Ukraine: la Russie prête à bombarder Odessa selon Zelensky

Publié le par Huffington Post avec AFP

Une nouvelle tentative d'évacuation de civils était prévue à Marioupol, au 11e jour de la guerre lancée par la Russie, mais a été interrompue.

via Associated Press Marioupol, en Ukraine, frappée par les bombardements russes le 4 mars 2022.

via Associated Press Marioupol, en Ukraine, frappée par les bombardements russes le 4 mars 2022.

GUERRE EN UKRAINE - Marioupol sous les bombes. Au 11e jour de l’invasion lancée par la Russie en Ukraine, la situation était “très difficile” dans ce port stratégique du sud-est, assiégé par les forces russes et soumis à “un blocus humanitaire” et à d’intenses bombardements, a affirmé le maire.

Selon lui, les bombardements des derniers jours ont fait des “milliers de blessés” et les forces russes empêchent l’arrivée d’aliments et de médicaments. “La ville de Marioupol n’existe plus”, a-t-il lancé. 

L’évacuation de civils avait été reportée samedi en raison de multiples violations russes du cessez-le-feu, selon la mairie de Marioupol, tandis que Moscou accusait les “nationalistes” ukrainiens d’empêcher les civils de partir et de profiter de la trêve pour consolider leurs défenses.

Rebelote ce dimanche. Une nouvelle tentative d’évacuation des civils devait commencer à 12h heure locale (11h heure de Paris), selon la municipalité, précisant qu’un corridor humanitaire serait mis en place jusqu’à la ville de Zaparojie, à environ 3h de route et qu’un cessez-le-feu temporaire avait été conclu. Mais cette nouvelle tentative a été “interrompue”, a annoncé le Comité international de la Croix-Rouge (CCIR). Vladimir Poutine a accusé les autorités ukrainiennes d’empêcher les évacuations.

La prise de Marioupol, ville de quelque 450.000 habitants située sur la mer d’Azov, permettrait la jonction entre les forces russes en provenance de la Crimée annexée, qui ont déjà pris les ports clés de Berdiansk et de Kherson, et les troupes séparatistes et russes dans le Donbass.

Les forces armées ukrainiennes menaient par ailleurs “de violents combats” contre les forces russes pour le contrôle des villes de Mykolaïev, dans le sud, et de Tcherniguiv, dans le nord, a indiqué l’état-major ukrainien dans un communiqué sur Facebook dimanche matin. Une opération militaire ukrainienne était également en cours dans la région de Donetsk (est).

Les troupes russes se préparent en outre à bombarder Odessa, une ville stratégique et le principal port d’Ukraine, situé sur les bords de la mer Noire, a averti le président ukrainien Volodymyr Zelensky. “Ce sera un crime militaire. Ce sera un crime historique”, a déclaré Zelensky dans une vidéo.

Le président ukrainien a aussi annoncé que des frappes russes avaient détruit l’aéroport de la ville de Vinnytsia, à quelque 200 kilomètres au sud-ouest de Kiev.

Plus d′1,5 million de réfugiés

Le nombre de personnes fuyant le conflit en Ukraine a dépassé la barre de 1,5 million, constituant la crise de réfugiés la plus rapide depuis la Seconde Guerre mondiale, a alerté l’ONU dimanche.

“Plus de 1,5 million de réfugiés venant d’Ukraine ont traversé vers les pays voisins en dix jours. Il s’agit de la crise des réfugiés qui connaît la croissance la plus rapide en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale”, a indiqué dans un tweet le Haut Commissaire aux réfugiés Filippo Grandi.

Nouvel entretien Macron-Poutine, accusations de crimes de guerre

Un troisième round de pourparlers entre l’Ukraine et la Russie doit se dérouler lundi, a annoncé samedi un membre de la délégation ukrainienne, David Arakhamia.

Volodymyr Zelensky a annoncé dimanche sur Twitter s’être entretenu une nouvelle fois au téléphone avec son homologue américain Joe Biden pour discuter de “questions de sécurité”, du “soutien financier pour l’Ukraine” et de “la poursuite des sanctions contre la Russie”.

Par la voix de leur chef de la diplomatie Antony Blinken ont estimé très crédibles” des informations faisant état de “crimes de guerre” commis par la Russie en Ukraine. “Nous avons vu des informations très crédibles concernant des attaques délibérées sur des civils qui constitueraient un crime de guerre”, a-t-il dit sur CNN, assurant que les Etats-Unis “examinaient” ces informations.

Emmanuel Macron s’est à nouveau entretenu avec Vladimir Poutine au téléphone durant 1h45, dimanche à la mi-journée. Lors de ce coup de fil, le président russe a “nié que son armée prenne des civils pour cibles”, assuré ne pas vouloir attaquer les centrales nucléaires mais aussi affirmé qu’il “atteindrait ses objectifs” en Ukraine, “soit par la négociation, soit par la guerre”.

Le président russe a également eu au téléphone dimanche son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, qui lui a réclamé un “cessez-le-feu général urgent”.

Au moins 2500 personnes arrêtées en Russie

Au moins 2500 personnes manifestant contre l’intervention militaire en Ukraine ont été arrêtées dimanche dans une cinquantaine de villes de Russie, a indiqué l’ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi des manifestations. Selon cette source, près de 11.000 manifestants ont été arrêtés dans le pays depuis le 24 février, date du début des opérations militaires.

Malgré les intimidations des autorités et la menace de peines de prison, des actions de protestation, certes limitées, ont eu lieu tous les jours depuis 10 jours dans différentes villes du pays. L’opposant emprisonné Alexeï Navalny, fermement opposé au conflit, a appelé les Russes à se réunir tous les jours sur la place principale de leur ville pour réclamer la paix.

Dimanche, les premières arrestations ont eu lieu, décalage horaire oblige, en Extrême-Orient et en Sibérie. Selon OVD-Info, plus de 200 personnes ont notamment été interpellées dans les grandes villes de Novossibirsk et d’Ekaterinbourg.

Des actions étaient aussi menées à Moscou, où des policiers ont été déployés dans le centre. L’ONG de défense des droits humains Mémorial a indiqué que l’un de ses responsables, Oleg Orlov, avait été interpellé sur la place du Manège, à côté du Kremlin.

Publié dans Articles de Presse

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