Taux de participation au 2e tour de la présidentielle 2022 : 26,41% à 12h, quelle tendance ?

Publié le par linternaute par Chloé Boyer

PARTICIPATION. Le chiffre de la participation au 2e tour de l'élection présidentielle est tombé à midi. Nous vous proposons tout au long de la journée une analyse évolutive du taux de participation et un comparatif avec les derniers scrutins.

Taux de participation au 2e tour de la présidentielle 2022 : 26,41% à 12h, quelle tendance ?

[Mis à jour le 24 avril 2022 à 14h57] Rendez-vous à 17 heures pour découvrir le deuxième chiffre de la participation au second tour de l'élection présidentielle 2022. Le premier chiffre officiel de ce 2e tour de l'élection présidentielle 2022 est lui tombé à midi avec un taux de participation de 26,41%, selon le relevé effectué et communiqué par les services du ministère de l'Intérieur. Il s'agit d'un chiffre bas même si la tendance est légèrement à la hausse par rapport au premier tour où il était de 25,48% à midi. Pas d'inquiétude : ce chiffre a naturellement vocation à croître au fil de la journée, puisque le scrutin ne se clôture qu'à 20h ce dimanche dans les plus grandes communes de France. Comment se positionne ce score par rapport aux derniers scrutins présidentiels ? Assez bas, il faut l'avouer puisque plus faible qu'en 2007, 2012 et 2017 et au niveau de l'élection de 2022 qui avait vu le duel entre Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen après l'élimination surprise de Lionel Jospin au premier tour.

Quels étaient les taux de participation à midi des dernières élections présidentielles ?

  • 1995 : 29,33% à midi
  • 2002 : 26,19% à midi
  • 2007 : 34, 11% à midi
  • 2012 : 30,66% à midi
  • 2017 : 28,23% à midi
  • 2022 : 26,41% à midi

Mieux qu'au premier tour mais moins bien qu'au 2e tour en 2017

Ce dimanche 24 avril, les situations sont évidemment très disparates en fonction des zones géographiques. Les premiers chiffres de la participation publiés par le ministère de l'Intérieur indiquent que le Gers est le département où on a le plus voté à midi (plus de 34%) suivi du Jura et de l'Ain. En revanche, la Seine-Saint-Denis affiche un taux de participation de 15% à midi, le plus faible de France métropolitaine, devant Paris et le Val d'Oise.

Ce taux de participation permet d'obtenir une première photographie du scrutin. Rappelons qu'à 12h, lors du 1er tour il y a tout juste deux semaines, le taux de participation s'élevait à 25,48% en France, un chiffre en forte baisse par rapport aux dernières élections. Autre chiffre à avoir à l'esprit : le taux de participation au 2e tour de la présidentielle à midi, il y a 5 ans en 2017 lors du précédent duel entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Celui-ci s'élevait à 28,54%. Cette élection présidentielle 2022 sera très certainement marquée par un niveau de participation particulièrement faible, comme estimé par les principaux instituts de sondage cette semaine.

Les observateurs politiques considèrent depuis plusieurs jours que le taux de participation de ce soir sera une donnée structurante du scrutin. De fait, elle dira beaucoup de la manière dont les Français considèrent l'exercice démocratique du vote, à l'heure où prendre part au vote n'est plus nécessairement une nécessité, ni même un pilier, de la vie politique aux yeux de nombreux citoyens. Notez que les services de la place Beauvau, qui sont en charge de l'organisation et de la bonne tenue du scrutin, donnent des taux actualisés de la participation et de l'abstention à 17h puis à 20h. Plus tard dans la nuit, le taux de participation est consolidé avec des chiffres définitifs, une fois l'ensemble des données des bureaux de vote comptabilisés.

Les sondages avaient-ils correctement prédit le taux de participation du premier tour ?

Puisqu'un taux d'abstention élevé était craint pour le premier tour, un taux de participation plus faible que pour les précédentes élections était attendu. Les sondages ont-ils été précis avant le 10 avril ? Un certain nombre de médias ont des instituts de sondage qui actualisent leur baromètre quotidien, à l'instar de Les Echos, dont le baromètre OpinionWay-Kéa Partners a souvent été cité comme une référence au cours de la campagne. Début avril, ils avaient publié des sondages portant sur le taux de participation au premier tour de l'élection, en prévenant que le risque d'une très forte abstention inquiétait les experts. Dans un article paru le 4 avril, Les Echos  révélaient que seulement 66% des Français comptaient se rendre aux urnes le dimanche 10 avril. Ce chiffre étant très faible, le président d'OpinionWay, Bruno Jeanbart, nuançait : "  Ça peut encore beaucoup bouger d'ici dimanche. De plus en plus, les électeurs se décident à aller voter au dernier moment ", assurant que le record de 2002, avec seulement 71,6% des électeurs s'étaient déplacés, ne devrait pas être battu, mais que la participation " n'atteindrait pas les 77,7% de 2017 ". De la même manière Frédéric Micheau, directeur adjoint à Opinion Way, allait dans ce sens : " Ce que nous voyons, c'est un taux de participation de l'ordre de 70% " (propos tenus sur le plateau de Franceinfo  le 8 avril dernier). Il avait toutefois tenu à rappeler que " la participation est ce qu'il y a sûrement de plus difficile à mesurer pour les instituts de sondages ". Le sondage de Harris-Interactive du 23 février (très suivi) prédisait lui aussi que 68% des Français interrogés iraient voter au premier tour. De manière générale, les sondages ont ainsi donné un taux de participation allant de 66 à 72% pour le premier tour du 10 avril. Il a finalement été de 73,69%.

Est-ce que le contexte a joué sur le taux de participation ?

Peut-on anticiper le taux de participation du second tour de l'élection qui a lieu ce dimanche 24 avril ? Avec un duel final similaire à celui de 2017, on peut s'attendre à ce que les Français se mobilisent encore moins. Comme au premier tour, s'investir dans le scrutin risque de ne pas tenter une partie des électeurs, fatigués par la période quelque peu complexe. De fait, le contexte national, politique et international de cette élection est quelque peu hors du commun. Après cinq années marquées par les crises, de celle des Gilets jaunes, à la crise sanitaire en passant par les blocus étudiants, la situation du pays s'est globalement dégradée par rapport à la précédente élection. Comme l'expliquait Thomas Vitiello, chercheur associé au Centre de recherches politiques de Sciences-Po, la guerre en Ukraine a en " dominé la discussion publique " depuis la mi-février, le Covid-19 a " limité la tenue de grands meetings ". La campagne a également été bouleversée par la déclaration tardive d'Emmanuel Macron et sa décision de ne pas participer à des débats politiques. En outre, les campagnes où le président sortant se présente sont traditionnellement moins mobilisatrices. " Quand le chef de l'Etat ne se représente pas, il y a plus d'intérêt pour le casting et pour les propositions des différents candidats alors que pour une élection comme celle-ci, la question est juste " Est-ce qu'on continue avec lui encore cinq ans ? ", explique dans une interview pour Les Echos  Bruno Jeanbart, vice-président d'OpinionWay. Et, comme si la campagne n'était pas déjà inhabituelle, Emmanuel Macron s'y est lancé au tout dernier moment. " On avait donc un débat sur le président sortant sans le président sortant", a conclue Bruno Jeanbart. Reste à voir si la campagne du duel final et le débat d'entre-deux-tours ont davantage convaincu, intéressé ou même alerté les électeurs, les poussant à participer au scrutin ce dimanche. La réponse ce soir, à 20h.

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article