Ce que l’on sait de l’attaque russe contre la centrale nucléaire de Zaporijia, en Ukraine

Publié le par L'Obs avec AFP

Des chars russes ont tiré sur la plus grande centrale nucléaire d’Europe, dans la nuit de jeudi à vendredi. Un incendie s’est alors déclaré faisant craindre une immense catastrophe.

Une image issue des caméras de surveillance montrant plusieurs explosions à la suite de tirs russes à la centrale nucléaire de Zaporijia (Ukraine), dans la nuit du 3 au 4 mars 2022. (LAURENT FIEVET / AFP)

Une image issue des caméras de surveillance montrant plusieurs explosions à la suite de tirs russes à la centrale nucléaire de Zaporijia (Ukraine), dans la nuit du 3 au 4 mars 2022. (LAURENT FIEVET / AFP)

Nuit d’angoisse en Europe. Des chars russes ont tiré sur la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia, la plus grande d’Europe, dans la nuit du jeudi 3 au vendredi 4 mars, provoquant un incendie et faisant craindre une immense catastrophe.

L’attaque n’a touché aucune installation essentielle de la centrale, dont la sécurité nucléaire n’a pas été affectée, selon les autorités ukrainiennes et l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA). Ce vendredi au matin, l’incendie, est éteint.

  • Où est située la centrale nucléaire ?

La centrale nucléaire de Zaporijia est située dans le sud de l’Ukraine, sur le fleuve Dniepr, à 525 kilomètres de Tchernobyl.

Il s’agit de la plus grande centrale nucléaire d’Europe, avec une capacité totale de près de 6 000 mégawatts, assez pour fournir en électricité environ 4 millions de foyers.

En temps normal, le site produit un cinquième de l’électricité du pays et près de la moitié de son énergie nucléaire.

  • Que s’est-il passé ?

Selon Kiev, des tirs de chars russes sur la centrale ont mis le feu à un bâtiment consacré aux formations et à un laboratoire, dans la nuit de jeudi à vendredi.

Les services de secours ont indiqué avoir pu accéder au site et éteindre l’incendie vers 5h20 (heure de Paris), après en avoir été un temps empêchés par les soldats russes. Après plusieurs heures d’incertitude, les lieux ont été sécurisés et les réacteurs ont été « arrêtés en toute sécurité », selon des responsables américains. « La sécurité nucléaire est maintenant garantie », a affirmé sur Facebook Oleksandre Staroukh, chef de l’administration militaire de la région de Zaporijia. L’attaque n’a fait aucune victime, ont indiqué les secours ukrainiens sur Facebook.

Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ce sont des chars russes qui ont ouvert le feu sur la centrale. « Ces chars sont équipés de viseurs thermiques, donc ils savent ce qu’ils font, ils s’étaient préparés », a-t-il affirmé dans une vidéo publiée par la présidence ukrainienne.

  • Qu’en est-il du risque de fuite ?

Le rayonnement de fond autour du site était ce vendredi matin de 0,1 microsievert par heure, selon l’exploitant de la centrale, soit un niveau inférieur à la moyenne mondiale et bien inférieur à celui d’un vol en avion ou d’une radiographie. Pendant la catastrophe de Tchernobyl (1986), le niveau de radioactivité était des millions de fois plus élevé, à 300 sieverts par heure.

Après l’opération militaire russe contre l’Ukraine en 2014, Kiev a développé des protocoles de sûreté pour la protection physique des installations nucléaires dans le pays, avec des inspections régulières, une évaluation des vulnérabilités et la mise en œuvre de systèmes de contrôle automatisé des données.

  • Qui contrôle la centrale nucléaire ce vendredi matin ?

Les troupes russes se sont emparées de la centrale nucléaire de Zaporijia, ont annoncé l’agence nucléaire et les autorités régionales ce vendredi matin.

« Le territoire de la centrale nucléaire de Zaporijia est occupé par les forces armées de la Fédération de Russie. Le personnel opérationnel contrôle les blocs énergétiques et assure leur exploitation en accord avec les exigences des règlements techniques de sécurité d’exploitation », a souligné par ailleurs l’organisme d’Etat ukrainien.

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article