Guerre en Ukraine : qui se cache derrière le groupe Wagner, cette milice paramilitaire russe ?

Publié le par actu par Léa Giandomenico

Des soldats de ce groupe auraient été déployés en Ukraine pour renverser le pouvoir en place. Le président Ukrainien était directement visé.

Un hélicoptère russe le 28 février sur le territoire ukrainien. (©EPA/MAXPPP)

Un hélicoptère russe le 28 février sur le territoire ukrainien. (©EPA/MAXPPP)

Le 28 février 2022, le magazine britannique The Times révélait que 400 mercenaires du groupe paramilitaire Wagner auraient été envoyés en Ukraine pour assassiner le président Ukrainien Volodymir Zelenski. Mais qui se cache derrière ce groupe armé violent ? 

Cette milice privée serait, selon les spécialistes, un groupe paramilitaire privé, autrement appelée « entreprise de services de sécurité et de défense (ESSD) ». Ces groupes fournissent d’ordinaire des prestations de sécurité ou de sûreté à d’autres entreprises, des institutions ou des ONG. Leurs missions portent également sur la formation, le renseignement et le soutien médical. 

The Times révélait  que l’organisation Wagner avait « fait venir il y a quelques semaines une partie de ses hommes déployés en Afrique pour renverser le pouvoir ukrainien et préparer la prise de contrôle de la capitale. » 

Un groupe armé proche du Kremlin

Pourtant, le groupe russe Wagner semble loin d’effectuer ce type de missions : il serait en fait apparenté à une sorte d’armée privée, qui promeut des idées nationalistes russes et engagée pour mener des offensives militaires. Créé en 2014 il est, depuis ses débuts, proche du Kremlin, même si Poutine nie que ces soldats soient des représentants de l’État russe. 

« Depuis 2014, on estime que 10 000 hommes seraient passés par les rangs de Wagner, dont 5000 seraient actifs aujourd’hui. Mais le nombre est fluctuant », note Alexandra Jousset, journaliste et coréalisatrice du documentaire « Wagner, l’armée de l’ombre de Poutine », diffusé sur France 5 le 20 février dernier et interrogée par le média Brut

Organisation illégale 

Elle décrit la milice comme un « groupe paramilitaire privé, qui intervient sur tous les points chauds de la planète, et qui a un lien avec le Kremlin en intervenant dans les endroits où la Russie a un intérêt. » 

Mais ce groupe est « illégal, comme toutes les organisations paramilitaires en Russie, et n’a aucune existence juridique. Impossible, donc, de faire un procès sur les exactions commises par les soldats de Wagner », poursuit Alexandra Jousset.

Aux manettes de l’organisation Wagner, pourtant, on trouve le nom d’Evgueni Prigojine, oligarque russe et allié fidèle de Vladimir Poutine, selon le documentaire.

Et Si Poutine nie tout lien entre le gouvernement et Wagner, et qu’il affirme que ces hommes ne participent pas à des actions de combat, on sait qu’il a personnellement « décoré Dimitri Outkine, son fondateur, en décembre 2016, pour ses faits d’armes, à l’occasion de la journée des héros de la Patrie ». C’est ce que précise la note de l’Institut de recherche stratégique de l’école militaire, parue en octobre 2018. 

Dimitri Outkine est un ancien membre des forces spéciales russes : « Il a des tatouages inspirés du 3e Reich, et de l’esthétique fasciste », explique Ruslan Leviev, directeur du Conflict Intelligence Team, interrogé dans « Wagner, l’armée de l’ombre de Poutine ».  La milice reprend le nom de code qu’Outkine utilisait durant sa carrière : Wagner, le compositeur préféré d’Hitler, que Dimitri Outkine admire, selon Ruslan Leviev. 

Exactions dans plusieurs pays 

Alexandra Jousset poursuit : 

Ce qui est sûr, c'est que Wagner est implanté en Ukraine depuis les débuts du mouvement, que c'est un groupe en soutien avec l'armée russe qui effectue des missions sales. Alexandra Jousset Journaliste et coréalisatrice du documentaire "Wagner, l'armée de l'ombre de Poutine"

Selon l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI), qui l’explique dans une note publiée en septembre 2020, « le groupe […] a joué un rôle important dans les violents affrontements avec l’armée ukrainienne. En 2015, […] de nombreux mercenaires russes (les chiffres varient, mais l’estimation la plus réaliste fait état de près de 1200 combattants) ont été envoyés en Syrie pour guerroyer contre les adversaires de Bachar al-Assad, en collaboration étroite avec l’armée régulière russe. » 

Également présent en République Centrafricaine, les soldats de Wagner sont accusés d’exécutions sommaires, de torture, de viols… 

Le 17 février dernier, déjà, Emmanuel Macron réprimait fermement les exactions terribles commises depuis des années contre des populations civiles. Et en décembre 2021, l’armée privée était sanctionnée par l’Union Européenne. Dans un communiqué, l’UE faisait état d’un groupe ayant « mené des actions de déstabilisation en Ukraine et dans plusieurs pays d’Afrique », et ayant « recruté, formé et envoyé des agents militaires privés dans des zones de conflit du monde entier ».  

Publié dans Articles de Presse

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