Présidentielle 2022 : investiture d'Emmanuel Macron, nouveau gouvernement, législatives... Les étapes à venir

Publié le par franceinfo par Thibaud Le Meneec - Clément Parrot France Télévisions

Emmanuel Macron a remporté le deuxième tour de l'élection présidentielle face à Marine Le Pen, avec 58,2% des suffrages. Voici ce qui attend le président réélu jusqu'aux élections législatives.

Emmanuel Macron, le 22 avril 2022, au dernier jour de sa campagne, à Figeac (Lot). (BENOIT TESSIER / AFP)

Emmanuel Macron, le 22 avril 2022, au dernier jour de sa campagne, à Figeac (Lot). (BENOIT TESSIER / AFP)

Pour Emmanuel Macron, le plus dur commence-t-il ? Le chef de l'Etat, réélu dimanche 24 avril avec 58,2% des suffrages, selon l'estimation Ipsos-Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France, France 24, les chaînes parlementaires et Le Parisien, a vu son bail à l'Elysée reconduit pour cinq années. Il n'y en aura pas une de plus : la Constitution interdit au président de la République de faire plus de deux mandats consécutifs. Conséquence, à 20h01, dimanche, "la course des petits chevaux a commencé", s'amuse un ministre à propos de la guerre de succession qui devrait animer les premiers mois du second quinquennat Macron, déjà balisés.

La proclamation des résultats : le 27 avril

"Lundi, dans la journée, on a un enregistrement définitif des résultats sur la base de tous les résultats qui ont été recollés de tous les bureaux de vote et qui sont centralisés par le ministère de l'Intérieur", rappelle à l'AFP le constitutionnaliste Jean-Philippe Derosier, professeur de droit public à l'université de Lille. "Il faut attendre s'il y a d'éventuelles contestations, qui sont tranchées très rapidement par le Conseil constitutionnel" avant que le président de l'institution, Laurent Fabius, ne proclame officiellement le résultat de l'élection, mercredi 27 avril. Emmanuel Macron peut cependant nommer un nouveau Premier ministre sans attendre cette date, mais il est plus probable qu'il patiente quelques jours.

Un ultime Conseil des ministres se tiendra également ce mercredi. Jean Castex, qui est aussi le chef de la majorité, a annoncé qu'il présenterait la démission de son gouvernement "dans les jours qui suivent" la réélection du chef de l'Etat, "comme le veut la tradition". "Ce devrait être le jeudi 28 ou le vendredi 29 avril", anticipe un ministre qui a déjà rangé ses affaires et fait ses cartons. "Tant qu'un nouveau gouvernement n'est pas mis en place, le gouvernement démissionnaire gère les affaires courantes", rappelle Anne Levade, professeure de droit public à l'université Paris 1. "Tout le monde ne disparaît pas des ministères à l'instant où la lettre de démission est adressée."

L'investiture : avant le 13 mai

Emmanuel Macron doit être investi pour un second mandat avant le 13 mai à minuit, date de la fin de son premier quinquennat au 55, rue du Faubourg Saint-Honoré, à Paris. En 2017, une semaine s'était écoulée entre son élection et son investiture. Cette année, sans passation de pouvoirs, les choses pourraient aller encore plus vite.

La cérémonie débute dans la salle des fêtes de l'Elysée par la proclamation des résultats officiels et la signature du procès-verbal de l'investiture du nouveau chef de l'Etat. Emmanuel Macron se verra ensuite présenter le grand collier de la Légion d'honneur, avant de prononcer son discours d'investiture. Enfin, traditionnellement, une salve de 21 coups de canon est tirée pour marquer la prise de fonction.

Un nouveau gouvernement : la semaine du 4 mai ?

Une fois investi, le chef de l'Etat nomme son Premier ministre, ce qu'il avait fait le lendemain de son investiture en 2017. De nombreux noms circulent dans les couloirs des ministères, comme Elisabeth Borne, Christine Lagarde ou encore Julien Denormandie. Mais les pronostics des lendemains de victoire correspondent rarement aux nominations le moment venu. "Elisabeth Borne fait campagne, mais je trouve que ce n'est jamais bon signe de faire campagne pour être à Matignon", siffle ainsi un ministre.

