Guerre en Ukraine : Marioupol s’apprête à tomber, la banlieue de Kiev bombardée... le point au 53e jour des combats

Publié le par Le Parisien

Les troupes russes poursuivent leurs frappes notamment sur la ville de Marioupol où «les soldats ukrainiens combattront jusqu’au bout», selon le Premier ministre Denys Chmygal. Alors que le conflit s’enlise, les autorités ukrainiennes ont annoncé la suspension ce dimanche des couloirs humanitaires.

Des soldats russes marchent dans une rue de Marioupol le 12 avril 2022, en Ukraine. Alexander NEMENOV / AFP

Des soldats russes marchent dans une rue de Marioupol le 12 avril 2022, en Ukraine. Alexander NEMENOV / AFP

Plus de 50 jours de combats et l’Ukraine se débat toujours sous les frappes russes. Après une invasion dans presque tout le pays, les troupes russes se concentrent sur l’Est de l’Ukraine et la capitale Kiev.

Les yeux sont également rivés sur Marioupol, port stratégique du pays, que la Russie affirme contrôler quasi totalement. La prise de la ville martyre permettrait aux Russes de consolider leurs gains territoriaux le long de la mer d’Azov en reliant la région du Donbass à la Crimée. Le point sur les derniers événements.

Une situation « inhumaine » à Marioupol

La ville de Marioupol s’apprête à tomber. La situation dans ce port stratégique est « inhumaine », a déclaré samedi soir le président ukrainien, appelant les Occidentaux à fournir « immédiatement » les armes lourdes qu’il réclame depuis plusieurs semaines. La prise de Marioupol permettrait aux Russes de consolider leurs gains territoriaux côtiers le long de la mer d’Azov en reliant la région du Donbass, en partie contrôlée par leurs partisans, à la Crimée que Moscou a annexée en 2014.

De son côté, la Russie affirme contrôler la quasi-totalité de la ville et lance à ses derniers défenseurs un nouvel appel à déposer les armes. Elle avait fixé un ultimatum à midi en ce dimanche des Rameaux en Ukraine. Il a expiré sans que les derniers défenseurs de Marioupol ne rendent leurs armes. « La ville n’est pas tombée. Nos forces militaires, nos soldats y sont toujours. Ils combattront jusqu’au bout », affirme le Premier ministre ukrainien Denys Chmygal sur ABC. Parmi ces militaires figure le « bataillon Azov », un temps constitué une milice paramilitaire d’obédience néonazie, avant d’être intégrée à l’armée officielle.

Pour le président ukrainien Volodymyr Zelensky, il n’existe que « deux options » : « Soit les partenaires fournissent à l’Ukraine toutes les armes lourdes nécessaires, les avions et, sans exagération aucune, immédiatement » pour « réduire la pression sur Marioupol et lever le siège » de cette ville.

« Soit - la voie de la négociation, dans laquelle le rôle des partenaires devrait également être décisif », a poursuivi le chef d’État, affirmant que la recherche d’une solution « militaire ou diplomatique » était une activité « quotidienne » depuis le début du blocus mais s’avérait « extrêmement difficile ».

Pas de couloir humanitaire ce dimanche

Alors que les bombardements se poursuivent, les autorités ukrainiennes ont annoncé la suspension ce dimanche des couloirs humanitaires pour l’évacuation des civils de l’Est du pays. Une décision qui intervient faute d’accord avec l’armée russe sur un arrêt des tirs.

« Ce matin, nous n’avons pas réussi à négocier un cessez-le-feu sur les itinéraires d’évacuation avec les occupants. C’est pourquoi, malheureusement, nous n’allons pas ouvrir de couloirs humanitaires aujourd’hui », a indiqué sur Telegram la vice-Première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk.

La banlieue de Kiev à nouveau bombardée

Une frappe russe a visé la banlieue de Kiev, pour la troisième fois depuis vendredi. Ce dimanche, la ville de Brovary, située à une vingtaine de kilomètres à l’est de la capitale, a été le théâtre de bombardements. Le maire de la ville, Ihor Sapozhko, a indiqué que l’attaque avait pris pour objet une « installation » et la « centrale électrique » locale. Aucune victime de l’attaque n’a encore été signalée.

De son côté, le ministère russe de la Défense a revendiqué le bombardement d’une usine militaire dans la banlieue de la capitale. « Durant la nuit, des missiles de haute précision lancés par des avions ont détruit une usine de munitions près de Brovary dans la région de Kiev », a indiqué le ministère sur sa chaîne Telegram.

Cinq morts après de nouvelles frappes sur Kharkiv

Au moins cinq personnes ont été tuées et 13 blessées dimanche dans une série de frappes sur Kharkiv, grande ville du nord-est de l’Ukraine, qui ont provoqué des incendies, ont annoncé les services de secours. Des journalistes de l’AFP ont entendu deux salves de tirs et vu cinq incendies se propager dans des quartiers résidentiels du centre de la ville.

Samedi, des frappes avaient déjà déclenché un incendie dans plusieurs immeubles du centre-ville et détruit une cuisine qui fournissait gratuitement des repas aux habitants de cette ville. Le gouverneur régional Oleg Sinegoubov a annoncé avoir recensé trois morts et 31 blessés, dont quatre enfants.

Dans l’est, les Russes ont déclenché de petites offensives autour d’Izioum, Popasna et la région de Roubijné et de Severodonetsk, avec de l’artillerie ou des forces mécanisées, selon l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW). Mais il estime que ces attaques ont peu de chances d’être plus efficaces que celles autour de Kiev en mars, « à moins que les Russes ne changent leur modèle opérationnel de façon significative ». Notamment parce que les Ukrainiens ont témoigné de leur capacité de résistance dans le combat urbain.

Le pape évoque l’Ukraine « martyrisée »

En cette « Pâques de guerre », le pape François a appelé dimanche « ceux qui ont la responsabilité des Nations » à « entendre le cri de paix des gens », en évoquant l’Ukraine « martyrisée ». « Nous avons vu trop de sang, trop de violence (…) Que l’on arrête de montrer les muscles pendant que les gens souffrent », a lancé le souverain pontife lors de sa traditionnelle bénédiction « Urbi et Orbi », devant quelque 50 000 fidèles sur la place Saint-Pierre à Rome.

Le Vatican a twitté en russe. « Aucune parole ne sera impuissante devant Dieu (Luc 1:37). Rien n’est impossible à Dieu, même de mettre fin à une guerre sans fin en vue, une guerre qui provoque des massacres monstrueux et des atrocités contre des civils sans défense sous nos yeux chaque jour. »

 

Publié dans Articles de Presse

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