Reportage A Irpin, ce médecin ukrainien venu de Corse rêve d'une ambulance blindée : "Quand ils tirent, c'est comme une passoire"

Publié le par franceinfo par Etienne Monin et Gilles Gallinaro - franceinfo Radio France

Pierre Pankevych, surnommé "Korsa", est un médecin généraliste ukrainien qui exerçait depuis presque trente ans en Corse. Il s'est porté volontaire dès les premiers jours de la guerre, et se retrouve aujourd'hui en première ligne dans la bataille d'Irpin.

Pierre Pankevych, surnommé "Korsa", en première ligne à Irpin pour l'évacuation des blessés. (GILLES GALLINARO / RADIO FRANCE)

Pierre Pankevych, surnommé "Korsa", en première ligne à Irpin pour l'évacuation des blessés. (GILLES GALLINARO / RADIO FRANCE)

Devant son ambulance jaune, avec son gilet pare-balles et son stéthoscope autour du cou, Pierre Pankevych raconte comment il est passé de la Corse à la bataille de la ville d’Irpin, devenu le verrou de la capitale, Kiev. "Korsa, c'est mon surnom !" Cet Ukrainien vit depuis un peu moins de trente ans sur l’île de Beauté. Il y est médecin généraliste. Il a pris ses affaires quatre jours après le début de l’invasion pour venir soutenir les victimes de l’offensive Russe.

Ce que fait Pierre Pankevych, c’est qu’il va secourir les civils qui sont encore pris au piège dans la ville d’Irpin. Il n’a plus de corridor pour les évacuer. Il y a trois jours, son ambulance a reçut des éclats d’obus. "Les tirs et les combats se sont faits plus actifs. Les gens qui restaient encore à la maison se sont dit qu'il fallait partir."

Des évacuations sous le feu de l'artillerie

La bataille d'Irpin est féroce. Autour de Kiev, les Russes n’avancent pas mais ils ne reculent pas véritablement non plus. A l’est de la capitale, le front à légèrement reculé mais est mouvant et au nord-ouest, les combats sont intenses pour la conquête d'Irpin. D’après le maire, Oleksandr Markouchine, les Ukrainiens tiennent 80% du terrain, mais le combat est difficile. "Les Russes envoient beaucoup de troupes, avec pour objectif de prendre la ville. Hier, nous étions sous les obus de mortier et le feu de l'artillerie. Et à la fin, quand on a essayé d'évacuer deux familles, on a été ciblés par des tirs de roquettes. Il reste encore 4 000 civils sur place. Beaucoup ne veulent pas partir."

Oleksander Markushyn, maire d'Irpin. (GILLES GALLINARO / RADIO FRANCE)

Oleksander Markushyn, maire d'Irpin. (GILLES GALLINARO / RADIO FRANCE)

Dans cette bataille pour la défense de Kiev, Pierre le Corse est un volontaire qui rêve de pouvoir lever des fonds pour financer une ambulance blindée. "On a besoin d'un véhicule blindé, pour la première ligne. Quand ils tirent, c'est comme une passoire...." Histoire de limiter les risques énormes qu’il prend avec les autres, tous les jours.

Publié dans Articles de Presse

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