Dans un second temps, "sur proposition du Premier ministre", comme le dispose la Constitution, le chef de l'Etat nomme les membres du gouvernement. "En règle générale, il y a un délai entre l'annonce de la nomination du Premier ministre et celle du gouvernement", explique Anne Levade. Entre l'Elysée et Matignon, les échanges sont constants pour choisir les ministres, dont la situation est traditionnellement examinée par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. "Ce n'est pas une obligation juridique, mais une possibilité", précise la membre du Club des juristes.

"Je connais Emmanuel Macron, il veut toujours que ça aille vite, mais ça met toujours dix jours, anticipe un ministre. Le mercredi 4 mai, est-ce qu'on aura le premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement ? Ça peut très bien être aussi le vendredi ou le samedi suivant." Une chose est sûre : à l'issue de ce premier rendez-vous hebdomadaire, les ministres prendront la pose autour du chef de l'Etat, dans les couloirs ou les jardins de l'Elysée, pour une première photo de l'exécutif.

Les candidatures aux législatives : avant le 20 mai

La bataille des législatives, cruciale pour l'avenir du quinquennat, va s'enclencher rapidement. Les états-majors des partis planchent déjà depuis plusieurs semaines sur les investitures. Mais il y a une date limite pour se mettre d'accord. Les déclarations de candidature doivent être déposées en double exemplaire, à la préfecture, à partir du 16 mai et au plus tard le 20 mai à 18 heures.

Dans la majorité, les grandes manœuvres ont donc commencé pour dessiner la future Assemblée. "L'idée, c'est d'avoir un orchestre symphonique, et pas cacophonique, et que chacun ne développe pas sa propre chorale", estime un cadre du MoDem avec, dans son viseur, les ambitions législatives d'Edouard Philippe et son nouveau parti, Horizons. "On lui a demandé de ne pas présenter de candidats face aux sortants", dont beaucoup seront réinvestis, en tout cas pour ceux qui le souhaitent. "Mais ça laisse quand même 227 circonscriptions pour jouer. Edouard Philippe aimerait 100 circonscriptions, dont 50 chez des sortants."

Les élections législatives : les 12 et 19 juin

Elles sont présentées comme le "troisième tour" de cette année électorale : les Français sont appelés aux urnes pour choisir leur député, lors des législatives des dimanches 12 et 19 juin. Pour les Français de l'étranger et ceux de Polynésie, le premier tour du scrutin aura lieu le week-end des 4 et 5 juin. Emmanuel Macron disposera-t-il, au matin du 20 juin, d'une majorité absolue de 289 députés LREM pour gouverner, ou devra-t-il composer avec d'autres forces politiques d'un vaste bloc centriste ? Autre scénario : peut-il être mis en minorité par ses adversaires de gauche, de droite ou d'extrême droite ?

Que les législatives soient remportées ou non par le camp de l'exécutif, "celui qui aura été nommé Premier ministre au lendemain de l'élection présidentielle sera amené à présenter sa démission au lendemain des élections législatives", explique Anne Levade. Si Emmanuel Macron conserve la majorité, "le Premier ministre sera vraisemblablement le même que celui qui a été nommé en mai. Sinon, il serait amené à choisir un Premier ministre dans le camp majoritaire aux législatives, pour une cohabitation." Jean-Luc Mélenchon a d'ailleurs appelé les Français à "l'élire Premier ministre" lors de ce scrutin.

L'Assemblée nationale entre en fonction le mercredi 22 juin pour sa 16e législature. Le président de la chambre basse est quant à lui élu au scrutin secret à la tribune, le mardi 28 juin. C'est ce jour-là que sont également déclarés les groupes politiques qui siégeront dans l'hémicycle. "Cette déclaration peut mentionner l'appartenance du groupe à l'opposition", précise l'Assemblée nationale sur son site. La composition des huit commissions permanentes s'opère le lendemain, mercredi 29 juin.

Après une longue campagne, les députés pourraient ne pas souffler avant quelques semaines. "Au lendemain d'une élection présidentielle, les sessions extraordinaires du Parlement sont devenues quasi-systématiques pour des raisons de calendrier électoral", retrace Anne Levade. Convoquées par le Premier ministre sur un nombre précis de textes, elles ont généralement lieu en juillet et en septembre.

Publié dans Articles de Presse

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