Alain Krivine, figure de l'extrême gauche, est mort

Publié le par France Bleu par Jade Peychieras, France Bleu

L'ancien candidat à la présidentielle et cofondateur de la Ligue communiste révolutionnaire, Alain Krivine, figure de l'extrême gauche en France, est décédé ce samedi. Il avait 80 ans.

Alain Krivine à la fête du NPA en 2019. © Maxppp - FREDERIC CHARMEUX

Alain Krivine à la fête du NPA en 2019. © Maxppp - FREDERIC CHARMEUX

"Emotion et chagrin"

"Je t'entends encore dire que la plus belle manière de célébrer la mémoire des disparus est de perpétuer leur combat.(...) Le faire sans toi n'aura plus jamais la même saveur", a réagi sur Twitter Olivier Besancenot qui milita à la LCR puis au Nouveau parti anticapitaliste (NPA) aux côtés de M. Krivine. "Émotion et chagrin. Une pensée affligée à sa famille et salut fraternel à tout le mouvement trotskiste", a pour sa part commenté le candidat Insoumis à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon.

Autre candidate à l'Elysée, Nathalie Arthaud a salué la mémoire d'un "68ard qui n'a jamais renié ses convictions anticapitalistes et révolutionnaires et est resté militant jusqu'au bout".

Clémentine Autain, députée La France Insoumise, rend également hommage à qu'Alain Krivine qui "fut l'une des figures" qui lui ont "donné envie de faire de la politique pour changer le monde". Le député LFI Eric Coquerel, ancien de la LCR, a rendu hommage à "mon camarade Alain Krivine" qui "aura été pendant des décennies l'une des grandes figures du mouvement révolutionnaire, le porte-parole humain et talentueux du parti qui fut le mien".

Le journaliste Edwy Plenel salue pour sa part l'"image de fidélité, d'humilité et d'intégrité" qu'incarnait Alain Krivine "dans un monde politique trop souvent cynique et carriériste". Pour Edwy Plenel, Alain Krivine était une "figure du combat vital de l'opposition de gauche à ce stalinisme dont Poutine est l'ultime avatar".

Dans un communiqué, le parti NPA a rappelé que "jusqu'à la fin de sa vie, Alain n'aura rien lâché et n'aura pas cédé à la pression du 'Ça te passera avec l'âge'", annonçant des hommages à venir dans les jours qui viennent. "Salut, vieux, et merci pour tout. On continue le combat !", a promis le parti.

Une vie dédiée à l'activisme politique

Né le 10 juillet 1941 à Paris, Alain Krivine était issu d'une famille de la petite bourgeoisie juive, immigrée d'Europe centrale. Biberonné comme ses frères aux mouvements étudiants communistes, il est l'un des fondateurs, en 1966, de la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), et devient l'une des figures de Mai 68, aux côtés de Daniel Cohn-Bendit, Jacques Sauvageot et Alain Geismar. 

Son activisme lui vaut alors d'être emprisonné un mois à la Santé et entraîne la dissolution de la JCR. Il est ensuite désigné par la Ligue communiste, fraîchement créée, comme candidat à l'élection présidentielle de 1969, obtenant 1,06% des suffrages. Il se présente également en 1974, à la tête de la LCR, mais échoue avec 0,37% des suffrages. 

Journaliste à l'hebdomadaire "Rouge", l'organe du parti, et député européen entre 1999 et 2004, il démissionne du bureau politique de la LCR en 2006, tout en restant porte-parole du mouvement jusqu'à sa dissolution en 2009.

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