Guerre en Ukraine : Kiev à nouveau menacée, Zelensky réclame plus d’armes... le point au 52e jour des combats

Publié le par Le Parisien

La Russie a bombardé un fabricant des missiles ukrainiens après avoir perdu son vaisseau amiral «Moskva». Le président ukrainien a prévient que «l’élimination » de ses derniers soldats à Marioupol « mettrait fin à toute négociation de paix » avec Moscou.

Des civils passent devant un soldat russe dans le centre de Marioupol, le 12 avril 2022. Alexander NEMENOV / AFP

Des civils passent devant un soldat russe dans le centre de Marioupol, le 12 avril 2022. Alexander NEMENOV / AFP

Après plus de 50 jours de combats, les attaques russes se poursuivent en Ukraine. Moscou se dit même prête à intensifier ses frappes, après le «coup dur» porté à la flotte russe avec le naufrage du Moskva.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a insisté auprès de ses partenaires occidentaux sur le besoin impérieux en armes et en munitions, alors que Kiev vit dans la crainte d’une attaque nucléaire. Selon lui, environ 2 500 à 3 000 soldats ukrainiens sont morts et une dizaine de milliers ont été blessés depuis le début de la guerre. Le conflit s’enlise, et déjà 5 millions d’habitants ont quitté l’Ukraine. Le point sur les derniers événements.

Une usine militaire visée à Kiev

Une usine de matériel militaire fabriquant notamment des tanks a été visée samedi matin par un bombardement dans la banlieue de Kiev. Ce bombardement, revendiqué par Moscou, intervient au lendemain de l’avertissement des forces russes qu’elles allaient intensifier leurs attaques sur la capitale ukrainienne.

« Des armes air-sol de haute précision et de longue portée ont détruit des bâtiments de production d’une usine d’armement à Kiev », a annoncé le ministère de la Défense russe. Un grand nombre de militaires et de policiers étaient présents sur place, empêchant l’accès au complexe, d’où s’échappait de la fumée. Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a indiqué sur Telegram qu’une personne avait été tuée et « plusieurs » hospitalisées après cette frappe sur le district de Darnytsky à la périphérie de la ville. L’usine fabrique notamment des tanks.

Kiev redoute une attaque nucléaire

Le président ukrainien a jugé vendredi que « le monde entier » devrait être « inquiet » du risque que son homologue russe Vladimir Poutine ait recours à une arme nucléaire tactique. Ce samedi, il invite le monde entier à se «préparer» à une attaque nucléaire russe. Le chef d’État faisait écho aux déclarations en ce sens du patron du renseignement extérieur américain William Burns qui avait estimé qu’il ne fallait pas « prendre à la légère » une telle menace.

Dans un message vidéo, Volodymyr Zelensky a dit à l’adresse des Occidentaux : « Vous pouvez rendre la guerre bien plus courte. Plus vite et en plus grande quantité nous allons recevoir les armes que nous avons demandées, plus forte sera notre position et plus vite la paix viendra ». Lors d’un échange téléphonique avec le chef d’état-major des armées américaines Mark Milley, son homologue ukrainien Valery Zaluzhny a lui aussi insisté sur le besoin impérieux en armes et en munitions pour renforcer les capacités de défense de l’Ukraine.

L’Allemagne prévoit d’octroyer plus d’un milliard d’euros d’aide militaire à l’Ukraine. L’argent sera utilisé par l’Ukraine pour financer l’acquisition d’équipements militaires.

La Russie frappe après le naufrage du «Moskva»

La Russie a annoncé avoir détruit une usine d’armement en banlieue de Kiev. Ses frappes sur la capitale vont être intensifiées, a-t-elle même prévenu, pour répondre aux attaques en territoire russe, dont elle accuse l’Ukraine. « Le nombre et l’ampleur des frappes de missiles sur des sites de Kiev vont augmenter en réplique à toutes les attaques de type terroriste et aux sabotages effectués en territoire russe par le régime nationaliste de Kiev », avait averti le ministère russe de la Défense.

Au moment où nombre d’experts et d’internautes s’interrogeaient sur le sort des membres de l’équipage du «Moskva», le ministère russe de la Défense a diffusé une vidéo présentée comme montrant une rencontre entre le chef de la marine et des rescapés du croiseur qui a sombré en mer Noire.

