Otan : l'UE est "agressive et belliqueuse" selon Sergueï Lavrov, la Turquie s'oppose à l'adhésion de la Finlande

Publié le par Midi Libre avec Reuters

Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, accuse ce vendredi 13 mai l'Union européenne d'être devenue "un acteur agressif". La question de l'Otan et l'adhésion de nouveaux pays est devenue ces derniers jours centrale pour Moscou.

Sergueï Lavrov au Tadzhikistan ce vendredi 13 mai. MAXPPP - RUSSIAN FOREIGN MINISTRY PRESS SERVICE HANDOUT

Sergueï Lavrov au Tadzhikistan ce vendredi 13 mai. MAXPPP - RUSSIAN FOREIGN MINISTRY PRESS SERVICE HANDOUT

La Russie considère plus que jamais l'Otan comme sa plus grande menace. Ce vendredi 13 mai lors d'une conférence de presse depuis Douchanbé, au Tadjikistan, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a accusé l'UE de jouer le jeu de l'Otan. "L'Union Européenne est devenue un acteur agressif et belliqueux qui se précipite sur la voie que l'Otan a déjà tracée", a-t-il déclaré.

Selon lui, l'UE affiche des ambitions "bien au-delà du continent européen". Moscou estime que les pays de l'UE se sont éloignés "d'une plate-forme économique constructive" pour privilégier la militarisation du continent.

La question de savoir si l'Ukraine peut rejoindre l'UE reste pour le Kremlin centrale. À ce titre, Sergueï Lavrov a jugé que "le désir de Kiev devenir membre de l'Union européenne n'est pas anodin".

La veille, le président et le gouvernement finlandais se sont prononcés pour une adhésion rapide à l'Alliance atlantique, un tournant majeur dans la politique étrangère d’Helsinki provoqué par l'invasion russe en Ukraine.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a jugé cette volonté de la Finlande à rejoindre l'Otan comme une terrible menace. La Suède pourrait aussi suivre le pas, produisant l'effet inverse de celui qu'escomptait le président russe Vladimir Poutine en attaquant l'Ukraine pour l'empêcher d'intégrer un jour l'Alliance.

La Turquie s'y oppose

Dans ce contexte, le président Recep Tayyip Erdogan a déclaré vendredi que la Turquie ne pouvait pas soutenir l'adhésion de la Finlande et de la Suède à l'Otan car ces pays abritent selon lui "de nombreuses organisations terroristes".

Cette opposition pourrait compromettre l'élargissement de l'Alliance atlantique qui ne peut se faire qu'à l'unanimité.

"Nous suivons les développements au sujet de la Suède et de la Finlande et nous ne pouvons pas les voir de manière positive", a déclaré Recep Tayyip Erdogan à la presse, en reprochant à l'Otan d'avoir accepté en son sein la Grèce, sa rivale régionale.

"Nous ne voulons pas répéter pareille erreur", a poursuivi le président turc. "De plus, les pays scandinaves sont des refuges pour les organisations terroristes", a-t-il ajouté sans expliciter ses propos.

Vers un nouveau bras de fer ? 

Le pouvoir turc reproche régulièrement aux pays occidentaux et à la Suède en particulier d'héberger sur leur sol des membres d'organisations considérées comme terroristes par Ankara, comme les mouvements kurdes PKK et YPG ou encore les partisans de l'imam Fethullah Gülen, qui vit en exil aux Etats-Unis et que Recep Tayyip Erdogan tient pour responsable d'une tentative de coup d'Etat en 2016.

La prise de position du président turc pourrait déboucher sur un nouveau bras de fer avec Washington et nombre de ses alliés européens, favorables à l'adhésion de la Finlande et de la Suède, ainsi qu'avec le secrétaire général de l'Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, qui leur a assuré qu'elles seraient "chaleureusement accueillies".

Publié dans Articles de Presse

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