Guerre en Ukraine : les propos de Sergueï Lavrov sur Hitler font réagir Israël

Publié le par CNEWS avec AFP

Appliqué à maintenir un équilibre délicat entre Kiev et Moscou depuis l'invasion russe de l'Ukraine, Israël s'est pourtant franchement opposé aux récents propos du chef de la diplomatie russe. Invité à la télévision italienne dimanche soir, Sergueï Lavrov a évoqué le «sang juif» d'Adolf Hitler.

Les propos de Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères (à gauche), ont suscité la colère de son homologue israélien, Yaïr Lapid. [Yuri KOCHETKOV / AFP / POOL]

Les propos de Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères (à gauche), ont suscité la colère de son homologue israélien, Yaïr Lapid. [Yuri KOCHETKOV / AFP / POOL]

Lors de cet échange, il a été question du discours russe, répété à maintes reprises, selon lequel Moscou veut «démilitariser» et «dénazifier» l'Ukraine.

Un argument contre lequel le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s'était dressé, soulignant que le nazisme n'avait pas sa place dans son pays puisqu'il est lui-même de confession juive.

Cherchant à décrédibiliser cette prise de position, Sergueï Lavrov a prononcé ces mots, qui ont suscité la colère d'Israël : «Je peux me tromper, mais Hitler avait aussi du sang juif».

Sur Twitter, ce lundi 2 mai, le ministre israélien des Affaires étrangères, Yaïr Lapid, a dénoncé ce qui est «à la fois une déclaration scandaleuse et impardonnable, ainsi qu'une horrible erreur historique. Les juifs ne se sont pas tués eux-mêmes durant l'Holocauste. Le plus bas niveau de racisme contre les juifs est de les accuser eux-mêmes d'antisémitisme».

Yaïr Lapid a, dans le même temps, convoqué l'ambassadeur de Russie afin d'obtenir des «clarifications». Il est soutenu dans sa démarche par le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, qui a accusé Sergueï Lavrov d'utiliser «le génocide juif» comme un «outil politique». «Aucune guerre n'est comparable à la Shoah», a-t-il ajouté.

Une déclaration «absurde»

Les réactions sont semblables en Ukraine puisque le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a regretté que «M. Lavrov ne puisse cacher l'antisémitisme profondément enraciné au sein des élites russes». Pour Mykhaïlo Podoliak, un conseiller de la présidence ukrainienne, l'incident est «une autre preuve que la Russie est le successeur de l'idéologie nazie».

Andriï Iermak, chef de l'administration présidentielle ukrainienne, considère quant à lui que les propos de Sergueï Lavrov sont «révélateur[s] des théories du complot sur lesquelles les régimes dictatoriaux sont toujours construits». Enfin, le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Hebestreit a estimé que la déclaration du chef de la diplomatie russe était «absurde» et relevait «de la propagande».

Lorsqu'il s'est exprimé devant les élus du Parlement israélien, à la fin du mois de mars, Volodymyr Zelensky avait appelé Israël à «faire un choix», en soutenant l'Ukraine face à l'invasion russe. Pour l'heure, l'Etat hébreu a envoyé des équipements de protection à l'Ukraine mais n'a pas accédé à la principale demande de Volodymyr Zelensky : celle de lui fournir des armes. 

Publié dans Articles de Presse

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