Une fabrique d’armement de la région de Kiev a été atteinte par une frappe russe. L’usine Vizar fabrique les missiles antinavires Neptune, avec lesquels les Ukrainiens disent avoir tiré sur le Moskva, vaisseau amiral de la flotte russe. Dans le détail, les Russes ont procédé à trois frappes vendredi sur la région de Kiev, a noté son gouverneur, sans préciser si cela incluait celle sur cette usine en banlieue de la capitale. L’Ukraine a par ailleurs annoncé avoir détruit samedi matin quatre missiles de croisière, lancés par des avions russes qui ont décollé du Bélarus voisin, sur la région de Lviv, généralement épargnée par les violences.

L’élimination des soldats à Marioupol « mettrait fin à toute négociation de paix »

Dans le sud de l’Ukraine, « les forces russes continuent de miner les défenses ukrainiennes dans le sud-ouest et l’est de Marioupol », indique l’Institut américain de l’étude de la guerre sans faire état de gain territorial majeur. « Les forces ukrainiennes indiquent que la situation se détériore et que les forces russes déploient plus d’artillerie et d’armes lourdes ». La cité portuaire ukrainienne martyre a subi un déluge de feu depuis le début de l’offensive russe contre l’Ukraine, le 24 février.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a prévenu samedi que « l’élimination » des derniers soldats ukrainiens présents dans la ville portuaire de Marioupol assiégée par les forces russes « mettrait fin à toute négociation de paix » avec Moscou. Les deux parties se retrouveraient alors dans « une impasse ».

Une raffinerie de pétrole bombardée dans le Donbass

Dans la région de Donetsk (Donbass), où « des combats se déroulent sur toute la ligne de front », trois personnes ont été tuées et sept blessées, selon la présidence ukrainienne. La région voisine de Lougansk a quant à elle été le théâtre de 24 bombardements qui ont fait deux morts et deux blessés. « Les forces russes ont poursuivi de vaines attaques sur Roubijné, Popasna et Marinka ainsi que des bombardements lourds sur la ligne de front », selon l’ISW. Les Ukrainiens ont repoussé des attaques russes depuis Izioum jusqu’à Sloviansk et Barvinkové.

Les forces russes ont frappé samedi une raffinerie de pétrole à Lyssytchansk, une ville située tout près de la ligne de front, dans l’est de l’Ukraine. « Les Russes la ciblent systématiquement pour épuiser les sauveteurs. Il n’y a pas de carburant à cet endroit. Seuls des résidus d’hydrocarbures brûlent », a déclaré le gouverneur ukrainien de la région de Lougansk.

Boris Johnson interdit d’entrée en Russie

Après des sanctions prises par Londres contre Moscou, la Russie a annoncé que le Premier ministre Boris Johnson et plusieurs autres hauts responsables britanniques étaient désormais interdits d’entrée dans le pays.

« Cette mesure a été prise en réponse à la campagne médiatique et politique effrénée visant à isoler internationalement la Russie et créer les conditions propices pour (…) étrangler l’économie » nationale, a affirmé le ministère russe des Affaires étrangères.

Cinq millions de réfugiés

Il s’agit de la plus importante crise des réfugiés en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Plus de cinq millions de personnes ont fui l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe, selon les chiffres du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

Les femmes et les enfants représentent 90 % des réfugiés, les hommes âgés de 18 à 60 ans étant appelés sous les drapeaux et ne pouvant donc pas partir. Près des deux tiers des enfants ukrainiens ont été contraints de quitter leur foyer, en comptant ceux qui se trouvent encore dans le pays.

Le HCR recense exactement 4 836 445 Ukrainiens qui ont fui leur pays depuis l’invasion russe le 24 février, soit 40.200 de plus que vendredi. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), environ 215 000 ressortissants de pays tiers ont également fui vers les pays voisins, ce qui signifie que plus de 5 millions de personnes au total ont fui l’Ukraine depuis le début de la guerre.

Selon les services secrets britanniques, des infrastructures ukrainiennes ont été délibérément détruites, selon Der Spiegel. L’acheminement de l’aide humanitaire et la circulation des véhicules de secours sont de plus en plus difficiles.

Publié dans Articles de Presse

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