Guerre en Ukraine : l’accueil des réfugiés ukrainiens "contraste très durement" avec "le sort réservé aux réfugiés afghans et syriens", déplore Rony Brauman

Publié le par franceinfo Radio France

Invité mercredi de franceinfo, Rony Brauman a dénoncé le "double registre" dans l'accueil des réfugiés en Europe, entre "l'effort" pour recevoir les Ukrainiens qui fuient la guerre et "le sort réservé aux réfugiés syriens et afghans".

Une femme offre une peluche à une petite fille ukrainienne, à Varsovie (Pologne), le 7 mars 2022. (ST?PHANE GEUFROI / MAXPPP)

Une femme offre une peluche à une petite fille ukrainienne, à Varsovie (Pologne), le 7 mars 2022. (ST?PHANE GEUFROI / MAXPPP)

Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières de 1982 à 1994, a déploré mercredi 9 mars sur franceinfo les différences qui existent selon lui entre l'accueil des Ukrainiens qui fuient la guerre et celui des réfugiés d'autres nationalités. Évoquant un "double registre très problématique", il a pointé du doigt "la violence" à laquelle ont fait face selon lui des réfugiés d'autres nationalités ces dernières années.

S'il "ne veut pas du tout atténuer l'effort et la noblesse de l'accueil" des Ukrainiens ces derniers jours au sein de plusieurs pays européens, "il contraste quand même très durement avec la fermeture, l'hostilité voire la violence avec laquelle ont été repoussés d'autres réfugiés qui étaient dans un malheur analogue", regrette-t-il.

"Je ne peux pas m'empêcher de me rappeler le sort réservé aux réfugiés syriens et afghans qui ne fuyaient pas moins la guerre que les Ukrainiens aujourd'hui", explique Rony Brauman. Selon lui, ces réfugiés "étaient accueillis à coups de fusils, de barrières électrifiées et de barbelés du côté de la Pologne, sans que du côté de l'Europe, une grande manifestation de solidarité ne s'exprime".

L'ancien président de Médecins sans frontières dit espérer que "l'idée qu'on accueille nos frères humains fuyant l'horreur et la guerre" s'applique à tous les réfugiés, "et pas seulement à ceux qui semblent nous ressembler plus que des Syriens ou des Afghans".

Publié dans Articles de Presse

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