Guerre en Ukraine : "Les gens doivent ramasser de la neige et la faire fondre pour boire" témoigne une habitante de Marioupol

Publié le par franceinfo par Camille Magnard Radio France

Depuis deux semaines, le port de Marioupol, dans le sud-est de l'Ukraine est encerclé et bombardé par l'armée russe.

Des habitants de Marioupol en Ukraine, le 11 mars 2022. (VLADIMIR RODIONOV / SPUTNIK)

Des habitants de Marioupol en Ukraine, le 11 mars 2022. (VLADIMIR RODIONOV / SPUTNIK)

Réfugiés dans les caves des immeubles, les habitants de Marioupol sont bien souvent privés de contact avec l'extérieur depuis le début de la guerre en Ukraine. Nastya est aujourd’hui réfugiée à Bucarest en Roumanie avec sa fille de six ans, mais son esprit est resté à Marioupol, là où se trouvent sa mère de 74 ans, qui a refusé de quitter son appartement, et son mari ingénieur, retenu par la mobilisation générale. Selon les estimations, 40 000 civils sont pris au piège de ce siège. 

En Ukraine, le reste de sa famille survit sous les bombes depuis 15 jours. "Mon mari fait du volontariat et il se déplace beaucoup dans les villes. Parfois, il arrive à m’envoyer quelques photos qui sont terribles", expose-t-elle. La plus récente est une photo de leur immeuble. Plus précisément de leur appartement détruit par l’une des innombrables bombes qui tombent sur Marioupol quasiment sans interruption depuis maintenant deux semaines. Les anciens voisins de Nastya vivent eux cachés dans les caves de leurs immeubles.  

Les gens sortent entre les bombardements, ils font du feu dans leur cour, puisqu’il n’y a pas de gaz et d’électricité et que beaucoup d’appartements sont déjà détruits. Les stocks touchent à leur fin. Il n’y a pas de quoi manger, de quoi boire. Nastya, habitante de Marioupol à franceinfo

Ce qui fait enrager Nastya plus que tout, ce sont ces 60 autobus, chargés d’aide humanitaire, bloqués sur la route depuis une semaine parce que les Russes ne les laissent pas passer.

Depuis son exil roumain, la mère de famille parcourt les réseaux sociaux pour y trouver des images de son quartier en guerre. Une vidéo en particulier l’a choquée ces derniers jours. On y voit des hommes creuser un trou profond entre un banc coloré et des jeux pour enfants dans le jardinet qui sépare deux barres d’immeubles. "Ils enterrent leurs voisins dans leur cour, poursuit-elle. Ils essaient de survivre."

La municipalité de Marioupol estime que 2200 habitants sont morts ces deux dernières semaines, victimes des bombardements, mais de plus en plus sont aussi victimes de fatigue, de froid ou de faim. Sur d’autres vidéos diffusées par des chaines internationales, on voit des volontaires, comme le mari de Nastya, jeter dans des fosses communes des dizaines de corps sans vie.

Publié dans Articles de Presse

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