Comment la Suède et la Finlande perturbent-elles la relation entre Erdogan et Poutine ?

Publié le par RTL par Lison Bourgeois & AFP

La Turquie assure être "hostile" à l'adhésion de la Suède et de la Finlande à l'Otan pour des raisons de menaces terroristes. En toile de fond, Erdogan joue sa relation avec Poutine.

 Le président turc, Recep Tayyip Erdogan s'entretenant avec son homologue russe Vladimir Poutine lors de la cérémonie d'ouverture du 23e Congrès mondial de l'énergie à Istanbul, Turquie, le 10 octobre 2016. Crédit : KAYHAN OZER / TURKISH PRESIDENTIAL PRESS OFFICE / AFP

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan s'entretenant avec son homologue russe Vladimir Poutine lors de la cérémonie d'ouverture du 23e Congrès mondial de l'énergie à Istanbul, Turquie, le 10 octobre 2016. Crédit : KAYHAN OZER / TURKISH PRESIDENTIAL PRESS OFFICE / AFP

La Turquie ne "cèdera pas". Ce lundi 16 mai, le président turc Recep Tayyip Erdogan a confirmé la position de son pays. La Turquie se dit hostile à l'adhésion de la Suède et de la Finlande à l'Otan, qui ont officialisé leur candidature ce dimanche 15 mai. La Turquie reproche notamment à la Suède et à la Finlande de ne pas approuver ses demandes d'extradition des personnes qu'elle accuse d'être membres d'"organisations terroristes".

"Comment allons-nous leur faire confiance? La Suède est la pépinière des organisations terroristes(...) Nous ne cèderons pas sur l'adhésion à l'Otan de ceux qui appliquent des sanctions envers la Turquie", a martelé le chef de l'État. Recep Tayyip Erdogan accuse les deux pays nordiques de faire preuve de mansuétude envers les rebelles kurdes du PKK (parti des travailleurs du Kurdistan) considéré comme une organisation terroriste. 

Depuis vendredi 13 mai, le président turc menace de bloquer l'adhésion des deux pays nordiques à l'Otan, leur reprochant de servir d'"auberge aux terroristes du PKK". Or, tout élargissement est soumis à l'approbation unanime des membres de l'Alliance. La Turquie a assuré être prête à discuter avec la Finlande et la Suède. 

La relation avec Erdogan-Poutine est-elle en jeu ?

"N'abandonner ni Kiev, ni Moscou". Voilà la formule qu'avait eu Recep Tayyip Erdogan au début de l'invasion russe pour résumer l'équation de la Turquie face au conflit qui oppose la Russie à l'Ukraine. Si la Turquie a apporté son aide à l'Ukraine, notamment par la livraison de drones de combat, Recep Tayyip Erdogan s'active aussi en parallèle pour trouver une issue au conflit. Il a ainsi réitéré à plusieurs reprises son invitation à Vladimir Poutine pour le rencontrer. 

Au lendemain d'un échange de prisonniers entre Washington et Moscou sur le sol turc, le 28 avril, le président turc avait "exprimé sa volonté d'établir une paix durable dans la région dès que possible". Selon ses propres mots, Recep Tayyip Erdogan cherche à devenir un "médiateur sur la voie de la paix". 

Dans ce contexte de pacificateur, la position du leader turc quant à l'adhésion de la Finlande et de la Suède à l'Otan n'est pas anodine. S'il est clair que Vladimir Poutine voit d'un mauvais œil le rattachement de la Finlande et de la Suède à l'Otan, les moindres propos du président turc pourraient bien être minutieusement scrutés par le Kremlin. 

La Turquie, qui a accueilli plusieurs rounds de pourparlers entre Russes et Ukrainiens, cherche à consolider sa position de médiateur incontournable dans la politique de défense du continent européen. Une posture qui pourrait renforcer le président turc, à un an de l’élection présidentielle de 2023.

Publié dans Articles de Presse

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