante, une grande dame, une lionne", ainsi qu'au père de la fillette et à toute la famille. L'avocat se dit heureux et fier d'avoir été "à leur coté pendant un an."

C'est "la fin d'un long chemin", poursuit Fabien Rajon. "Il faut que les Français pensent à cette famille" car à partir de lundi "il n'y aura plus de micro et de caméra. Ils resteront avec leur deuil si difficile à faire". "Pensez à eux, ajoute l'avocat. Continuez de leur faire des petits gestes d'affection, des petits mots de soutien."

"Une décision attendue"

"Il n'y a pas lieu de s'en réjouir mais c'est une décision attendue et qui va servir à apaiser la douleur des parties civiles et notamment des familles des victimes", a réagi au micro de France Bleu Me Yves Crespin, avocat des associations "L'enfant bleu" et "La voix de l'enfant", parties civiles au procès de Nordahl Lelandais aux assises de l'Isère. La décision du jury est "conforme à ce que Nordahl Lelandais est apparu" lors de ce procès, estime l'avocat.

La condamnation de Nordahl Lelandais est assortie d'une peine de sûreté de 22 ans. Au-delà de cette peine, "il aura la possibilité de demander sa libération conditionnelle et il appartiendra au juge d'application des peines d'apprécier l'évolution de son état", indique Me Yves Crespin. "Il a dit qu'il allait faire un travail sur lui en prison, j'espère qu'il le fera sérieusement et qu'il pourra à ce moment-là envisager autre chose que l'incarcération", commente l'avocat.

"C'est la vérité judiciaire qui est sortie de la cour d'assises de l'Isère", a réagi au micro de France Bleu Isère Me Caroline Rémond, avocate des petites-cousines de Nordahl Lelandais"Mes clients sont soulagés que ce procès soit terminé, ils ont réagi de manière très digne, ils sont satisfaits de ce verdict, c'est ce qu'ils attendaient depuis plus de trois ans et demi quand les vidéos ont été découvertes", a également déclaré l'avocate.

Un verdict "conforme à la gravité des faits"

Le procureur général de la République de Grenoble, Jacques Dallest, a estimé lors d'un point presse qu'"il fallait que la cour d'assises prononce une sanction qui soit à la hauteur de la gravité exceptionnelle de cette affaire."

"C'est un verdict conforme à mes réquisitions et qui me semble conforme à la gravité des faits, a déclaré Jacques Dallest. C'est une affaire lourde sur le plan émotionnel, pénible, difficile, qui s'est très bien déroulée." Jacques Dallest, procureur général de la République de Grenoble à franceinfo

"Vous avez remarqué la dignité des parties civiles et des victimes. C'est un procès qui a été extrêmement bien mené par la présidente. On a noté l'attention des jurés, trois semaines c'est difficile pour tout le monde".

"Ce n'est jamais facile d'entendre une condamnation à une peine de perpétuité, a ajouté le procureur de la République. Même quand on représente l'accusation, le ministère public, c'est humainement toujours difficile, mais il fallait que la cour d'assises prononce une sanction qui soit à la hauteur de la gravité exceptionnelle de cette affaire. Elle a pu démontrer que la justice pouvait être rendue dans des qualités de sérénité, malgré toute l'émotion qui s'empare des acteurs de la procédure judiciaire".

"Il aurait été indigne d'interjeter appel de cette décision"

Nordahl Lelandais ne fera pas appel de sa condamnation à la perpétuité, a annoncé son avocat, Alain Jakubowicz"Il aurait été indigne d'interjeter appel de cette décision et de prolonger le calvaire des parents de Maëlys", explique l'avocat.

"Nordahl Lelandais va retourner dans l'anonymat dont il n'aurait jamais du sortir." Me Alain Jakubowicz, avocat de Nordahl Lelandais à franceinfo

"Il n'y a rien à dire sur cette décision, a-t-il poursuivi. Il y a toujours une once de déception car il est dur d'entendre le mot de perpétuité. Cependant, cette décision est forcément justifiée car c'est la décision qui a été rendue."

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